Edito : Ultras : qui est innocent, qui est coupable ?

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Ligue 1

La décision est tombée ce 16 décembre. A la suite du festival de fumigènes de la part des Magic Fans pendant le match Saint-Etienne – PSG, le stade Geoffroy-Guichard est fermé à huis clos à titre conservatoire. Une nouvelle décision scandaleuse de la Ligue qui décide de punir 40 000 personnes alors qu’une petite centaine est concernée par ses accusations. Une guerre ultras-LFP qui dure depuis années, sans trouver de terrain d’entente…

Un anniversaire qui tourne à l’indignation

Hier soir, pendant le match opposant Saint-Etienne au PSG, l’avant-garde des Magic Fans, une association de supporters, fêtaient leurs 20 ans d’existence. Pour marquer le coup, un feu d’artifice couplé à des fumigènes et des feux de Bengale ont fusé dans toute la tribune à la 89ème minute du match. Si aux premiers abords, la question de la sécurité surgit logiquement, celle de la festivité est mise en berne. Après un match qui a tourné en démonstration pour les locaux (0-4), leur spectacle a été salué par les joueurs adverses, et les médias.

Pour autant, tout cela va évidemment à l’encontre du règlement de la LFP sur l’utilisation d’engins pyrotechniques. De ce fait, le stade Geoffroy-Guichard sera à huis clos sans limite de matchs. Une décision incompréhensible, sachant que cela entraîne une punition pour le reste des supporters, innocents et témoins du même spectacle. Des stadiers ont été blessés et ceci noircit la note de l’action, mais le sujet passé a fait du bruit. Cependant, la LFP s’est montrée intransigeante…

Au lieu de sanctionner les intéressés, on met tout le monde dans le même panier

Pour rappel, Geoffroy-Guichard contient 41 965 places. Les personnes visées par la LFP demeurent être bien moins que cela. Le bas des Tribune Nord et Sud sont concernées, et ne devrait pas concerner plus de 2000 personnes. Au lieu de raisonner de cette manière, les gendarmes de la bonne foi sportive ont préféré priver tout le monde. Si l’on dépasse le problème de l’ampleur de la sanction, c’est une nouvelle fois une décision irrationnelle de la part de la Ligue, qui montre une fois de plus sa volonté de nuire aux ultras.

Si jamais des sanctions devaient être prises, pourquoi ne pas plutôt engager des recours juridiques, plus efficaces que de priver 40 000 personnes de venir voir leur équipe au stade ? Pour avancer la LFP dans ses recherches, citons les recours possibles :

  • Identification des coupables et interdictions de stade avec obligation de se présenter au poste de police chaque soir de match
  • Interdictions administratives de stade par les préfets (Dont son efficacité est remise en question)
  • Radiations des personnes concernées du stade
  • Suspension des cartes d’abonnement

Rien qu’avec ces 4 points, il est possible de résoudre le problème des incidents d’hier soir. De plus, cela permet d’éviter de priver des personnes innocentes dans l’histoire…

Une guerre de longue date entre la LFP et les “méchants ultras”

La LFP, qui veut rétablir des valeurs populaires dans les stades, réalise depuis des années des mesures qui rendent les rencontres de plus en plus impopulaires. A vouloir à tout prix ranger les ultras dans la catégorie des méchants messieurs, on s’en demande dans quel ridicule nous tombons. Vouloir prôner une interdiction des fumigènes lorsque tous les clubs professionnels sans exception ont déjà eu une association de supporters dans son stade qui en ont craché, c’est s’attirer les foudres du peuple. De plus, tous les ultras sans exceptions sont rangés dans la même catégorie.

Mais quelle est cette catégorie généralisée par le commun des mortels me diriez-vous ? Tout simplement, les ultras sont comparés à des barbares, violents, irrespectueux et qui sèment le trouble partout où ils passent. Pourtant, est-ce vraiment la réalité ? Est-ce réellement la véritable facette de tous les adhérents à un groupe d’ultras ? Bien sûr que non, et loin de là. Nous avons ici une belle généralité à la française qui veut que tout le monde soit dans le même panier, à la manière de dire que les gilets jaunes sont tous des violents et des casseurs, les racistes des votants FN ou les fans de Nabil Djellit des fanatiques du vrai basket. Tout est mélangé et déformé.

Des stades vides et la crainte des ultras au stade

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes s’intriguent sur l’affluence dans les stades. Si on exclut la météo, le manque de résultats des fois ou les dirigeants, beaucoup de personnes ne souhaitent plus venir dans un stade. Pourquoi ? Car ils estiment que les ultras inspirent la terreur. De ce fait, la peur qu’il y ait des incidents intervient. Cette excuse est valable pour les plus jeunes d’entre nous, qui ne doivent pas assister à ces scènes si le pire était à venir. Mais cette généralité est non seulement extrapolée, mais en plus ne reflète pas la réalité du stade.

Pour ceux qui comprennent ce message, les incidents d’ultras ne concernent que très peu de matchs sur une saison. Il n’y a pas de problèmes récurrents sur 19 matchs, ou alors que des problèmes de sécurité sont à signaler, mais nous ne pouvons nous permettre de juger. De plus, les fumigènes sont une des raisons qui font peur. Si vous n’êtes pas dans la tribune, ne vous souciez pas de cela, et profitez de l’espace qui existe dans les stades, les tribunes latérales sont faites pour vous.

Cependant, il reste un dernier point noir : celui des arrêtés préfectoraux interdisant de plus en plus les déplacements de supporters. Ces décisions tuent le spectacle, et vont à l’encontre de la fameuse “liberté des ultras” entachée depuis quelques années. Une aberration qui devient régulière et pénible. Cependant, l’initiative de déplacer les matchs pour des problèmes d’effectif suite au plan vigipirate ou des évènements demandant des renforts plus importants le même jour est intéressante, mais sa mise en place mérite d’être revue. Tout simplement car les dates et horaires sont importants, et contraindre les personnes à venir un soir en semaine n’est pas possible pour tous. Et de ce fait, cela vide les stades.

En conclusion

Nous sommes dans une impasse depuis plusieurs années. La LFP veut sécuriser les stades mais empêchent les ultras de s’exprimer librement. De plus, la médiatisation allant à l’encontre des ultras de la part de la Ligue et certains médias n’arrangent rien. La malveillance à l’encontre des ultras n’arrangent en rien et fragilisent de plus en plus les relations. Il est plus souvent ressorti des critiques à l’encontre des rares incidents d’ultras plutôt que les bonnes actions le reste de l’année.

N’oublions pas que l’âme des stades résident dans les ultras : ils amènent le spectacle et donnent de la voix. Sans eux, les enceintes sonneraient creuses. Un silence de mort dans les tribunes qui ne donnent pas envie de venir au stade. Au lieu de nuire, il faut encourager cette pratique : celle de donner de la voix pour son club. Car derrière les actes, il y a des hommes et des femmes. Ces personnes sont derrières un club, qu’ils adorent, qu’ils idolatrent même. Mais ça, les hauts-placés et la Ligue n’en ont rien à faire. Il y a des humains derrière les regards, nous dirait Grand Corps Malade…

Crédit photo : Arthur Geillon – WeSportFR

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