On se rappelle comme si c’était hier, dans un état de forme optimal, une dynamique enthousiasmante et des statistiques fort probantes, Lebron James et Joel Embiid ont pourtant la saison dernière laissé filer à leur corps défendant le train du Most Valuable Player 2021 la faute à une blessure qui les a tenus éloignés du parquet plusieurs semaines durant. Bis repetita. On prend presque les mêmes et on recommence. En tête des votes à la mi-saison et meilleur scoreur de la NBA, Kevin Durant s’est blessé au genou gauche et pourrait manquer jusqu’à un mois et demi de compétition.
Que disent concrètement les prévisions ?
Pour les plus optimistes, le retour à la compétition de l’ailier des Nets est attendu pour le All-Star Game, soit fin février. Pour ceux-ci, un comme-back de l’ancien joueur des Warriors serait un moindre mal et pourrait même si cela semble compromis lui permettre de rester tant que faire se peut dans la course et de ne pas être complètement largué. Mais à la vérité, si ce scénario devrait prendre corps, il ne faudra tout de même pas oublier que KD aura manqué entre 15 et 18 matchs de suite. À titre de comparaison, CJ McCollum vient de manquer 17 matches. C’est aussi le nombre de matches déjà ratés par Anthony Davis dont le retour n’est toujours pas programmé. Et dix-sept matches, c’est plus de 20% de la saison régulière. Soit, comme Kevin Durant a déjà manqué 7 matches cette saison, l’on imagine qu’il devrait tourner dans cette optique autour de 25 matches passés loin des terrains. On se rapprocherait le cas échéant davantage du tiers de la saison. Dans l’histoire, seul Bill Walton a été élu MVP de la saison régulière en manquant un tiers de la même saison régulière. C’était en 1978. A l’époque, le père de Luke Walton avait manqué toute la fin de saison en raison d’une blessure au pied. Les votants avaient donc retenu son impressionnante domination jusqu’à fin février : 50 victoires pour 10 défaites pour Portland.
11 matches manqués, le maximum pour un MVP depuis 1978,
C’est un axiome. Cette saison, les Nets ne dominent pas leur sujet comme les Blazers en 1978. Loin d’être souverains à maints égards, ils doivent composer avec une inconstance qui ne les lâche pas d’un pouce et qui logiquement, constitue une gêne dans la perspective du titre NBA et dans la propension à porter à bouts de bras un des leurs pour le sacre en tant que MVP.
Revenons justement à la blessure de l’ailier de Brooklyn. Depuis 30 ans, dans la tanière des MVP de NBA, Allen Iverson est le seul joueur à avoir été élu MVP après avoir manqué plus de 10 matches (11 exactement). Depuis 2001, tous les autres MVP ont manqué 10 matches ou moins comme James Harden et Giannis Antetokounmpo sacrés en 2018 et 2019 avec 72 matches disputés sur 82.
La saison dernière, Nikola Jokic décroche le titre de MVP en jouant 72 matches sur 72 ! En 2020, dans une saison marquée par une suspension de plusieurs mois, Giannis Antetokoumpo avait foulé les parquets 63 fois sur 73. À nouveau, on retrouve ce seuil des 10 rencontres ratées.
Outre KD, le cauchemar ‘’blessure’’ n’épargne pas d’autres potentiels vainqueurs,
À mi-saison et au vu du nombre de matchs qu’il pourrait louper, Kevin Durant ne semble plus en mesure de se mêler à la course pour le trophée de MVP et il n’est pas le seul. Dans sa lignée, Paul George a déjà manqué beaucoup trop de matches. Infortune identique pour Jimmy Butler qui a déjà raté 19 matches sur 44. On n’oubliera pas non plus Luka Doncic qui à T est resté loin du terrain 16 fois sur 44. C’est limite aussi pour Joel Embiid qui a manqué 12 matches sur 43 malgré des statistiques rafraîchissantes et des prestations majuscules quand il est aligné avec les Sixers.
Toutefois, les votants pourraient se montrer plus indulgents cette saison puisque la vague Omicron a touché plus de 300 joueurs et qu’il faudra en tenir compte au moment des votes et lors du décompte final. Chaque joueur touché par le virus a manqué entre 5 et 10 jours de compétition. Parfois plus. Des matchs ont été en outre reportés…
Les votants devraient au vu de ces paradigmes-là faire preuve de tolérance. Se faisant, des joueurs qui dépassent même les 10 matches manqués pourraient rester malgré tout dans la lutte pour le gain du graal. L’exemple le plus illustratoire est celui de Ja Morant qui a déjà manqué 13 matchs cette saison mais dont les Grizzlies possèdent un meilleur bilan que le numéro 1 de la conférence Est !
Quid du top 10 à date pour la course au MVP?
Sans pour autant y voir un classement structuré, on y retrouve :
* Kevin Durant (Nets)
Bilan : 27 victoires, 16 défaites – 3e à l’Est.
Matchs : 36 disputés sur 43 possibles.
Stats : 29.3 pts, 7.4 reb, 5.8 pds, 0.8 int, 0.9 ctr et 3.0 pdb en 37 min.
Pourcentages : 52% aux tirs, 37% à 3-points et 89% aux lancers.
* Stephen Curry (Warriors)
Bilan : 31 victoires, 12 défaites – 2er à l’Ouest.
Matchs : 39 disputés sur 43 possibles.
Stats : 26.3 pts, 5.4 reb, 6.0 pds, 1.4 int, 0.5 ctr et 3.4 pdb en 35 min.
Pourcentages : 42% aux tirs, 38% à 3-points et 91% aux lancers.
* Nikola Jokic (Nuggets)
Bilan : 22 victoires, 20 défaites – 6e à l’Ouest.
Matchs : 37 disputés sur 42 possibles.
Stats : 25.3 pts, 13.9 reb, 7.4 pds, 1.3 int, 0.8 ctr et 3.6 pdb en 33 min.
Pourcentages : 57% aux tirs, 36% à 3-points et 78% aux lancers.
* DeMar DeRozan (Bulls)
Bilan : 27 victoires, 15 défaites – 1er à l’Est.
Matchs : 38 disputés sur 42 possibles.
Stats : 25.7 pts, 5.2 reb, 4.7 pds, 0.8 int, 0.3 ctr et 2.1 pdb en 35 min.
Pourcentages : 49% aux tirs, 35% à 3-points et 86% aux lancers.
* Joel Embiid (Sixers)
Bilan : 25 victoires, 18 défaites – 6e à l’Est.
Matchs : 31 disputés sur 43 possibles.
Stats : 27.2 pts, 10.6 reb, 4.3 pds, 1.1 int, 1.4 ctr et 2.9 pdb en 33 min.
Pourcentages : 48% aux tirs, 37% à 3-points et 81% aux lancers.
Le reste du Top 10 se décline comme suit : Giannis Antetokounmpo (Bucks), LeBron James (Lakers), Ja Morant (Grizzlies), Chris Paul et Devin Booker (Suns), Rudy Gobert (Jazz).
Même si on n’est pas fan de Brooklyn ou admirateur de Kevin Durant, l’on peut tout de même s’accorder sur le fait que cette blessure de l’ancien meilleur joueur de la NBA saison 2013-2014 vient quelque esquinter la dynamique enthousiasmante actuelle de la ligue. S’il restait sur les standards qu’il a impulsés jusque-là, il était presque acquis que l’ancien joueur du Thunder allait tout écrabouiller sur son chemin cette saison.