C'est grâce notamment à Pierrette Brès et aux reportages télévisuels du fameux tiercé dominical que David Ribemont tombe amoureux des trotteurs. Bien qu'Yves Saint Martin et Freddy Head attirent l'attention de l'adolescent, Olympio de Corseul et le phénomène Ourasi ont su se montrer plus convaincants.
Les premières pièces du puzzle
Né à Dreux (28) d'un père mécano et d'une mère au foyer rien ne disposait au départ le jeune David Ribemont de travailler pour les plus grands entraîneurs Français de trotteurs. Et pourtant avec ténacité, courage, volonté et surtout par amour du cheval, David a, comme il aime le dire, presque réussi à réunir toutes les pièces de son puzzle.
Dès l'âge de 14 ans, David prend la direction de l'école des jockeys de Craignes (50). Jean- Yves Lecuyer, propriétaire du Haras du Vivier, situé dans la Manche, l'accepte comme apprenti. Bien que l'époque des Fakir du Vivier, Hadol du Vivier, Grillon de Vivier soit loin derrière, David a la chance de tomber sur un certain Ago du Vivier. Lorsque l'on évoque ses meilleurs souvenirs chez Monsieur Lécuyer, sans hésiter, David Ribemont se souvient.
“ Les victoires d'Ago du Vivier à Vincennes étaient pour moi comme une récompense”
La confiance s'installe entre le patron et le jeune apprenti. Ainsi, Jean-Yves Lecuyer lui confie une certaine Apatura pour effectuer ses débuts en compétition au trot monté sur l'hippodrome de Cherbourg.
Après deux ans passés dans la Manche au Haras du Vivier, David profite que Jean-Yves Lecuyer prend une cour dans le centre d'entraînement de Grosbois (94) pour monter à la capitale. Ensuite David travaille un certain temps chez Henri Bourrée. Chaque matin dans les allées de Grosbois, le jeune apprenti croise les chevaux d'Anders Lindquist, fraîchement débarqué en France. David tombe en admiration devant les trotteurs du Suédois et se fait embaucher par l'entraîneur du bon Huxtable Hornline.
“ Il est vrai que lorsque je voyais la musculature, les allures des pensionnaires de Monsieur Lindquist, je me disais, cet homme qui vient d'un autre pays, peut m'apporter beaucoup. Il avait une façon autre d'amener au top ses chevaux”
L’ère Philippe Allaire
Étant fan de boxe et de MikeTyson, David Ribemont a eu de suite un point commun avec son nouveau patron. En effet, Philippe Allaire est très branché boxe, ayant quelque peu mis les gants dans sa jeunesse.
Avoir comme patron, Phlippe Allaire ne peut être que bénéfique pour un C.V. Mais attention, il faut savoir se faire reconnaître.

” En compagnie d'Alain Rogier, j'ai eu la joie et le plaisir de m'occuper et de voir gagner en course, les Gai Brillant, Express Road, First de Retz et un certain Jeanbat du Vivier, élevé par… Jean-Yves Lécuyer, la première pièce de mon puzzle”
“ Philippe, m'a permis de gagner ma première course au trot monté. C'était sur l‘hippodrome des Bruyères à Rouen. Quel sacré souvenir! Mes parents étaient présents avec quelques amis. Inoubliable moment ! ”
Un décision importante
“Après ce magnifique passage chez Monsieur Allaire, la Mayenne manquait à ma femme et d'un commun accord, nous sommes partis vers une autre vie”
“N'ayant pas de travail, j'ai passé une petite annonce dans Province-courses et dans Paris-Turf. Ainsi je suis arrivé chez Jean -Marie Monclin d'où je garde un excellent souvenir, puis ensuite chez Jacques Bruneau. Là encore une pièce maîtresse trouve sa place dans mon puzzle”

“Un certain, Ojipey Vinoir fait partie de mon piquet. C'était un vrai cheval de course celui-ci. Avec Michel Lenoir au sulky, il gagna une quantité de courses à 2 et 3 ans dont le Critérium des jeunes à Vincennes”

Puis comme tout homme de cheval, David pense un jour à devenir son propre patron. Fin 2007 L'occasion de m' installer s'offre à moi. Pierre Levasseur (entraîneur du champion, Gars de Fontaine) vend son établissement. En 2007, en association avec Patrick Angelliaume, 15 chevaux rejoignent les boxes de l‘écurie Angerie, située à Saint-Christophe-du-Luat 53150.

” Nous avons eu jusqu'à 40 trotteurs à entraîner. La bonne Tasmanie des Fanes nous a gagné sept courses, dont deux à Vincennes. Depuis que Patrick est parti vers une retraite ô combien méritée, je continue seul avec un employé. Nous avons une quinzaine de chevaux”. J'ai toujours aimé plus entraîner que driver, bien que comptant 130 victoires à mon compteur ”
Le cœur a ses raisons…
Parlez-nous un peu de ce Prince Lorme, dont vous avez offert une saillie pour les enchères afin d'aider les hôpitaux de France ?
“ Prince Lorme était un excellent cheval, lauréat à Paris- Vincennes. Puis des ennuis de santé ont contrarié sa carrière qui aurait dû être toute autre. Je suis associé sur cet étalon avec Monsieur Hamel. C'est un beau modèle qui a très peu sailli.”

Tout savoir sur Prince de Lorme. C'est ici.
” Ayant connu la lutte que les personnels hospitaliers mènent pour sauver des vies en risquant la leur, et en souvenirs de mes parents, je me suis dit qu'il était impossible de ne rien faire contre cette pandémie. Ce n'est pas grand-chose d'offrir une saillie.
Nous sommes tous bien d'accord avec toi.
Après ce long entretien, David Ribemont repart auprès de ses “chevaux vitamines”. On peut tirer un grand coup de chapeau à cet homme de cœur peu médiatisé mais qui a tellement à raconter sur le sport hippique. Son puzzle se forme avec de bien belles pièces. Souhaitons lui de trouver un petit champion…