Mais pourquoi donc qu'en France, les courses hippiques sont avant tout considérées comme un jeu ? Les Jockeys doivent avoir une hygiène de vie digne de n’importe quel sportif.
Citez-moi le nom d'un jockey ? Telle était ma question lors d'un micro-trottoir effectué à la sortie d'une grande surface.
Un patronyme de suite s'inscrit plusieurs fois sur mon petit carnet de notes… Yves Saint-Martin . Oui d'accord, merci de vos réponses, mais c'était dans les années 1960- 1990. Et maintenant, en 2019? Jean-Michel Bazire, Christophe Soumillon, ressortent d'une liste loin d'être digne d'un inventaire à la Prévert !
Au Japon, les jockeys sont de véritables Stars, au même rang que les sumotoris…
Dans l’hexagone vous ne verrez jamais sur vos écrans, de publicités avec un jockey (même celles du PMU)…un comble !
En quelques lignes, nous allons essayer de vous relater une journée type d'un jockey de galop.
Lamorlaye (Oise), 6h30 : Nous avons rendez-vous avec Fabien Lefebvre, jockey free-lance, devant son domicile. Le mercure affiche -3.
Levé depuis à cinq heures du matin et après avoir avalé un café et un jus d'orange, Fabien, tout sourire malgré les conditions, nous propose de sauter dans sa voiture afin de rejoindre carlaohalloran à Gouvieux.
Fabien Lefebvre nous explique: A peine arrivés sur place, nous nous dirigeons vers la sellerie afin de vérifier et de préparer le matériel qui va servir lors de cette matinée d’entraînement.
Malgré le froid qui gerce les mains, Fabien aura quatre lots à monter en compagnie d'autres collègues.
En été, le premier lot peut commencer dès 6 heures du matin, à la fraîche comme on dit dans le métier.
Les horaires des lots se décomposent ainsi :
1er lot 7h20 – 8 h 20
2ème lot 9h00 – 10h00
3ème lot 10h20 11h20
4ème lot 11H40- 12h40
En ce jour d'hiver, notre cavalier va donc commencer de monter son premier cheval à 7 h 20. Le jour n'est pas encore d'humeur à se lever et encore moins le soleil. Les naseaux fument. Retenir la fougue d'un pur-sang de 500 kg est un sacré sport. Surtout pour un être de 55 kg (voire beaucoup moins chez certains)
Après une courte pause en compagnie de l’entraîneur, des cavaliers d'entraînement et lads, un café bien chaud avec parfois un petit croissant (cela dépend du poids) est un excellent stimulateur pour les bras, les jambes et le mental.
9 h 00 : deuxième lot. Les muscles sont un peu plus chauds, ça tire un peu moins, surtout avec ce cheval plus âgé, qui a compris qu'il fallait garder ses forces pour le jour J.
10 h 20 : troisième lot. Là attention, ce n’est pas de la tarte, un jeune fou qui donne des coups de tête en risquant de faire un ‘pile' !
11 h 40 : quatrième lot. Celui-ci plus calme avec quasiment que de la balade.
Vers 12 h 45, retour aux écuries avec rangement du matériel et commentaires en compagnie de l’entraîneur sur les exercices effectués par les différents chevaux montés, afin d'apporter d'utiles réglages pour leurs prochaines courses.
Ensuite la journée varie suivant si l'on a ou pas des montes en course l’après-midi.
Si pas de monte, retour dans son home bien au chaud. Le jockey profite pour déjeuner (très léger la plupart du temps), puis soit il regarde les courses en replay sur France Galop ou celles du jour en direct sur Equidia. Souvent c'est aussi le bon moment pour parler et faire le papier des prochaines montes .

Lorsque le jockey monte en course l'après-midi ou parfois en nocturne loin de ses bases, il ”évite”, faute de temps, les lots du matin. Quelquefois, les jockeys montent à l'autre bout de la France et même hors de nos frontières. Voiture, TGV, avion, moto, tout est bon afin d'honorer les montes en temps et en heure. Un métier où, temps passé au travail, nombre de kilomètres sont des mots obsolètes dans le monde des courses hippiques.
Malgré toute cette débauche d'énergie, rien ne semble mettre en berne le moral de notre jeune jockey.
Fabien Lefebvre est titulaire de plus de 450 courses en France et une cinquantaine à l'étranger notamment en Irlande, Allemagne, Suisse, Pologne, Italie, Espagne, Turquie, Suède, et évidemment en Belgique, notamment à Mons où il se rend régulièrement.
Fabien Lefebvre ne pense pas à sa reconversion. Malgré un travail harassant, Il prend le temps de vivre en se faisant plaisir avant tout. Lorsque l'on lui demande son rêve le plus fou, sans hésiter, il vous répond : gagner un Arc de Triomphe (un peu comme tout footballeur, une coupe du Monde).
Il faut absolument se rendre sur les hippodromes au moins une fois dans sa vie afin de voir de près ces hommes qui en plus de leur vitalité, risquent l'accident au même titre que tous ceux qui font un sport dangereux. Il faut aussi absolument considérer ces chevaliers des temps modernes comme des sportifs à part entière et non comme des ”tirelires'‘.
Admiration pour ces femmes et hommes qui font rêver le temps d'une course ! Oui, les courses hippiques sont un sport, au même titre que l’équitation, le horse-ball !