“Et si…” : Amara Diané n’avait pas sauvé le PSG

Tout part de la citation d’une célèbre philosophe du XXe siècle : « Et si je t’avais dit combien je t’aimais mon frère et si on t’avait dit ne baisse pas les bras sur cette Terre. Et si… Tout simplement si. ». On a coutume de dire qu’avec des « si » on peut mettre Paris en bouteille. Avec une séries d’uchronies, Wesport vous propose de refaire l’histoire du football si un élément perturbateur du ballon rond avait été différent.

Nous sommes le 17 mai 2008. L’ultime journée de Ligue 1 va être palpitante jusqu’à la dernière seconde. Le suspense est à son comble en bas de tableau. Metz et Strasbourg sont déjà assurés d’évoluer la saison suivant parmi l’anti chambre de l’élite. La dix-huitième place se jouera entre Lens, Toulouse et le PSG. Toulouse reçoit Valenciennes (13e), Lens reçoit Bordeaux (2e) alors que Paris se déplace à Sochaux (14e). Valenciennes n’a plus rien à jouer, Bordeaux est assuré d’être deuxième du classement alors que Sochaux n’a plus rien à perdre.

Quelques mois auparavant, Paris avait remporté la Coupe de la Ligue face au Racing Club de Lens. Le second round pouvait se jouer entre le club de la capitale et les artésiens. Au classement, Lens et Toulouse ont 39 points alors que Paris en a 40. Pour sauver sa peau, Paris doit gagner son match sans se soucier des résultats des autres. En cas de match nul, ils doivent espérer une contre-performance des toulousains et lensois.

Toulouse mène rapidement 1-0 pendant qu’Amara Diané ouvre le score pour Paris à la 23e minute. Tout se passe pour le mieux pour eux et les Pitchounes. A la 80e minute, Toulouse mène 2-1 et sauve sa peau, alors que Sochaux a égalisé contre le PSG. Lens et Bordeaux sont à égalité (1-1). 82e minute, Bordeaux renverse la vapeur et mène à Bollaert, Paris peut souffler… quelques secondes puisque Toifilou Maoulida égalise pour les Sang et Or.

Sept minutes pour survivre

Nous jouons la 83e minute, Paris et Lens font des matchs nuls. Pour se sauver définitivement, Paris doit marquer un but afin de ne pas être sous la pression d’un éventuel but lensois. Lancé par Grégory Bourillon, Amara Diané laisse trainer son pied et pousse le ballon dans les filets de Teddy Richert. Les parisiens l’ont compris, s’ils gardent cet avantage, ils resteront, quoi qu’il en soit, en Ligue 1 la saison prochaine ! Du côté du Pas de Calais, Lens est abattu et a vent de ce but. Au coup de sifflet final, les lensois ont les yeux humides, les supporters n’en croient pas leurs yeux. Ils vont jouer la saison 2008/2009 en Ligue 2.

Grace au but d’Amara Diané, Paris reste en Ligue 1. La saison suivante, Paris termine 6e. Quatre années plus tard, le Qatar arrive et souhaite faire du PSG un grand club d’Europe. Depuis, les parisiens marchent sur le championnat avec six titres durant les sept dernières années. Et dire qu’à quelques minutes près, le PSG aurait pu être envoyé en Ligue 2 en 2008. Et si, Amara Diané n’avait pas touché ce ballon ?

Et si… Diané n’avait pas marqué ?

Nous jouons la 83e minute, Paris et Lens font des matchs nuls. Pour se sauver définitivement, Paris doit marquer un but afin de ne pas être sous la pression d’un éventuel but lensois. Lancé par Grégory Bourillon, Amara Diané tente de laisser trainer son pied pour pousser le ballon dans les filets de Teddy Richert. Le portier sochalien bloque le ballon, Diané se tient la main entre ses deux mains. Sur le banc, Paul Le Guen se ronge les ongles. Pour le moment, Paris est sauvé mais il ne faut surtout pas avoir de but lensois à Bollaert.

Boostés par la nouvelle, les Sang et Or poussent. 91e minute, Marc Planus concède un corner. Le public est en folie ! « Poussez, poussez les avants lensois ! » scande Bollaert. Tout le monde pousse, avants, défenseurs et même gardien. Vedran Runje est aux avant-postes. Ils n’ont rien à perdre, ils ont tout à gagner ! Le corner est tiré au second poteau, le ballon tape la tête du capitaine lensois Vitorino Hilton. Son ballon se loge dans la lucarne d’Ulrich Ramé ! Le brésilien marque son troisième but de la saison. Surement, le plus important de sa carrière. Lens mène 3-2 et se sauve !

La nouvelle a un effet de tsunami à Bonal. Au classement, Lens et Toulouse ont 42 points alors que Paris pointe avec 41 points… Coup de sifflet final, le PSG est officiellement relégué en Ligue 2. Une première depuis 1974 ! Le capitaine Pauleta est en larme sur la pelouse doubiste. Michael Landreau, Sylvain Armand et Jérôme Rothen font grise mine… C’est une honte pour l’histoire du club… Le président Simon Tahar est dans une colère noire… Dans quelques jours, le PSG va tenter de réaliser une performance paradoxale puisqu’il va tenter de gagner la Coupe de France face à Lyon. Un doublé coupe de France-Coupe de la Ligue pour un relégué, sacré performance…

Les Titis doivent briller

Comme prévu, les parisiens ont pris un énorme coup derrière la tête en ce soir de mai 2008. En finale de Coupe de France, Sidney Govou libère les siens en prolongations. Paris ne finira pas cette saison par une note positive. Il faudra se reconstruire petit à petit. Un budget amoindri, une masse salariale plus basse, il faudra tout repenser. Surtout que Paris va devoir également préparer sa campagne européenne.

Prêtés la saison dernière, Youssouf Mulumbu, Cristian Rodriguez, Sammy Traoré et Fabrice Pancrate reviennent au club. Pas d’arrivées de Guillaume Hoarau, de Stéphane Sessegnon, ni de Ludovic Giuly, Claude Makelele et Mateja Kezman. Première « recrue » : la signature en professionnel du jeune Jean-Eudes Maurice. Côté départs, c’est l’exode : Pauleta prend sa retraite, Cristian Rodriguez, Didier Digard, David Ngog, Mario Yepes, Jérôme Alonzo, Bernard Mendy, Souza et Everton partent de Paris. Ils seront imités par Michael Landreau, Marcos Ceara, Zoumana Camara et Jérôme Rothen.

Le Paris Saint Germain doit donc compter sur sa jeune garde composée de Mamadou Sakho, Larrys Mabiala, Tripy Makonda, Clément Chantôme, Jérémy Clement et Loris Arnaud. D’autres titis vont prêter main forte : Granddi Nigoyi et Younousse Sankharé. Pour le poste de gardien, le PSG ne fait pas confiance en Apoula Edel et décide de faire venir le gardien stéphanois Jérémie Janot, cantonné au banc des Verts depuis sa précédente blessure. Le PSG veut faire un recrutement intelligent composé de joueurs pouvant jouer la L2 et pouvant tenir le rang en cas de remontée en Ligue 1.

Ils piochent donc dans des « seconds couteaux » de l’élite : Christophe Jallet (Lorient), Adil Rami (Lille), Morgan Schneiderlin (Strasbourg), Kevin Gameiro (Strasbourg), Ludovic Baal (Le Mans), Jimmy Briand (Rennes) et font venir l’expérimenté Benjamin Nivet (Troyes), le jeune André Pierre Gignac (Toulouse) et le très prometteur joueur de Tours, Olivier Giroud. Enorme armada pour une Ligue 2 !

Vannes avant le Qatar

Le PSG fait largement office de favori dans cette deuxième division qui n’a pas encore le nom d’une pizzeria. Les concurrents vont prendre les matchs face à Paris comme des rencontres de Coupe de France entre l’ogre parisien et le petit poucet. La tête des hommes de Paul Le Guen (qui est resté) est mise à prix chaque semaine.

Pour la première journée, le PSG reçoit Dijon et n’en fait qu’une bouchée : 3-0. Dans les rangs dijonnais on peut compter un certain Pierre Emerick Aubameyang. Lors de la deuxième journée, les parisiens se font surprendre par l’étonnant promu de Vannes avec un excellent gardien nommé Benoit Costil. Ce faux pas ne sera qu’une erreur de parcours puisque le PSG enchaine trois victoire (Châteauroux, Nîmes et Clermont) mais s’incline à domicile face à Metz.

Quelques jours après cette rencontre, les parisiens jouent un match de barrage de C3 face aux turques de Kayserispor. Battus 3-1 à l’aller, le parisiens ne font que match nul à domicile et sortent par la petite porte… Dans la vie réelle, le PSG se hissera jusqu’en quart de finale de cette compétition, éliminé par le Dynamo Kiev.

Ce coup d’arrêt fera office de coup de massue pour le PSG… Ils enchainent les contre-performances en championnat. Ils passent de la troisième à la treizième place de Ligue 2… A dix journées de la fin, le PSG compte quinze points de retard sur le podium et laisse échapper petit à petit ses rêves de remontée directe. Le public grogne et demande une refonte de l’équipe, des dirigeants.

Derby parisien… en L2

Le PSG n’est plus ce grand club national, voire européen. A l’échelon inférieur, le Paris FC vient de monter de CFA et est bien placé pour une montée en L2. Un derby parisien en Ligue 2 serait un véritable affront pour les Ultras du PSG…

Stoppons cette simulation où rien ne va pour Paris. Imaginons que le club sombre à petit feu. Pas de Qatar, pas de Pastore, pas de Zlatan, pas de match de Ligue des Champions. Mais imaginons que le club se base sur son vivier de jeunes talents en Ile de France et pourrait faire confiance à des titis qui jouent dans la région, mais pas au PSG. Peut-être qu’en voyant, un jour d’automne 2010 un petit phénomène nommé Kylian jouant à l’AS Bondy ou encore un milieu remuant jouant à Suresnes prénommé N’Golo…

Mais tout ceci n’est qu’uchronie. Amara Diané a touché ce ballon et donné les trois points au PSG. Lens est resté à 2-2. Paris est resté en Première Division avant d’être repris par le Qatar quelques années plus tard. Il y a eu Javier Pastore, Zlatan Ibrahimovic, Neymar… Les soirées Ligue des Champions stressantes. Les malheureuses Remontada. Paris n’a pas encore gagné la C1 mais n’a pas sombré en Ligue 2. Mais tout aurait été différent si Amara Diané n’avait pas touché ce ballon.

Poster un commentaire

ipsum lectus felis sit sed nunc Phasellus vulputate,