La jeune fille qui murmurait à l’oreille des chevaux

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Marie marche avec son cheval afin que celui-ci ne stresse pas
Ligue 1

A l’arrivée des Grands Prix et de certaines courses hippiques, jockeys, entraîneurs, propriétaires, voire éleveurs, sont honorés lors de remises de récompenses. Pendant que certains paradent sur les podiums, d’autres repartent le sourire aux lèvres, fiers de leurs protégés qu’ils ont couvés des jours et parfois des nuits, on les nomme, Cavaliers d’entraînement, Garçon de voyages, Premier Garçon. Ils font partie de la réussite d’une écurie, à l’image des mécaniciens de courses automobiles. Sans eux certains chevaux difficiles n’auraient jamais réussis à gagner une course.

 

Une journée bien remplie

     Nous avons rendez-vous avec Marie Paris, une jeune fille cavalière d’entraînement à Chantilly chez Carla O’Halloran. Après avoir fréquenté l’école de l’AFASEC, à Gouvieux, Marie s’est vite retrouvée dans le grand bain. Marie Paris, finaliste des trophées du Personnel des Courses et de l’Élevage Français 2016 nous parle de son métier avec des trémolos dans la voix et les yeux pétillants de passion: l’été on débute vers 5h30-6 h. L’hiver on a presque le droit à une grasse matinée en commençant à …7 heures.

  Mes premiers pas sont de suite vers les boxes afin de vérifier si la nuit s’est bien passée pour tous. Je commence par nourrir les chevaux, puis direction la brouette et la fourche afin de faire un lit propre en ôtant les crottins. Ensuite il faut pailler les endroits souillés. Une fois ce travail effectué, un tour de boxs s’impose afin de regarder si tous mes protégés se sont bien régalés avec leurs “petits déjeuners”. Au cas où un équidé n’a pas fini sa “gamelle”, je préviens mon entraîneur, car cela n’ait jamais bon signe.

 

En selle

   Une fois que mes protégés sont prêts, j’enfile mon autre costume, Cavalière. Je monte de 1 à 4 lots, sauf si je dois accompagner un cheval aux courses l’après-midi. Chez certains “grands” entraîneurs, les cavaliers d’entraînement emmènent les montures en bord de piste afin que des jockeys de renommée réalisent les galops en vue de compétitions importantes.

  Vers 11 h, je reviens à mes chevaux afin de leur apporter les soins. Les petits bobos causés parfois lors des galops du matin sont vite pris en charge. Puis ensuite je m’attaque à ceux qui ont des problèmes connus depuis quelque temps. J’en réfère à ma patronne au cas où je pense que le maréchal-Ferrant ou le vétérinaire devraient venir passer voir untel. La décision sera prise par l’entraîneur qui connaît tellement bien le cas de chaque sujet.

 

Un déjeuner presque parfait

 

Vers 12 h, le déjeuner est servi et pendant que ces messieurs et dames se restaurent, un coup de balai à la cour, puis vers 13H 30 direction mon home jusqu’à 17 h.

    Le soir, retour écurie 17 h pour nourrir, puis paillage des boxs, graissage des pieds, eau propre, ajout d’une couverture afin d’éviter les rhumes. Vers 20 h, on nourrit une dernière fois. Une petite caresse à chacun et bonne nuit Messieurs, Dames !

 

 

 

Cavaliers d'entrainement
Marie Paris à Saint Cloud. Crédit Photo: Les Cahiers du Turf

  Une journée de courses 

Lorsqu’un cheval doit participer aux courses, (parfois à 500 km de son lieu de résidence), je prépare, le matériel, livret de signalisation (très important) et la casaque que l’on appelle aussi, couleurs. Parfois il faut partir la veille. Puis une fois arrivé aux courses, le cheval reste au calme dans son box affrété par l’hippodrome ( sur certains “petits” champs de courses, le cheval reste dans le camion).

 

Marcher, marcher 

Une bonne heure avant on le “marche” en attendant que l’entraîneur et parfois son jockey du jour viennent le seller pour la course. On accompagne notre animal au rond de présentation, puis jusqu’à la sortie de piste et là c’est le jockey le seul maître à bord. La course finie, la salle de lavage nous attend. Une fois que l’équidé a récupéré, retour maison (parfois très tard).

Cavaliers d'entrainement
Marie sur l’hippodrome d’Evreux décontracte son cheval avant la course

 

  On l’aura vite compris que si la passion ne bouillonne pas en toi, ce n’est pas la peine de faire ce job. Marie nous confie qu’elle aime ce travail, car c’est toujours différent.

Lorsque l’on lui pose la question : Pensez-vous un jour passer les examens afin de devenir entraîneur? Marie nous répond presque sans hésiter, je ne crois pas, car je ne suis pas certaine de pouvoir posséder le même relationnel avec les entourages qu’avec mes tendres amis, les chevaux….

 

Cavaliers d'entrainement
Marie et l’un de ses chouchous, Beat Génération Crédit Photo: Aprh

 

 

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1 COMMENT

  1. tres bel article….bien sûr si l’on a été bercé dans le milieu « cheval »on connaît tout cela par cœur 💔 mais combien de personnes venant aux courses ignorent tout ce travail nécessaire pour présenter un cheval apte à courir et dans de bonnes conditions !mais il faut la PASSION comme Marie pour effectuer ce travail correctement !
    d’ailleurs lorsqu’on aime ce que l’on fait on pourrait presque ne plus appeler cela travail!
    bravo pour cette conscience professionnelle 👏👏

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