Coupe du monde féminine 2019 : quels sont les enjeux ?

Ce soir, à 21h, le premier match de la Coupe du monde féminine 2019 se tiendra entre la France et la Corée du Sud. Plus qu’une compétition, cet évènement constitue un combat pour l’émancipation des femmes dans le football. Retour sur cette Coupe du monde qui doit faire parler d’elle.

La Coupe du monde 2019, 8e édition, se déroulera du 7 juin au 7 juillet, entre 24 participants. Les trois meilleures équipes du tournoi participeront aux Jeux Olympiques de Tokyo de 2020. Cette année, la mascotte se prénomme Ettie, fille de Footix (mascotte de 1998). Espérons qu’elle nous porte autant chance que son père, 21 ans auparavant.

La FFF au coeur de la féminisation du football

En 2011, lors de son élection à la tête de la FFF, Noël Le Graët déclarait : « L’évolution majeure qui puisse exister dans le football, c’est la place des femmes ». Une phrase qui confirme la volonté de la Fédération française de football de développer le football féminin.

En 2018-19, elle consacre 12 millions d’euros pour la féminisation du football. Cela se traduit, par exemple, par des dotations pour les clubs amateurs féminins, ou encore le financement d’équipements sportifs et d’installations sportives. Voici quelques chiffres-clés de cette féminisation du football :

    • En huit ans, le football est passé de 86 000 licenciées à 180 000 aujourd’hui,
    • 36 clubs professionnels ont une équipe féminine (sur 40),
    • 1000 arbitres femmes sont répertoriées.

Le point noir de cette féminisation du football reste la proportion de femmes dans les instances dirigeantes. En effet, la FIFA désire augmenter le nombre de femmes dans les postes à responsabilités. Or, en Europe par exemple, seulement 0,17% de femmes dirigent une équipe masculine (Sport & Démocratie).

Un évènement porteur d’espoir…

La Coupe du monde féminine représente un réel accélérateur de la féminisation du football. Frédérique Jossinet, directrice du football féminin à la FFF, l’a bien compris : « L’enjeu prioritaire, ce n’est pas simplement d’organiser les 52 matchs, c’est de faire que cet événement nous permette d’installer définitivement la pratique féminine dans le paysage du football et du sport français ».

Lors d’un débat cette semaine, la directrice de l’UNESCO insistait sur l’importance de cet évènement : « Cette Coupe du monde féminine est l’occasion de faire avancer l’égalité entre les hommes et les femmes et ce sport peut être un levier ».

L’autre domaine à ne pas négliger, qui participe à la féminisation du football autant que l’évènement lui-même, c’est la médiatisation de celui-ci.

… qui conduit à une relation d’interdépendance entre TF1 et le football féminin

Lors de cette édition, TF1 diffusera 25 matches, dont tous les matches de l’Équipe de France (comme pour les hommes). Canal+ diffusera, quant à elle, l’intégralité de la compétition.

François Pellissier, directeur des Sports à TF1, se montre très optimiste : « On a acheté les droits il y a trois ans et demi, à une époque où on n’en parlait pas beaucoup. Nous, on y croit énormément depuis le début. On est convaincu que ça va être un gros succès populaire ». En effet, acheter les droits de la Coupe du monde féminine n’aura coûté “que” 10 millions d’euros à TF1 (contre 72 millions d’euros pour celle des hommes). Ainsi, d’un point de vue économique, la première chaîne nationale espère observer une marge importante.

De plus, Publicis Media indique que TF1 pourrait engranger jusqu’à 15 millions d’euros si les Bleus vont en finale. D’ailleurs, la première grande satisfaction de TF1 a été l’annonce de la liste des 23 de Corinne Diacre, le 2 mai dernier. En effet, ce soir-là, le JT avait réuni pas moins de 5 millions de téléspectateurs.

Une féminisation de la télévision française

Pour cet évènement, TF1 mise sur ses deux commentateurs phares, Grégoire Margotton et Bixente Lizarazu. Mais sur le bord du terrain, ce n’est pas Frédéric Calenge qui sera de la partie, mais Camille Abily, ex-internationale française. De plus, la chaîne a également fait appel à d’autres footballeuses pour leurs émissions : Élodie Thomis, Sabrina Delannoy ou encore Louisa Necib.

De son côté, Canal+ a opté pour la même stratégie. En effet, la chaîne accueille Laure Boulleau (déjà présente dans le Canal Football Club), Jessica Houara-d’Hommeaux, Candice Prévost, Aline Riera et Sandrine Roux.

 

(Crédit photo : AFP)

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