Ce qu’on attend de la saison cycliste 2019

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Ligue 1

La saison cycliste sur route reprend ses droits demain avec la première course World Tour de la saison, le Santos Tour Down Under. L’occasion pour la rédaction cyclisme de WeSportFr de confier ses attentes, ses souhaits pour la saison cycliste 2019.



Des Français toujours plus conquérants

On est exigeant, c’est vrai. Il faut dire aussi qu’on est mal habitué depuis quelques années. La faute à des Bardet, Pinot et autres Alaphilippe qui, petit à petit, se construisent un palmarès plutôt coquet.

Si le coureur d’AG2R a, sur le papier, le bilan 2018 le plus modeste des trois têtes d’affiche du cyclisme français, il a brillé dans des courses inédites pour lui (2è des Strade Bianche et du championnat du monde d’Innsbruck, 3è de Liège-Bastogne-Liège et du Critérium du Dauphiné). C’est dans le seul Grand Tour de l’année qu’il a disputé, celui qui reste son objectif ultime, le Tour de France, que la déception a été la plus vive : il n’a pas pu faire mieux qu’une 6è place loin de ses ambitions.

De leur côté, Thibaut Pinot et Julian Alaphilippe sont parvenus à engranger des résultats prestigieux. D’abord déçu par son Giro qu’il a dû quitter dans une ambulance, le Franc-Comtois de la Groupama-FDJ a égayé sa fin de saison en remportant deux étapes prestigieuses dans la Vuelta et en s’adjugeant le monument lombard.
Le natif du Berry Alaphilippe a, quant à lui, engrangé deux classiques (La Flèche Wallonne et San Sebastian), et le maillot blanc à pois rouge de meilleur grimpeur du Tour de France dont il a, par ailleurs, remporté 2 étapes.

Si on rajoute à ça, le maillot blanc de Pierre Latour dans le Tour de France et la victoire d’étape d’Arnaud Démare, celles de Nacer Bouhanni, Tony Gallopin et Alexandre Geniez dans la Vuelta, on peut dire que le cyclisme français s’est plutôt bien porté en 2018.

Pour que notre appétit soit donc tout à fait rassasié en 2019, il faudra, sans doute, satisfaire à cette vieille obsession qui turlupine l’amateur de cyclisme. Cette victoire qui fuit tout cycliste français depuis 1995 et Laurent Jalabert. L’Arlésienne du français-qui-gagne-un-grand-tour. Mieux, enfin-un-français-qui-gagne-le-Tour-de-France. Il semble que cette édition du Tour de France puisse être favorable aux Français les mieux placés pour cela, au rang desquels figurent donc Thibaut Pinot et Romain Bardet.

L’ambition des contis françaises

C’est la seconde division du cyclisme européen. Les Contis françaises, comme on les appelle, ont des ambitions et les assument. Et on espère pour elles, et le cyclisme français, qu’elles les réaliseront.

Vital Concept, d’abord, qui voudrait intégrer le cercle fermé du World Tour, la première division donc. Pour cela, elle s’est doté de moyens et de recrues de noms. Arthur Vichot, Pierre Rolland, Cyril Gauthier ont tous été débauchés de ces fameuses équipes de première division pour grossir les rangs et les victoires. L’objectif est clair : gagner dans les grands tours et les courses de prestige, et faire mieux que l’an passé. L’équipe avait fini à la 11è place du classement UCI Europe Tour.

Cofidis aussi a joué la carte d’un mercato offensif en recrutant Darwin Atapuma, Natnael Berhane, Jesper Hansen et Marco Mathis à des équipes du World Tour. L’équipe dirigée par Cédric Vasseur voudra, elle aussi briller dans un grand tour (à l’image de ses belles performances dans la Vuelta), mais aussi engranger des résultats plus brillants en début de saison, qui avaient compliqués l’an passé.

En Bretagne, on a misé sur un grand nom du sprint pour gagner. André Greipel, 22 fois vainqueur d’étapes dans les grands tours, espère bien se relancer du côté d’Arkea-Samsic qui aura bien besoin de la pointe de vitesse du Gorille pour briller dans ce genre de finish. On attend aussi beaucoup plus de Warren Barguil, dont la saison 2018 avait été pour le moins délicate.

C’est une stratégie un peu différente pour laquelle Jean-René Bernaudeau a opté. En recrutant Niki Terpstra, auparavant coureur de Quick-Step, la formation vendéenne affiche ses ambitions de remporter des classiques flandriennes. Il pourrait, dans cette entreprise, être aidé par Damien Gaudin et Adrien Petit.


Un spectacle à la hauteur du Tour de France

La comparaison pour la reine des courses avec ses comparses italiennes et espagnoles a été, pour le moins, peu flatteuse. Traditionnellement plus verrouillé que le Giro ou la Vuelta du fait des enjeux colossaux en jeu, le Tour de France a été, cette année la caricature de lui-même. L’empilement des difficultés dans une étape n’en garantit pas le spectacle, et ce sont, avant tout, les arrivées en altitude qui ajoutent du sel. Ce que la Vuelta a parfaitement compris depuis plusieurs années. Surtout, c’est l’atonie de la première semaine de course qui a agacé.

Pour son édition 2019, il semblerait que le Tour de France ait décidé de changer son fusil d’épaule. En programmant une étape dont le final se déroulera au sommet de la Planche des Belles Filles, après avoir escaladé les routes habituellement dévolues au Tour d’Alsace (Markstein, Hundsruck, le Ballon d’Alsace et Chevères), ASO fait le choix du spectacle dès la 6è étape pour notre plus grand plaisir.

Christian Prudhomme et son équipe ont décidé de laisser leur chance à des massifs intermédiaires qui animent la course entre les principales difficultés qui décideront du vainqueur. Ainsi, les Vosges, le Jura et le Massif Central auront la charge d’animer la course avant que les terribles Tourmalet, Peyresourde, Galibier, Izoard et Iseran n’entrent en jeu.

Pour que le spectacle soit total, il faudra que la stratégie des équipes soient à la hauteur. Souvent paralysées par l’enjeu, les directeurs sportifs tendent à brider leurs poulains et les poussent à défendre une magnifique 35è place. Une hérésie. La légende du Tour de France s’est construite sur des attaques éclairs, des défaillances et des renaissances. Qu’il en soit ainsi, et que la course reprenne ses droits.

Trouver une politique de lutte contre la dopage cohérente

Ça a été le feuilleton extra-sportif de l’année. L’affaire de Christopher Froome, contrôlé positif au Salbutamol, a bien failli lui coûter sa place sur le Tour de France. Elle a, surtout, jeté un voile grave sur sa victoire dans le Giro et son coup de grisou dans les Finestre.

Le silence de l’UCI, son inaction, et finalement l’extinction de ses poursuites contre le coureur britannique de la Sky a laissé un goût amer. Non pas que la condamnation de Christopher Froome aurait été souhaitable en soi. Mais les suiveurs du cyclisme ont probablement eu la sensation d’une affaire réglée à la va-vite pour régulariser la situation du quadruple vainqueur du Tour de France. Il reste donc l’impression que l’affaire n’a pas été jugée mais mise sous le tapis, sans que toute la lumière ait été faite et qu’un débat contradictoire digne de ce nom n’ait pu se tenir.

Cela a deux effets, aussi pervers l’un et l’autre. D’abord d’accréditer un peu plus les soupçons de pratiques dopantes généralisées dans l’équipe Sky. Ce qui n’a jamais été prouvé, mais qui traine dans la tête de chacun. De renforcer, surtout, l’impression d’une impunité, comme au temps béni de Lance Armstrong, d’un sport dont les résultats ne seraient pas honnêtes.
Ensuite, de disqualifier, à tort ou à raison, les performances d’un des meilleurs cyclistes de ces vingt dernières années. Le traitement extrêmement long et finalement expédié de cette affaire n’a pas arrangé les affaires de Christopher Froome dont toutes les performances ont donc été analysées par le prisme d’un dopage présumé.

Il est à parier que, quoiqu’il fera, ses performances à venir ne seront jugées qu’à cette aune.



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