C’est un statut qui est presque aussi prestigieux qu’il ne suscite une attente immense, être drafté en premier lors de la mythique soirée organisée par la NBA est très loin d’être un événement anodin pour la suite de sa carrière. Si les profils qui furent choisis les premiers sur ses dix dernières années avaient tous un potentiel immense, rares sont ceux qui ont véritablement émergé comme des susperstars NBA. Zoom sur ceux qui ont marqué la dernière décennie des soirées de Draft en ayant la faveur d’être les premiers appelés par la franchise bénéficiant du premier choix, avec des issues pour le moins mitigées.
2013, Anthony Bennett – Cleveland Cavaliers
Choisi de manière un peu surprenante par Cleveland en tant que premier choix de la Draft 2013, Anthony Bennett a ensuite connu l’une des plus grandes descentes aux enfers pour un n°1 de Draft. Après une saison rookie décevante et notamment seize premiers shoots manqués en NBA, l’imposant joueur part dans le Minnesota où sa moyenne de 5 points par match en 16 minutes pour seulement moins de quatre rebonds et moins d’une passe ne tarde pas à largement décevoir l'encadrement des Wolves. A la relance chez les Raptors la saison suivante, c’est avec un temps de jeu famélique qu’il ressort pour ensuite atterrir dans sa quatrième franchise en quatre saisons : les Brooklyn Nets.
Incapable de s’imposer à New-York, c’est finalement en Europe qu’il va s’exporter, au Fenerbahce, en n’inscrivant que douze points en dix rencontres. De retour en G-League ensuite avec les Motor City Cruise, équipe secondaire des Pistons, c’est ensuite par les Rockets sans fouler un seul parquet qu’il conclura sa dernière expérience en NBA. Si l’aventure basket aurait pu s’arrêter là pour l’une des déceptions les plus totales de la Draft NBA sur ces vingt dernières années, Anthony Bennett s’engage avec l’Hapoel Jérusalem BC en août 2021 avant de voir le club israélite couper pour la septième fois de sa carrière le Canadien de 30 ans qui aura vécu une carrière bien loin de celle à laquelle il fut promis il y a dix ans de cela.
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2014, Andrew Wiggins – Cleveland Cavaliers
Passé par le championnat universitaire américain, Andrew Wiggins conclut son parcours en NCAA avec les Kansas Jayhawks. Sélectionné en premier par des Cavs refroidis par leur choix d’Anthony Bennett la saison précédente, c’est en recrutant un nouveau Canadien très attendu puis en l’échangeant dans un « méga-trade » (incluant notamment Kevin Love) avec les Timberwolves que le futur joueur des Warriors débarque dans le Minnesota.
Nommé rookie de l’année à la fin de la saison 2014/2015, il ne tarde pas à démontrer son potentiel offensif très bien épaulé par Karl-Anthony Towns mais également Jimmy Butler dès la saison 2017/2018. Très régulier sur ses quatre premières saisons avec les Wolves, titulaire sur l’ensemble des rencontres des saisons régulières 2016/17 et 2017/18, il cumule des moyennes de points très intéressantes avec 23,5 points par match lors de l’exercice 2016/17. Avec une influence qui se réduit sur les saisons suivantes en raison de l’arrivée notamment de Jimmy Butler et une adresse globale souvent proche des 40%, c’est après une saison et demi de stagnation que le pivot va prendre ses valises en direction de l’Ouest.
Echangé avec D’Angelo Russell notamment avec les Golden State Warriors, c’est au sein d’une équipe de stars que débarque le Canadien qui prend rapidement une place importante dans la raquette des Warriors. Avec plus de 70 rencontres disputées lors des deux dernières saisons régulières avec l’équipe de San Francisco, il est proche de 20 points de moyenne par match et se montre dominant, emmenant même les siens vers le graal ultime, le titre de champion NBA acquis en 2022, date à laquelle il signe une extension de quatre ans, lui donnant une place dans la durée au sein de la franchise entraînée par Steve Kerr.
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2015, Karl-Anthony Towns – Minnesota Timberwolves
Choisi par les Timberwolves le 25 juin 2015, Karl-Anthony Towns est devenu en huit saisons un joueur référence de la franchise du Minnesota, reconnu pour sa régularité qu’il tend pourtant à voir être perturbée par les blessures sur les dernières saisons. Avec 52 (!) double-doubles lors de sa saison rookie où il cumula plus de 18 points de moyenne pour 10,5 rebonds par match en ayant disputé les 82 rencontres de saison régulière, il décroche sans suspense le titre de rookie de l’année et ne tarde pas à confirmer les espoirs placés en lui. Nommé à l’unanimité (pour seulement la cinquième fois de l’histoire de la NBA), rookie de sa première saison dans la ligue, il ne tarde pas à devenir un joueur cadre des Wolves qu’il est encore aujourd’hui.
Tout au long de ses huit saisons, le pivot du Minnesota prouve qu’il est clairement en train de devenir le « franchise player » des siens, marquant 47 points dès le début de sa deuxième saison en NBA, réalisant son premier triple-double en carrière fin 2016. Avec des moyennes de points par match souvent au-delà de 25 sur les dernières saisons, il remporte même le concours de tirs à trois points du All Star Game 2022 avant de connaître une saison 2022-23 gâchée par une blessure qui l’a éloigné des courts de novembre à mars.
Malgré les remous connus par sa franchise et notamment l’affaire entre Kyle Anderson et Rudy Gobert, il est plus qu’un repère, une base d’une franchise avec laquelle il est lié jusqu’à la fin de la prochaine saison.
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2016, Ben Simmons – Philadelphia Sixers
En concurrence avec Brandon Ingram pour la place de numéro 1 à la Draft 2016, c’est finalement le joueur formé en Australie qui décrochera ce titre honorifique et l’honneur de rejoindre la franchise de Philadelphie. Fruit d’une belle exposition avec les Tigers de Lousiana State en NCAA, Ben Simmons a convaincu le staff des Sixers de lui faire confiance pour mener la nouvelle garde de l’équipe managée alors par Brett Brown.
Rapidement blessé après que des rumeurs lui aient attribué une prise de poids importante une fois la Draft passée, il ne fera ses débuts que lors du début de la saison 2017/18. Un premier exercice dans lequel il s’illustre de la meilleure des manières avec notamment 38 double-double et 12 triple-doubles pour une ligne de stats de 15,8 points, 8,1 rebonds et 8,2 passes par rencontre très honorable pour une première saison. Très régulier sur ses deux saisons suivantes et après deux demi-finales de conférence en trois saisons, ce n’est que depuis très récemment que les performances de l’Australien ont commencé à décliner.
Sanctionné pour son comportement lors de la présaison 2021/22 par son coach Doc Rivers, le joueur a ensuite prétexté souffrir de problèmes psychologiques l’empêchant de prendre part aux rencontres des siens pour un conflit financier qui trouvera une résolution à l’amiable en fin de saison dernière. De retour en NBA avec les Nets de Brooklyn depuis un peu plus d’une saison, il a eu beaucoup de mal à retrouver le niveau de performance de ses premières années avec les 76ers et conclut même cet exercice 2022/23 en plein doute quant à la direction qu’il semble pouvoir donner à sa carrière.
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2017, Markelle Fultz – Philadelphia Sixers
Également choisi par les Sixers en tant que premier choix de Draft, le natif du Maryland rejoint la NBA malgré une dernière saison de NCAA très décevante avec son équipe des Washington Huskies. Rapidement blessé à l’épaule, il tarde à faire ses débuts sur les parquets mais parvient néanmoins à être le plus jeune joueur de l’histoire de la NBA à réaliser un triple-double face aux Bucks de Milwaukee.
C’est finalement en arrivant à Orlando que le joueur va véritablement s’épanouir. Montant en puissance tout au long de la saison 2019/2020, il s’impose peu à peu comme un joueur du cinq majeur de la franchise floridienne jusqu’à devenir après son retour d’une blessure au ligament croisé du genou gauche l’un des joueurs les plus bankables du Magic. Avec une prolongation de trois années signée à la fin de la saison dernière, il s’inscrit dans un processus d’une progression par la jeunesse avec Orlando mais n’a pas encore véritablement confirmé son statut de numéro 1 de cette Draft 2017.
2018, Deandre Ayton – Phoenix Suns
C’est un nom que les amateurs de NBA connaissent bien depuis plusieurs années par son influence dans le jeu d’une franchise en constante progression. Le joueur originaire des Bahamas est imposant autant par sa taille (2,11m) que par sa mobilité qui lui permet d’être dominant dans la raquette comme il l’a démontré en NCAA avec les Arizona Wildcats. Avec plus de 20 points de moyenne sur la saison et malgré un parcours en championnat NCAA qui tourne court rapidement, ce seront les Suns qui feront de lui le premier choix de la Draft NBA 2018.
Avec 18 points par match en moyenne cette saison pour plus de dix rebonds (une statistique qu’il a réussi à atteindre chaque saison depuis ses débuts en NBA), le pivot des Suns parvient à disputer ses premières finales NBA en 2021 face aux Bucks (défaite 4-2) et prolongera son contrat sur quatre années avec la franchise de Phoenix l’été dernier.
A la hauteur des attentes que ses performances à son poste de pivot laissaient envisager en NCAA, Deandre Ayton est l’une des meilleures pioches en tant que numéro 1 de Draft de ces dernières saisons par sa consistance et sa très belle progression avec une franchise à laquelle il est resté fidèle.
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2019, Zion Williamson – New Orleans Pelicans
Drafté alors qu’il n’a que dix-huit ans, les performances au lycée et en université de celui qui est originaire de Caroline du Sud font rapidement de lui une évidence pour la place de numéro 1 de cette Draft 2019. Recruté par l’université de Duke avec laquelle il excelle très rapidement en compagnie de celui qui est arrivé en même temps que lui chez les Bleu Devils, R.J. Barrett, il est sans conteste le meilleur élément de l’université mythique située près de Raleigh en Caroline du Nord. Alors déjà considéré comme le favori de la prochaine Draft, une blessure contractée face aux North Carolina Tar Heels dans le derby local va l’écarter des parquets seulement quelques semaines avant de retrouver les siens pour les emmener jusqu’au Final 8, défaits par Michigan State.
Ayant la faveur des Pelicans de la Nouvelle Orléans qui veut faire de « Zion » la première pierre d’un projet de reconstruction de la franchise, il va réaliser deux premières saisons de qualité en NBA. Sélectionné au All-Star Game pour la première fois en 2021, il va finalement connaître deux dernières saisons plombées par les blessures. D’abord blessé au pied puis à la cuisse, ce sont deux dernières saisons très incomplètes qui sont derrière l’ailier fort des Pels qui n’a néanmoins disputé que 35% des rencontres des Pelicans ses ces quatre dernières saisons, preuve de sa grande fragilité physique qui le freine dans la progression qui lui était promise.
2020, Anthony Edwards – Minnesota Timberwolves
Après une saison en championnat universitaire avec les Georgia Bulldogs, c’est en tant que numéro 1 de la Draft 2020 (très spéciale en raison de la pandémie), que l’Américain est sélectionné par les Timberwolves pour le deuxième « First Pick » de la franchise en six ans. Décrit comme physiquement prêt à affronter les autres équipes NBA et mature dans son jeu pour s’inscrire dans un collectif en formation dans le Minnesota, il rejoint un Karl-Anthony Towns en pleine expansion peu et une franchise qui affiche de nouvelles ambitions.
Rapidement indispensable avec les Wolves et nommé deuxième meilleur rookie de l’année sur la saison 2020/21, il disputera même cette saison son premier All-Star Game ainsi que les playoffs, s’inclinant avec les siens face aux Denver Nuggets (futurs champions NBA) alors qu’Anthony Edwards s’illustrera avec 41 points marqués lors du Game 2 et plus de 32 points de moyenne sur la série.
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2021, Cade Cunningham – Detroit Pistons
Très attendu au moment d’être choisi par les Pitsons qui voyaient en lui l’un des futurs visages stars de la NBA, c’est avec beaucoup moins de réussite que ce qu’on lui promettait que le meneur passé par Oklahoma State en universitaire vient tout juste de conclure sa deuxième saison en NBA.
Après un premier exercice convenable sans être sensationnel en 2021/22 (17.3 points, 5.6 passes et 4.2 rebonds par match), c’est une blessure au tibia qui l’éloignera des parquets une grande majorité de la saison dernière, n’étant donc pas présent pour épauler une équipe de Detroit qui en aurait eu grandement besoin. Derrière les promesses d’un meneur capable de créer le jeu et très bien attaquer le cercle grâce à sa détente, les Pistons doivent composer avec un profil sujet aux blessures et qui doit se montrer plus impactant dans une franchise très jeune.
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2022, Paolo Banchero – Orlando Magic
Deuxième joueur de Duke en quatre ans à être choisi en tant que numéro 1 de la Draft NBA après Zion Williamson, c’est avec un risque moins élevé que le Magic a souhaité attirer une nouvelle étoile passée par les Blue Devils.
Impressionnant pendant sa saison en Caroline du Nord malgré un échec retentissant en demi-finale du Final Four face au voisin UNC, Paolo Banchero, originaire d’Italie, n’a pas tardé à confirmer en NBA au terme d’une saison de rookie où il décrochera logiquement le titre de rookie de l’année. Avec 72 matchs disputés pour sa première saison et une moyenne qui frôle les vingt points par match dans une équipe peu aboutie, c’est une performance de haut vol qu’a réalisé le nouveau meneur du Magic. Attendu mais très efficace dès ses débuts dans la grande ligue, il lui faudra confirmer dès la saison prochaine et être capable d’emmener son équipe en playoffs.