F1 : 70 tours et puis s’en vont

Pour le dernier GP avant la trêve estivale, source de nombreux transferts, les 20 acteurs nous ont proposé un spectacle globalement soporifique. Sur une piste où il est très difficile de dépasser (la 4ème plus dure selon les pilotes), on a plutôt assisté à un ballet de Formule 1.

Mercedes (345 points)

Hamilton (213 points, 1er) : Après des qualifications terminées à la première place, sa 77ème pole position, il n’avait qu’une chose à faire : s’échapper au départ. C’est ce qu’il a fait. Jamais inquiété tout au long de la course, il s’impose pour la 6ème fois en Hongrie, sa 67ème victoire en carrière, et accroit son avance au championnat pilotes avec 24 points de plus que Vettel avant la trêve estivale.

Bottas (132 points, 4ème) : Notre « wingman » du week-end ! Qualifié de la sorte par Toto Wolff, on ne peut que l’admettre. Il a joué le jeu d’Hamilton à merveille, et a fait le bouchon quasiment toute la course. Si ses pneus n’avaient pas autant souffert en fin de course par rapport à Vettel, il aurait sûrement conservé sa deuxième place. Mais sa fin de course a gommé l’image de pilote lisse et propre qu’on avait de lui : lorsque Vettel lui fait l’extérieur, il l’accroche, abimant l’aileron de l’Allemand. Lorsque Ricciardo lui fait l’extérieur… Il l’accroche ! Finalement, le pilote Red Bull le doublera sur la fin de course à la régulière (Bottas ayant refusé de le laisser passer malgré un message radio de son écurie). Le Finlandais se rebelle…un peu tardivement.

Ferrari (335 points)

Vettel (189 points, 2ème) : Après avoir doublé son coéquipier dès le départ, il buta les 3/4 de la course sur Bottas. Incapable de faire sauter le bouchon finlandais malgré le DRS, il a fallu développer le moteur Ferrari à pleine puissance pour que ce soit chose faite. Et encore, ses pneus ont inquiété son écurie jusqu’au drapeau à damier (après l’accrochage avec Bottas). Il limite la casse par rapport à Hamilton. Mais 24 points de retard avant la trêve estivale, c’est quand même un petit matelas pour le Britannique.

Räikkönen (146 points, 3ème) : Notre deuxième lieutenant finlandais. S’il semble un peu plus accepter son rôle que Valtteri, il a ici aussi servi de lièvre. Sa stratégie aux stands a permis à Vettel d’avoir la piste dégagée la plupart du temps (Bottas couvrant la stratégie d’Iceman). Sinon, une course propre, sans anicroche. Il monte même sur le podium après avoir passé son compatriote en fin de course. Bonnes vacances Kimi !

Red Bull (223 points)

Ricciardo (118 points, 5ème) : parti 12ème sur la grille de départ, notre Pilote du Week-end, selon la FIA et les fans, est remonté jusqu’à la 4ème place. Ce fut le seul, avec Bottas, à animer un peu cette course. Ses dépassements au virage 1 sont un modèle du genre. Heureusement que l’Australien était là pour nous faire un peu vibrer !

Verstappen (105 points, 6ème) : Depuis 4 courses maintenant, seule une Red Bull finit la course. C’était cette fois au tour de Verstappen de faire les frais du moteur Renault. Très remonté contre ces derniers après la course, le Hollandais volant n’a parcouru que 5 petits tours de manège. Il espérait sûrement marquer des points importants. Week-end à oublier, donc.

Renault (82 points)

Hülkenberg (52 points, 7ème) : 13ème sur la grille, 12ème à l’arrivée à un tour des leaders… Rien d’autre à ajouter, à part qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir à Renault s’ils veulent passer la marche supérieure. Après sa 5ème place en Allemagne, il y avait pourtant de quoi espérer.

Sainz (30 points, 11ème) : Il sauve les meubles. Alors qu’il avait superbement géré une séance de qualification pluvieuse (parti 5ème), il s’écrase totalement en course (9ème). Entre une mauvaise gestion des arrêts au stand, et des performances en demi-teinte, l’espagnol pourrait changer d’écurie plus rapidement que prévu. Et pourquoi pas à la place de Vandoorne dès le GP de Belgique ? Affaire à suivre, donc.

Haas (66 points)

Magnussen (45 points, 8ème) : Le Danois semble s’être assagi (il laisse passer sous drapeau bleu!), et cela se ressent dans ses performances. Plus constant, plus propre, il prend peu à peu le pas sur Grosjean. Cette 7ème place le récompense de son travail. Et si c’était lui, l’homme fort chez Haas ?

Grosjean (21 points, 14ème) : Si Vandoorne n’avait pas abandonné, il aurait une nouvelle fois fini hors des points. Ses performances en dents de scie vont finir par agacer son « board », et ce serait fâcheux ! Alors il faut se ressaisir, et vite, ou la FFL (Fédération Française de la Lose) ne fera qu’une bouchée de lui. Au-delà de ça, ce fut pour lui une course globalement anonyme, un coup se battant contre les Renault, puis contre les Force India.

Force India (59 points)

Il n’est pas nécessaire de faire une analyse séparée des deux pilotes, tant les performances de l’un et de l’autre sont à oublier. Alors s’il faut les dédouaner en partie (l’écurie traverse une profonde crise), leurs performances en qualif et en course sont en dessous de tout (sauf des Williams, quand même). Accrochage au départ entre Pérez (30 points, 10ème) et Ericsson, un Ocon (29 points, 12ème) très réservé et qui finit loin des points (13ème, devant son coéquipier). Il serait peut-être temps de changer d’air ? En tout cas chez Force India il y a de l’eau dans le gaz. Allez vite, direction Renault pour Esteban !

Mclaren (52 points)

Les deux pilotes ont suivi la même stratégie au niveau des pneumatiques, qui était osée, et cela a payé. Ils ont chacun gagné 5 places grâce à la valse des arrêts au stand. Alonso (44 points, 9ème) se bat comme il peut pour arracher une 8ème place, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. A tout juste 37 ans, il ne va pas continuer longtemps. La McLaren va mal, très mal. Et Vandoorne (8 points, 16ème) n’est plus du tout en odeur de sainteté du côté de Woking. Ce serait cruel d’être débarqué juste avant son GP national. Le dépassement du week-end est au crédit d’Alonso, qui dépasse Bottas dans les derniers tours. Avec un tour de retard sur le finlandais tout de même. Bon anniversaire Fernando.

Toro Rosso (28 points)

Gasly (26 points, 13ème) : Il porte l’écurie à bout de bras. Après sa démonstration à Bahrein, il nous rend une autre copie impeccable. Un pilotage fluide, mature. Il ne finit plus de nous épater. Cette performance lui fait du bien (6ème), car cela faisait longtemps qu’il n’avait plus marqué le moindre point. Il se fait seulement dépasser par Ricciardo, et il n’y a en cela rien d’étonnant. Assurément le Français du week-end !

Hartley (2 points, 19ème) : Grand Prix bien différent que celui de son coéquipier. Passé de la 8ème à la 11ème place, il échoue à convertir sa bonne séance de qualifs en points. Dommage, il en aurait bien eu besoin !

Alfa Romeo Sauber (18 points)

Les deux pilotes hors des points, et loin. Leclerc (13 points, 15ème) qui abandonne au premier des 70 tours des suites d’un accrochage. Ericsson (5 points, 17ème) qui finit devant les Williams, mais c’est tout. Rien de prometteur, rien d’encourageant. Leclerc va devoir se mouiller la nuque pendant les vacances, déjà pour éviter l’hydrocution, mais aussi car s’il veut rendre un possible départ chez Ferrari crédible, il va devoir mieux gérer la pression. Il ne faudrait pas que sa série en dehors des points perdure, après une première partie de saison tout de même bien au-dessus de ses attentes.

Williams (4 points)

La pire écurie depuis le début de la saison. Deux pilotes médiocres (il faut le dire), qui n’en finissent plus d’accumuler des erreurs en course comme en qualifs. Ils finissent bons derniers du Grand Prix. Après être parti 15ème sur la grille, Stroll (4 points, 18ème) n’a pas su gérer sa course et a même fini bon dernier, derrière son coéquipier Sirotkin (0 point, 20ème) qui lui avait démarré sa course depuis les stands. Cela ne serait pas étonnant que Williams cesse déjà le développement de cette voiture pour directement plancher sur la monoplace de 2019. La fin de saison risque d’être très longue au sein de l’écurie !

L’été devrait être animé, et cette fois-ci hors des circuits. Les rumeurs de transferts font bon train. Dans tous les cas, espérons que tous les pilotes reviendront plus motivés que jamais afin de nous proposer encore plus de spectacle. La lutte finale entre Hamilton et Vettel pour un cinquième titre risque d’être haletante jusqu’au bout, avec au milieu deux finlandais qui ne se laisseront pas faire. A très bientôt pour le GP de Belgique !

Antoine Pecchia

A propos de l'auteur

Le sport est la seule et unique chose qui me procure autant d'émotion que l'amour, sûrement parce que je suis amoureux du sport. Parfois il me le rend bien.

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