« Des grosses nations du football » ?

Peut-on encore parler de « grosses équipes » dans le football aujourd’hui ? Certes quand nous entendons des pays comme l’Allemagne, l’Espagne ou encore le Brésil, ce sont des nations avec une histoire, un palmarès affolant et un style de jeu très défini. Mais cette Coupe du Monde nous montre un visage particulier qui semble dévier les lois du plus fort..

La Coupe du Monde en Russie laissait beaucoup de gens perplexes avant le début de celle-ci, finalement l’ouverture du bal par la Russie, gagnante 5-0 de l’Arabie Saoudite et le festival entre le Portugal et l’Espagne, qui est peu-être le plus beau match de ce mondial ont beaucoup rassuré les personnes qui doutaient du spectacle et la ferveur des joueurs.

Mais c’est lors d’un certain Mexique-Allemagne que le monde a compris que ce Mondial n’allait pas se dérouler comme les autres, menés 1-0 avant la pause, les allemands perdront sur le même score. Une défaite qui ne tombe dans l’oreille d’un sourd. Cette défaite sera accentuée par le match nul du Brésil le lendemain face à la Suisse, des grandes nations du football qui doutent dès leurs premier match de poule. L’Espagne, l’Allemagne et le Brésil n’ont donc pas gagné le premier match de poules, une surprise générale qui tournera au cauchemar pour les allemands, qui se verront éliminés de la Coupe du Monde sans même passer le premier tour. Un coup de tonnerre qui amènera beaucoup de questionnements et notamment suivante : «  Existe-il encore des grosses nations dans le football d’aujourd’hui ? »

Beaucoup d’équipes vont montrer un tout autre visage comme l’Espagne qui arrachera une victoire face à l’Iran avec but contre son camp, la France qui n’a pas forcément briller mais qui est l’une des équipes qui s’en sort le mieux, le Brésil qui s’est fait peur face au Costa Rica, L’Argentine qui s’est qualifiée par miracle pour cette Coupe du Monde qui se qualifiera par miracle également face au Nigeria pour les huitièmes de finale. Ce sont tous ces faits qui contre-disent « la loi du plus fort », en effet les équipes dans cette Coupe du Monde jouent énormément sur leurs qualités défensives, ce qui rend la tâche très difficile aux équipes adverses, grands nations comprises. Si ce n’était que dans les performances dans le jeu que ces nations décevaient, mais c’est également le fait que leurs expériences n’ont pas suffi.

L’Espagne, la grande Espagne qui réalisera 1100 passes dans son huitième de finale face à la Russie sera éliminée à l’issue d’une séance de tirs aux buts. Le Portugal et l’Argentine de Ronaldo et Messi se verront éliminer quant à elles contre des nations bien regroupées et efficaces offensivement, l’Uruguay et la France. Les deux derniers champions du Monde et le champion d’Europe sont donc éliminés de ce mondial à la surprise générale. Ce sont des nations comme la Russie, l’Uruguay, le Mexique ou encore la Suède qui ont fait très forte impression sans pour autant être nommées favorites au début de la compétition. C’est au tour du Brésil qui se fera éliminé par une grande équipe de Belgique qui rejoint la France en demi-finale. Nous pensons que le terme « grandes nations » peut et doit être utilisé dans le monde du football, l’histoire ça ne s’oublie pas et c’est pour cela que l’Espagne, l’Allemagne, la France, le Brésil etc.. sont considérés comme des grosses équipes. Mais aujourd’hui, cette idée de grosses nations est peu à peu contrariée, depuis quelques années le football évolue et les qualités défensives sont beaucoup plus travaillées et appliquées sur un terrain qu’auparavant.

Conclusion, en quarts de finale avons pu retrouver des équipes comme l’Uruguay, la Russie ou la Suède que peu de monde attendait, pourtant elles ne sont pas considérées comme « grosses équipes » mais vainquent, c’est une nouvelle identité que le football découvre depuis quelques années. De plus, nous avons interrogés quelques journalistes sur le sujet, nous sommes fiers de vous présenter leurs réponses :

Candice Rolland (journaliste et chef d’édition pour la chaîne l’EQUIPE) :

Des grosses nations du foot d’aujourd’hui, oui, il y en a encore ! Et toujours les historiques. La France, le Brésil, l’Allemagne, l’Espagne, l’Argentine entre autres. Ces pays « produiront » toujours de grands joueurs, des joueurs que l’on a envie de voir évoluer sur un terrain, qui font venir le public au stade et qui nous font vibrer. Les Brésiliens fourniront toujours des joueurs d’exception qui dansent avec le ballon et qui nous ferons applaudir des 2 mains chaque dribble sur le terrain. C’est dans leur culture, dans leur gênes et nous, on adore ça !
Alors oui, ces grandes nations peuvent être en difficulté, connaître par moments des crises de résultats, mais elles se relèvent toujours. L’Allemagne de 98 a nourri et donné naissance à une génération dorée qui s’est installée régulièrement sur les différents podiums jusqu’au titre en 2014.
Maintenant, oui, il y a des nations qui émergent. La Belgique en est le parfait exemple. Mais selon c’est une grande équipe avant d’être une grande nation. Elle vient bousculer l’ordre établi et il sera intéressant de voir quel niveau aura la sélection lorsque la bande à Hazard aura passé la main.
En conclusion, il y aura toujours de grandes nations du foot. Certaines sélections vont s’inviter à la table des grands, momentanément ou pour toujours mais des pays seront toujours des exemples. Leur style de jeu, leur histoire leur confèrent une place à part dans l’histoire du football mondial. Et c’est tant mieux !

Messaoud Benterki (Présentateur des Grandes soirées l’EQUIPE) :

« Oui il y aura toujours des grandes nations du football. Mais l’enseignement à tirer de ce Mondial, c’est que le football nous rappelle que c’est un sport d’équipe ! Les nations qui misaient tout sur un seul joueur ont connu des désillusions plus ou moins grandes (Portugal-Ronaldo, Argentine-Messi, Brésil-Neymar) ».

Guillaume Dufy (Journaliste l’EQUIPE) :

« Je pense que C’est une bonne question… Mais oui, les grandes nations existent… C’est la défaite des équipes qui possèdent des effectifs avec des joueurs à plus de 60 matches.
Après en demi finale, quatre équipes qui jouent… Et qui ne sont pas emmerdés avec le ballon. Sans être l’Espagne et l’Allemagne, quatre équipes qui ont des vrais neufs également des points d’appui »

Crédit photo / Eurosport

Erik Bielderman (Journaliste l’EQUIPE/RTL) :

« C’est une question, cette Coupe du Monde marque une rupture avec l’élimination dans un premier temps de l’Italie en qualifications puis de l’Allemagne, de l’Espagne et du Brésil à des moments l’on ne les attendaient pas. De plus, parmi le Big Four que j’avais établi avec l’Allemagne, la Roja, le Brésil et la France, une seule nation est encore en lice. Cela montre une réelle rupture accentuée par l’émergence de non pas une mais plusieurs équipes, car habituellement il y a toujours une surprise comme par exemple les Pays-Bas, qui se rendent en finale en 2010. Mais quand 3 des 4 favoris sont au tapis, une autre analyse doit être accordée. Ici, en demi-finale nous avons la Belgique qui est vraie équipe de football avec des joueurs de classe mondiale, la Croatie, une jeune équipe qui, il ne faut pas l’oublier est un cinquième de l’ancienne Yougoslavie, l’Angleterre.. Oui c’est une grande nation cependant cela fait 50 ans qu’on ne l’a classe plus comme un favori de la compétition.

Ensuite, depuis l’arrêt Bosman,qui a été un véritable renfort pour les petit nations, avec l’exemple des Pays-Bas qui peuvent avoir leur joueurs qui évoluent dans les meilleurs clubs européens et pareil avec la Belgique si l’on regarde les titulaires, aucun joueurs n’évolue dans le championnat belge. C’est pour cela que si aujourd’hui une nation dite « moyenne » a une bonne génération, elle peut briller au plus haut niveau. Par contre, ce qui est valable pour les nations européennes ne l’est pas pour les nations sud-américaines, pour expliquer cela, l’arrêt Bosman touche avant tout la liberté de circulation pour les pays européens, donc sur le marché on peut plus facilement acheter à prix, à valeur égal 5 Eden Hazard que 5 Neymar.

De plus, dans le monde du football d’aujourd’hui on retrouve l’ère du glaive et celle du bouclier, le glaive c’est le Real, le Barça, le jeu en possession et offensif mais le football a fini par trouver la parade à ceci est de piéger ces équipes par les transitions rapides et le jeu de contre. Ce qui certes a un impact sur le jeu et les équipes les plus joueuses ne sont plus tous récompensées, avec l’exemple de l’Allemagne qui s’est suicidée toute seule par son schéma offensif ».

Leo Charon

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Stevan Jovetic FC

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