Alors que le Grand Prix des États-Unis va lancer ce weekend l'ultime bloc de la saison 2024 de F1, Lando Norris et McLaren se prennent à rêver du titre pilotes. Mais alors que Max Verstappen résiste avec une confortable avance, cette décision semble beaucoup trop tardive pour inverser la vapeur.

Dans une Formule 1 où des écuries parviennent à dominer sur plusieurs saisons de manière cyclique, les opportunités de renverser la hiérarchie ne se présentent pas en nombre. Après trois années d'hégémonie absolue de la part de Red Bull, les cartes ont été redistribuées au fil de l'année 2024. Depuis de longues semaines maintenant, l'écurie autrichienne est au second plan, et se fait dominer en termes de performances par McLaren.

Un écart encore important à combler

L'écurie britannique dispose de la meilleure monoplace du plateau, et le prouve en accumulant les résultats positifs. Ainsi, cette dernière a profité des défaillances d'un Sergio Perez plus que jamais sur le point d'être remplacé chez Red Bull pour s'emparer de la tête du classement constructeurs. Au classement pilotes, Max Verstappen a perdu une bonne partie de son avance, mais conserve toujours un bon matelas d'avance sur Lando Norris.

Avec 52 points à six Grands Prix des derniers tours de piste du calendrier, le Néerlandais a son destin entre les mains. Lando Norris va devoir cravacher pour aller détrôner le triple champion du monde. Effectivement, il doit reprendre en moyenne près de neuf points par weekend à son rival pour le surpasser, ce qui l'oblige à ne laisser filer aucune victoire.

Malgré les difficultés de la RB21, Verstappen peut se contenter de limiter la casse, comme ce fut le cas lors du Grand Prix de Singapour, où il n'a perdu que 7 points en terminant 2e.

De nombreux points laissés en route par McLaren et Lando Norris

Depuis, McLaren a publiquement annoncé qu'elle mettrait tout en œuvre dans la stratégie d'équipe pour maximiser les chances de Lando Norris de créer l'exploit. Mais en raison des faits évoqués plus haut, on peut naturellement s'interroger sur cette prise de décision tardive, à un moment où les chances se sont drastiquement réduites.

Si l'écart se resserre, et que le pilote britannique échoue à une poignée de points en fin de saison, McLaren aura de quoi se mordre les doigts. En effet, comment ne pas repenser au weekend hongrois de fin juillet ? Ce jour-là, Oscar Piastri s'était imposé devant son coéquipier après un Grand Prix mouvementé.

Le Britannique devait rendre la place de leader au brésilien en fin de Grand Prix, et s'est résigné à le faire au dernier moment, après plusieurs minutes surréalistes. À chaud, le choix était logique. Trois mois plus tard, ce sont sept points qui risquent de faire défaut à Norris pour détrôner Verstappen.

Six Grands Prix pour réaliser l'impossible

Par ailleurs, le Britannique a joué à plusieurs reprises la stratégie d'équipe à merveille. À Bakou, auteur d'une prestation parfaite en remontant de la 16e à la 4e place, il en avait également profité pour donner un coup de pouce décisif à Piastri en ralentissant les rivaux de ce dernier. Bref, les opportunités gâchées sont nombreuses.

Pour nuancer, difficile toutefois de jeter la pierre aux stratèges de l'écurie. Au début de l'été, le titre pilotes semblait déjà intouchable, tant Max Verstappen avait vampirisé les premières courses. Ce n'est qu'avec le temps qu'une ouverture s'est créée. Les Britanniques auraient pu réagir plus tôt, mais leur manque d'inspiration reste compréhensible. À eux maintenant de redoubler d'ingéniosité pour emmener leur pilote numéro un en terre promise.