NBA

Du beau monde sur le marché de la free agency

La saison NBA va bientôt débuter. La semaine prochaine, la grande ligue Nord-Américaine fait son retour, pour le plus grand bonheur des fans ! Et alors que la plupart des effectifs sont en train d'être définitivement bouclés, bon nombre de grands noms sont toujours sans équipe. Des noms parfois ronflants, mais dont plus personne ne veut prendre le risque de les engager.

N'est pas Blake Griffin qui veut. Si l'ancien des Clippers a finalement trouvé un point de chute du coté de Boston, ce n'est pas le cas de tous les vétérans qui ont pourtant marqué la ligue ces dernières années. Entre blessures, comportement et âge avancé, ils ne représentent plus l'avenir et vont devoir cravacher pour tenter de trouver une équipe sur le gong. En voici quelques-uns.

Kemba Walker, la descente aux enfers

Il était la tête de gondole d'une franchise de plus en plus ambitieuse, et la non-signature d'un contrat max l'a finalement petit à petit amené aux oubliettes. Kemba Walker est parti de chez lui, de Charlotte, avec un statut de All-Star, d'un des tous meilleurs meneurs de la Ligue. Et petit à petit, de Boston à New-York, il a commencé à disparaître, miné par les blessures. Envoyé comme un malpropre à Détroit qui négocie un buy out pour lui trouver une porte de sortie, il n'a toujours pas trouvé chaussure à son pied et risque de commencer la saison sans équipe. Bien qu'un retour aux Hornets reste dans les tuyaux, comme il le déclare lui-même : “Ce serait spécial (de revenir aux Hornets). Mais en ce qui concerne le dernier chapitre de ma carrière, j’ai encore quelques années devant moi selon moi, donc je n’y pense pas. On verra. J’attends. Personne ne m’a contacté. Je suis juste là à attendre. Je veux juste pouvoir rejouer au basket. Que ce soit en sortie de banc ou non je m’en fiche. J’ai commencé ma carrière en sortie de banc. Peu importe. Je veux juste pouvoir rejouer au basket comme j’aime le faire, avoir autour de moi de super coéquipiers, et simplement prendre du plaisir.” 

Lui sait ce qu'il vaut et espère pouvoir rapidement retrouver une franchise qui pourrait lui faire confiance : “Le problème ça n’a jamais été la performance sur le terrain, c’était juste mon genou. Je n’ai rien à prouver. Tout le monde sait ce que j’ai fait dans cette ligue. Je suis un compétiteur, j’aime jouer au basket. Vous me connaissez. Zéro regrets. J’ai eu une super carrière, j’ai pris du plaisir à jouer. Personne ne s’attendait à ce que je sois là. Quand j’ai été drafté personne n’a dit ‘il va être le meilleur scoreur all-time des Hornets’. Je n’ai pas à me plaindre, je viens de loin“.

Pour l'heure, il s'entraîne, seul, et va devoir allumer sa télé en attendant un petit miracle.

DeMarcus Cousins, mais qui lui fera une place?

Comme Kemba, il n'a reçu aucune offre d'une franchise depuis son départ des Nuggets, où il avait réussi sans faire trop de bruit, à se fondre dans la masse. Mais une fois encore, il n'a pas été conservé.. comme c'est le cas depuis trois ans maintenant. Il semble désespéré, au point de lancer un appel à l'aide pour tenter de se vendre. “Ai-je fait des erreurs ? Absolument. Ai-je fait les choses de la mauvaise façon ? Absolument. Je m’en excuse. Mais j’ai fait encore plus de choses de la bonne manière et j’ai fait encore plus de choses positives par rapport aux points négatifs. Je ne veux pas que ces points positifs soient négligés. Et évidemment, lorsque les aspects négatifs l’emportent sur les aspects positifs, vous devriez probablement rester à l’écart de ce joueur. C’est la vie qui veut ça. Mais je ne crois pas être dans cette catégorie. Je demande juste une chance de montrer mon évolution en tant qu’homme et en tant que joueur. Je pense que la perception erronée de moi est que je suis ce monstre en colère qui malmène les gens, frappe les gens, impossible à coacher, et est un cancer dans le vestiaire. Je pense que tout cela est faux. J’ai joué pour coach John Calipari, un coach légendaire. J’étais plus que coachable. Steve Kerr pourrait en témoigner et Coach Malone aussi. Évidemment, vous pouvez toujours reparler de mon passage à Sacramento. Je comprends ce métier. Je comprends comment fonctionnent les choses. Je ne l’ignore pas. Donc, quel que soit le rôle que l’on me donne, je le ferai volontiers et au mieux de mes capacités.”

Il est toujours en forme et bien qu'il reste un compétiteur hors-pair, avec l'âge, il sait ce qu'il vaut et est prêt à faire des concessions, comme ce fut le cas lorsqu'il évoluait aux Bucks, ou aux Nuggets. “Évidemment, moi qui suis un compétiteur, je veux toujours atteindre les étoiles, mais je vais faire ce qu’on me demande. Et que je sois titulaire, que je sorte du banc, ou que je doive être au bout du banc debout à encourager mes coéquipiers, je le ferai. Tout ce qu’il faut. Je suis prêt à faire tout ce qui est nécessaire pour gagner. Cela signifierait tout pour moi d’être de retour en NBA. Je sais que j’ai ma place dans cette ligue. J’ai eu des problèmes avec des blessures et j’ai toujours travaillé pour revenir à 100 % de ma forme. J’ai travaillé comme un fou pour en arriver là. Je veux simplement avoir l’occasion de montrer le travail que j’ai fourni et que je continue à fournir. Je veux aussi avoir l’occasion de gagner ma place, c’est tout ce que je veux. Il m’en reste beaucoup dans le réservoir. Énormément.”

Est-ce que cela suffira pour convaincre une équipe? Rien n'est moins sûr. Mais s'il se tient prêt, il y a tout de même fort à parier qu'une franchise tente le coup à un moment ou à un autre au cours de la saison.

Carmelo Anthony, l'espoir s'amenuise

Il en a lui aussi connu des galères. Donné pour mort après ses passages peu fructueux du côté d'Oklohoma City et de Houston, il était finalement revenu en trombe du coté de Portland, relançant une carrière que l'on aurait pourtant cru terminée. Finalement parti en Californie rejoindre LeBron et toute la bande à LA, il a bluffé, en trouvant parfois la consistance qui manquait tant à certains de ces coéquipiers. S'il n'est plus le Melo des Knicks ou des Nuggets, il a réussi à parfois sortir de sa boîte l'an dernier, alors que les Lakers patinaient. Mais cela n'a pas suffi pour convaincre le board de la franchise de le prolonger, lui qui a plus de 38 ans aujourd'hui. Et le problème, c'est qu'avec l'âge, il n'est plus capable d'être aussi bon offensivement que par le passé, ce qui faisait de lui l'un des scoreurs les plus prolifiques de l'histoire. Et défensivement, son rendement est toujours aussi faible.. C'est ce qu'expliquait Brian Robb, journaliste américain, alors qu'un intérêt de Boston était évoqué : “Les Celtics n’ont pas un intérêt pour le signer avant le camp d’entraînement. Il y a une raison pour laquelle les Lakers et les autres équipes ne le ramènent pas à ce jour : c’est un vétéran de 38 ans qui se retrouve chaque année au fond de la ligue dans les stats défensives dès qu’il joue beaucoup”.

Boston était d'ailleurs la seule franchise à s'être plus ou moins réellement intéressée à Melo. Alors qu'il pourrait tout de même rendre de fiers services, il n'est une priorité pour personne. Si un retour aux Knicks ou aux Nuggets a parfois été évoqué, difficile de croire réellement à ces pistes. Les Nuggets ont déjà un effectif solide et ne prendrait pas le risque de tout chambouler maintenant, alors que New-York tente tant bien que mal de se reconstruire et ajouter un vétéran capricieux dans tout cela, alors même que le cas Julius Randle est épineux , n'aurait rien de bon.

Dwight Howard, stop ou encore? 

On parle là d'un triple meilleur défenseur NBA. Qui n'a plus rien a prouvé, mais qui à 36 ans, n'a plus tout à fait les même qualités qu'il y a dix ans, lorsqu'il survolait la Ligue. Pourtant, ses derniers passages aux Lakers sont plus que corrects. Il a pris une part importante dans l'obtention du titre dans la bulle d'Orlando et a réalisé quelques bonnes phases l'an dernier dans le marasme à LA. Mais cela n'a pas suffi à convaincre une franchise de lui laisser une dernière chance. De là à envisager une retraite? Possible, d'après ses propres dires : “Je veux jouer, mais en même temps, il n'y a pas d'équipes qui veulent vraiment me laisser jouer. C'est ce que je ressens depuis ma dernière situation avec les Lakers. J'avais l'impression d'avoir fait assez pour les aider à gagner un championnat afin de mériter une place dans l'équipe. Avec une chance de commencer et d'avoir de grosses minutes. Mais ce n'est pas arrivé. Après ça, je me suis dit : ‘Je n'ai pas envie de me casser le cul pendant un autre été, de m'entraîner trois fois par jour, de faire un régime dingue, de tout faire, puis de revenir dans une équipe et de m'asseoir sur le banc sans vraiment aider une équipe à gagner'. Et c'était comme : ‘Merde, est-ce que je veux juste arrêter et faire d'autres choses ou revenir et montrer aux gens que je peux toujours apporter ?”

Un temps annoncé (furtivement) du côté des Nets et des Celtics, ces pistes n'ont rien donné. A l'image de son ex-coéquipier Carmelo Anthony, personne ne souhaite prendre le risque d'embaucher ce caractériel vétéran. Il pourrait donc avoir disputé le dernier match de sa carrière contre OKC en avril dernier..

LaMarcus Aldrige, retour manqué 

Il avait mis un terme à sa carrière il y a maintenant deux saisons suite à un problème cardiaque. Finalement autorisé à reprendre le basket à haut-niveau, il était revenu à Brooklyn, chez les Nets, où tout avait failli s'arrêter. Mais dans le marasme des Brooklyn Nets l'an dernier, il n'a finalement que très peu pesé. Malgré des statistiques totalement honorables (12,9 points, 5,5 rebonds en 22 minutes de moyenne), l'intérieur a eu du mal à accepter son rôle de remplaçant. Et sa franchise n'a pas souhaité lui proposé une offre de prolongation.

D'après les journalistes de Sports Illustrated Chris Mannix et Howard Beck, il pourrait décider de mettre définitivement un terme à sa carrière. Car pour l'heure, personne ne s'est réellement penché sur son cas. Il a un temps été annoncé du coté de Boston, comme beaucoup d'intérieurs libres de tout contrat. Mais c'est finalement Blake Griffin qui a été sélectionné. Un retour à Portland aurait pu être une bonne chose mais la raquette déjà bien garnie risque de lui laisser un temps de jeu limité, ce qu'il ne veut pas.

S'il n'est pas décidé à faire des concessions, aucune franchise ne tentera le pari. Cette fois-ci, tout porte à croire que LaMarcus Aldrige mettra fin à sa carrière professionnelle de joueur de basket.

Lou Williams, une dernière danse ? 

Lui aussi a hésité a définitivement raccroché. Mais il se dit encore prêt à aider une franchise, pourquoi pas en plein développement, pour aider les jeunes à grandir. On parle tout de même d'un joueur pas si âgé que cela (35 ans), élu trois fois meilleur 6ème homme de la Ligue. Après des hauts et des bas à Atlanta, les Hawks n'ont préféré pas le garder, mais lui dit en avoir encore sous la semelle : “Si je continue à jouer au basket, ce sera parce que je trouve une situation qui me convient, qui est organique, qui me permet de grandir en tant que joueur, qui me permet d’influencer les jeunes. Et vous pouvez encore m’utiliser sur le parquet ou pas, je peux être un relais, il faut juste que ce soit bénéfique. Pour faire court, il faut que ça ait du sens. Je ne vais pas m’asseoir sur le banc pour le plaisir de m’asseoir sur le banc, j’ai des choses plus importantes à faire de mon temps.”

Si sa dernière saison peut laisser perplexe, il pourrait avoir un rôle à jouer dans un roster en manque d'expérience. Reste à trouver une franchise qui pourrait l'intéresser, lui dont on connaît les goûts pour les aventures extra-sportives. Mais sur le papier, Lou Will, qui n'a pas eu de vraies touches durant l'inter-saison, à encore à apporter en NBA.

Les anciens semblent avoir fait leur temps. C'est en tout cas l'impression laissée par cette free-agency: un nom ne suffit plus à se faire une place au sein d'un roster. Pourtant, tous ces vétérans auraient, pour différentes raisons, tant à apporter. Les derniers jours avant la reprise de la NBA seront décisifs, à bien des égards. 

Crédit photo: Sports Illustrated


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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