Le Racing 92 s'est incliné (31-27), ce samedi, en finale de la Champions Cup. Les erreurs individuelles de Finn Russell auront coûté le match à des Franciliens vaillants mais trop approximatifs dans les derniers gestes.
Que l'on enlève tout de suite cette épine de notre pied. Oui, l'arbitre Nigel Owens semble avoir eu le coup de sifflet facile pour sanctionner les Racingmens dans les rucks. Notamment lorsque les Ciels et Blancs ont été sanctionnés d'avoir gardé le ballon au sol à un mètre de la ligne d'Exeter. Une action qui est intervenue à cinq minutes de la fin, et qui aurait pu totalement changer le cours du match puisque Exeter ne menait que d'un point. Mais il ne faut pas se cacher derrière la facilité d'incriminer les autres pour ne pas assumer son propre échec.
Docteur Finn et Mister Russell
Que l'on enlève autre chose de votre pensée. Finn Russell est un joueur fantastique. Un génie comme le rugby en connait peu. Mais le génie a aujourd'hui été à double tranchant et lors de cette finale, l'ouvreur écossais du Racing a fait couler son équipe. Des choix plus que discutables, symbolisés par une sautée mal ajustée qui a amené une interception poignard d'Henry Slade alors que Simon Zebo venait de remettre le Racing dans le match, ont handicapé les siens. L'ouvreur d'habitude si génial du Racing fut, avec d'autres (Teddy Iribaren pour ne pas le citer) le principal artisan de la défaite de son équipe. Difficile de connaître un sentiment plus rageant.
Un retard à l'allumage… impossible à rattraper
Après 17 minutes, les Franciliens étaient déjà menés 14-0 par des Anglais beaucoup mieux organisés et puissants. Un début de match cauchemardesque illustré par la passe mal ajustée d'Iribaren pour Russell dans son propre en-but, qui a amené une mêlée à 5 mètres à l'origine du deuxième essai. Deux essais en force de Cowan-Dickie et Simmons pour un retard que le Racing ne rattrapera jamais. Grâce à deux essais de Zebo et Imhoff, l'espoir va revenir, mais Williams va asséner un coup de poignard juste avant la mi-temps, et permettre à Exeter de faire le trou (21-12).
En deuxième période, le Racing va faire douter les Anglais, en s'accrochant au mental pour coller leurs adversaires à la marque, grâce à deux essais supplémentaires de Zebo et Chat. Mais l'interception causée par Russell après le deuxième essai de l'Irlandais du Racing sera l'erreur de trop. Alors qu'on pensait les Franciliens capables de faire tourner cette rencontre, c'est finalement le pragmatisme anglais, et les regrets éternels, qui auront (comme souvent) raison du Racing 92.
Troisième finale européenne et troisième défaite pour le Racing 92, qui voit son rêve de graal européen s'échapper encore une fois. Une consécration si proche, et pourtant si loin. Un jour sans fin où les mêmes événements se répètent inlassablement, et où les mêmes larmes coulent sur les joues des Ciel et Blanc.