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Bilan NBA 2019-2020 : Utah Jazz, une progression au goût amer

Après une longue coupure et un retour dans la bulle d’Orlando qui a couronné les Lakers de Los Angeles, la saison NBA est officiellement terminée. L’heure des bilans est arrivée, We Sport revient donc avec vous sur la saison des vingt-deux équipes présentes dans la bulle, après s’être penché sur celle des huit franchises absentes. Aujourd’hui, zoom sur le Utah Jazz. Entre progression, polémique et frustration, retour sur une saison mouvementée. 

Une ascension au goût amer

Tout commence à merveille pour Utah avant le lancement de la saison 2019-2020. Connu pour sa rigueur défensive, le Jazz obtient un arsenal offensif bien plus conséquent pendant l’intersaison. Mike Conley, qui sort d’un exercice d’exception à vingt-et-un points de moyenne avec les Grizzlies, vient donner une toute autre allure à l’équipe. Bojan Bogdanović, sniper à quarante-deux pour cent à trois points et plus de dix-huit points par match à Indiana, Jeff Green ou encore Ed Davis viennent compléter l’effectif. Du côté des départs, du bon monde aussi puisque Jae Corwder, Ricky Rubio, Derrick Favors mais aussi Kyle Korver partent vers d’autres aventures. Résultat, Utah semble être l’une des franchises ayant le mieux négocié l’intersaison, Donovan Mitchell et Rudy Gobert sont parfaitement accompagnés. Outsider? ESPN voit même les Jazzmen en “contenders”.

Pour le meilleur…

Avec ces toutes nouvelles attentes, les hommes de Quin Snyder peinent à véritablement lancer la machine. Après un début de saison en dents de scie, le Jazz se retrouve avec un bilan quelque peu décevant de treize victoires et onze défaites. Symbole des difficultés du Jazz, Mike Conley est méconnaissable. Pour sa treizième saison en NBA, l’un des meilleurs meneurs de la ligue peine à s’adapter à sa nouvelle franchise, souffrant notamment d’une précision au tir nettement en baisse. Mais voilà, début décembre, l’ancien Grizzly se blesse. Quelques semaines plus tard, Jordan Clarkson vient remplacer Dante Exum dans l’effectif. Ces deux évènements distincts viennent se corréler à une série exceptionnelle pour le Jazz. Du 11 décembre au 26 janvier, Rudy Gobert et ses coéquipiers ne connaîtront que deux défaites pour dix-neuf victoires.

Rudy Gobert dunk sous les yeux de Donovan Mitchell au All-Star Game 2020 (D. Wierzbicki/USA Today Sports/Reuters)

Dix succès consécutifs en poche, Utah s’implante durablement en haut du tableau de la conférence ouest. Pour couronner le tout, deux Jazzmen sont de la partie en février pour le All-Star game. Donovan Mitchell et Rudy Gobert fêtes ensemble leur première sélection, signe indéniable de la montée en puissance de leur association.

…et pour le pire

En plein rêve depuis début décembre, les fans de Utah ont légèrement déchanté devant la reprise post all-star break de leur équipe. Déjà irrégulier depuis fin janvier, le Jazz reprend avec une série de quatre défaites puis de cinq victoires, le retour des hauts et des bas. Le 11 mars, le déplacement à Oklahoma fait office de rencontre face à un concurrent direct. Alors que la salle est pleine et que les joueurs s’échauffent, la nouvelle retenti: Rudy Gobert est positif au coronavirus. Suivi dans la foulée par son coéquipier Emmanuel Mudiay, le Français est le premier joueur de NBA officiellement positif à la Covid-19.

Tremblement de terre, la NBA annonce la suspension de la ligue jusqu’à nouvel ordre. Suite à cela, une polémique se forme rapidement autour du double défenseur de l’année. Deux jours auparavant, Rudy Gobert avait fait la mauvaise blague de toucher tous les micros en sortant d’une conférence de presse.

Rapidement, les réseaux s’acharnent et l’histoire prend une proportion plus qu’importante. Malgré ses excuses et ses dons généreux en soutien de la lutte contre le virus, cet évènement ne cesse de faire les gros titres dans les semaines qui suivent. Une question est coeur des débats: son entente avec Donovan Mitchell et le vestiaire est-elle réparable? L’équipe en voudrait apparemment à Gobert, les déclarations de Mitchell laissent entendre les tensions, les rumeurs coulent à flots et l’avenir de l’équipe est couverte d’incertitudes.

“Spida” enchante Disney World

Dans une ambiance incertaine, le Jazz se déplace à Orlando quelques mois plus tard. Coronavirus oblige, la NBA a mis en place un dispositif et accueille les meilleures équipes de la ligue dans une bulle sanitaire à Disney World en Floride. Si les tensions semblent s’être quelque peu apaisée au sein du groupe avec le temps, Quin Snyder devra diriger une équipe privée d’un de ses joueurs phares, Bojan Bogdanović. Fort de deux buzzer-beaters et vingt points de moyenne, le Croate est absent pour cause d’une blessure au poignet. Sans surprise, son absence en attaque de fait ressentir. Malgré des performances rassurantes de Mike Conley, Utah finit sa saison régulière par cinq défaites et trois victoires, se plaçant à la sixième place de l’Ouest.

Les Denver Nuggets se dressent face au Jazz pour ce premier tour des play-offs 2020. Pour pallier l’absence de Bogdanović, aucune hésitation : Donovan Mitchell s’en charge. “Spida” s’illustre d’entrée avec une performance historique. Pour son troisième post-season, l’Américain marque 57 points dès le premier match, troisième plus grande performance en matière de points dans l’histoire des play-offs, derrière seulement Elgin Baylor (61 pts) et Michael Jordan (63 pts).

Une conclusion frustrante

Alors que Utah domine Denver, la qualification semble au bout des doigts. 3-1, 15 points d’avance au troisième quart temps, puis, Jamal Murray. Le Canadien enchaîne performances d’exceptions dans un duel absolument historique face à Donovan Mitchell, les deux stars montantes obtiennent le record de points marqués par deux adversaires dans une série de play-offs et deviennent les premiers adversaires à y inscrire 50 points chacun dans un même match. Revenus à 3-3, les Nuggets ont deux points d’avance à quelques secondes de la fin. Au buzzer, Mike Conley tente le trois points de la dernière chance. Celui-ci résulte en un in and out irrespirable, cruelle désillusion. C’est une fin de saison pour Utah.

Globalement, la saison du Jazz est plus qu’encourageante pour la suite. L’équipe a montré sans aucun doute qu’elle pouvait battre n’importe quelle équipe de la ligue, sa série de janvier à décembre servira d’exemple pour la suite. Bien plus que leur sélection au All-Star game, les play-offs ont montré que Donovan Mitchell et Rudy Gobert avaient les épaules pour porter une équipe de NBA.

Si la progression est incontestable, elle laisse tout de même un goût amer aux supporters. Trop irrégulier, le Jazz n’a pas toujours exploité son potentiel au fil de la saison, laissant même place à des errances défensives inhabituelles par moments. À l’image du buzzer-beater échouant pour quelques millimètres dans le Game 7, il est évident que Utah aurait pu voir encore plus loin cette saison. Au-delà des performances collectives, la saison de Mike Conley reste une contre-performance monumentale malgré ses progrès de fin de saison.

Les trophées de la Rédac’

Le MVP : Donovan Mitchell

Nouvelle saison passionnante pour Donovan Mitchell qui n’a pas déçu. Avec une moyenne de 24 points, 4 rebonds et 4 passes par match, le grand espoir de Utah a pris un nouveau statut cette saison. On aurait pu récompenser Rudy Gobert, auteur lui aussi d’une saison plus que solide, mais les performances stratosphériques de Mitchell en play-offs ont fait de lui un MVP quasi-incontestable. Avec 36 points, 5 rebonds et presque 5 passes par matchsdans le premier tour face aux Nuggets, l’arrière a montré qu’il avait tout pour devenir un immense joueur. Troisième au DPOY, son coéquipier français forme avec lui un duo dont presque toutes les équipes de la ligue rêveraient. Si les deux ont fait des progrès dans ces domaines cette saison, Donovan Mitchell peut encore améliorer son playmaking tandis que Rudy Gobert devra faire encore plus de dégâts en attaque.

La saucisse : Mike Conley

Commençons par le positif. Mike Conley est mieux revenu après sa blessure. Après des signes positifs suite aux All-Sar game, il a montré un niveau de jeu bien plus satisfaisant dans la bulle d’Orlando. Cependant, il reste loin de son niveau affiché à Memphis. En grande difficulté, l’ancien Grizzly finit cet exercice avec un peu plus de 14 points et 4 passes par match. L’une des déceptions les plus marquantes en NBA cette année, Mike Conley devra faire bien mieux pour satisfaire les espoirs placés en lui par les dirigeants du Jazz.

Mike Conley n’a tiré qu’à 40% cette saison, sa pire saison en matière de réussite au tir derrière celle de 2017-2018 (© Getty Images)

Le +/- 

Le + : L’intégration plus que réussie de Bojan Bogdanović et de Jordan Clarkson

Le – : la polémique Rudy Gobert

Et la saison prochaine?

Dans un premier temps, les Jazzmen semblent avoir deux motifs d’amélioration en interne. Le retour de Bojan Bogdanović couplé aux performances de plus en plus encourageantes de Mike Conley fera déjà nettement progresser l’équipe. La question pour les dirigeants de la franchise de Salt Lake City est simple : comment faire passer son équipe d’outsider à prétendant majeur au titre. Il semble manquer quelque chose à cette équipe pour faire partie du groupe des favoris à l’avenir. Malgré cela, le Jazz a tout de même la chance d’avoir deux All-Stars plein d’avenir dans leur roster, ils auront l’occasion de leur proposer des contrats à longue durée pendant cette intersaison. Avec ces probables revalorisations, Utah ne sera pas l’équipe la mieux placer de ligue au niveau du salary cap pour signer de grands noms.

Mis à part cela, l’avenir de Jordan Clarkson pourrait être un enjeux majeur cet été. Lui qui a tant amené en sortie de banc serait une perte significative pour l’équipe en cas de départ. L’hypothèse la plus probable reste l’idée de conserver les hommes forts de l’équipe, tout en essayant d’amener quelques améliorations autour d’eux. Armé du vingt-troisième choix de la draft 2020, le Jazz pourrait s’en servir pour sélectionner un “3 and D player” qui pourrait aider en défense tout en étant adroit offensivement. Outre les joueurs, les dirigeants de Utah ont déjà apporté au coaching staff avec l’arrivée de Dell Demps, ancien manager général des Pelicans, et Keyon Dooling, joueur NBA de 2000 à 2013.

L’avis de la Rédac’

Utah semble bien armé pour continuer sa progression. Leur duo phare Mitchell-Gobert pourrait viser haut s’il est accompagné des mêmes Bogdanović et Clarkson que la saison passée et d’un Mike Conley de retour à son niveau. Avec plus de régularité, le Jazz peut espérer un meilleur classement à l’ouest et rêvera sans aucun doute d’un parcours en play-offs. Une chose est sûre, s’ils exploitent leur potentiel, il faudra compter sur eux bien au-delà de la fin de la saison régulière.

Parfois injouable, parfois décevant, le Jazz aura marqué cette saison 2019-2020 par son irrégularité. La progression ne fait aucun doute mais rien n’est gagné pour l’avenir de cette franchise. Utah doit encore passer un cap avant d’espérer intégrer le groupe des favoris pour le titre.

À suivre : le bilan des Philadelphia 76ers

Crédit photo à la une : Brandon Dill / Getty Images

 



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