Au cours des 20 dernières années, finalement peu de saisons se sont disputées âprement jusqu’au dernier Grand Prix. Il faut remonter à la saison 2016 et le sacre de Nico Rosberg pour voir un pilote titré lors de l’ultime manche. Depuis, Mercedes et Hamilton n’avaient jamais été autant inquiétés que par Max Verstappen cette année. Mais être en tête à 2 Grands Prix de l’arrivée n’est pas toujours gage de titre en fin d’année.
5 pilotes encore à la lutte, une anomalie
La saison 2010 est peut-être la plus indécise de l’histoire. Parce que le classement n’a pas cessé d’évoluer, et que le vainqueur final n’était pas le plus attendu au départ. À l’issue du Grand Prix de Corée du Sud, remporté par Alonso devant Hamilton et Massa, 5 pilotes peuvent encore mathématiquement être titrés. Alonso, Webber, Hamilton, Vettel et Button sont encore en course. Si le dernier nommé est éliminé après Interlagos, ils sont encore 4 en arrivant sur le tracé de Yas Marina. Alonso est en tête avec 246 points, devant Webber (238 points), Vettel (231 points) et Hamilton (222 points).
Red Bull, dont le désavantage est d’être deux pour une couronne, tente deux approches stratégiques différentes. Cette tactique sacrifie Webber qui s’arrête alors trop tôt, et Alonso l’imite en couvrant sa stratégie. Bloqué toute la course derrière un Petrov surprenant, l’Espagnol perd toutes ses chances de victoire. Vettel remporte la course, et sa première couronne mondiale. Un triomphe inespéré après son abandon en Corée deux week-ends plus tôt. Alonso échoue à 4 points d’un troisième titre, tandis que Webber est à peine plus loin avec 14 unités, 2 de plus que Lewis Hamilton. Un dernier Grand Prix d’anthologie qui aura vu le classement général sans cesse évoluer, pour enfin sacrer un tout jeune pilote allemand. Une saison qui ancre aussi la domination Red Bull pour quatre années.
Vettel – Alonso, on prend les mêmes…
Après une année 2011 dominée largement par Red Bull, 2012 voit de nouveau Fernando Alonso et Ferrari venir titiller Sebastian Vettel. Suite au Grand Prix d’Abu Dhabi, le 18e de la saison, il ne reste plus que deux manches pour départager l’Allemand (255 points) de l’Espagnol, qui en a 10 de moins. Kimi Räikkönen, 3e au général et vainqueur au sein de l’Émirat, est bien plus loin et n’est déjà plus en lice avec plus de 50 points de retard. Vettel reprend 3 points à Alonso aux États-Unis et arrive donc avec une avance de 13 points au général avant la dernière manche au Brésil.
Accroché lors du premier tour, Sebastian Vettel aurait bien pu tout perdre. Surtout que Fernando Alonso a tout fait pour mettre le plus de monoplaces entre lui et son concurrent, finissant deuxième derrière Button. Au prix d’une belle remontée, le pilote Red Bull finissait 6e à l’arrivée, gardant 3 points d’écart avec son grand rival. Une 3e couronne mondiale l’attendait donc à la descente de voiture. Pour Alonso, c’est une nouvelle douche froid et une nouvelle place de dauphin.
Points doublés pour un pseudo-suspens
En 2014, l’écart à l’abord du dernier Grand Prix est trompeur. Après la course au COTA, Hamilton et Mercedes sont en tête. Le titre constructeur est acquis depuis bien longtemps, et l’équipe laisse donc ses deux pilotes se bagarrer pour le trône. Le Britannique, champion du monde 2008, part à la conquête d’une nouvelle couronne et arrive au Brésil avec 24 points d’avance. Cependant, Rosberg l’emporte à Interlagos et réduit l’écart à 17 points. Mais, petite nouveauté, les points sont doublés pour le dernier Grand Prix de la saison. Une nouveauté qui sera rapidement abandonnée.
50 points sont donc distribués au vainqueur, et les calculs deviennent encore plus savants. Rosberg doit évidemment finir devant Hamilton, mais les places d’écart valent encore plus cher. Loupant son départ, Rosberg voit ses chances de titre s’envoler lorsque son système de récupération d’énergie faiblit. Il finit à un tour de Lewis Hamilton, qui peut célébrer son titre comme il se doit. Les points doublés n’auront donc eu aucune incidence sur le classement général.
Rosberg, maître de la pression ?
Dernière saison en date à avoir vu les pilotes s’écharper jusqu’au bout, la saison 2016 est la plus âpre du côté de chez Mercedes. La tension entre les deux amis d’enfance que sont Hamilton et Rosberg est à son paroxysme, le premier cherchant la moindre faille pour faire tomber le second du trône qu’il occupe à deux courses du terme. Il y arrive plutôt bien, puisqu’il triomphe au Mexique devant Rosberg et grignote un peu son retard. La course d’après, l’avant-dernière de la saison, voit un nouveau doublé Mercedes, et une nouvelle victoire du Britannique.
Finalement, tout se joue une nouvelle fois à Abu Dhabi. Avec 12 points d’avance, une seconde place suffit au fils de Keke Rosberg pour s’adjuger le titre. Longtemps torturé par son coéquipier, il sent le dénouement se rapprocher à grands pas. Qualifié en deuxième place, il conserve cette place à l’arrivée, malgré les vaines tentatives de son coéquipier pour le ralentir. Lors du dernier tiers de la course pourtant, Lewis Hamilton ne cessa de ralentir son rythme, espérant que Vettel, Verstappen et Ricciardo doublent Rosberg. Finalement, à 31 ans et pour ce qui fut sa dernière saison en Formule 1, Rosberg devient champion du monde. Un triomphe largement mérité et salué par tous, pour un pilote longtemps resté dans l’ombre de son ami. De 5 points, il inscrivait son nom au tableau des champions du monde de F1.
De toutes les luttes acharnées que l’on a déjà eu au XXIe siècle, cette bataille entre Verstappen et Hamilton pourrait bien atteindre des sommets. Parce que c’est la première fois de l’ère hybride qu’un pilote autre qu’un pilote Mercedes pousse aussi loin Hamilton, cette saison 2021 de F1 pourrait faire date. Avec 8 points d’avance à deux courses de la fin, le scénario est déjà prêt à rentrer dans les livres d’histoire.