Cyclisme

Fabio Aru chez Qhubeka ASSOS : le choix idéal ?

Eloigné des podiums de grands tours depuis 2017 et son excellent Tour de France, Fabio Aru a rejoint cet hiver la formation Qhubeka ASSOS. Arrivé à la fin de son contrat avec la formation UAE, le Sarde a décidé de s’éloigner de cette grande équipe. Dans une formation sud-africaine peu mise en lumière, il a ici une parfaite occasion de revenir au premier plan. 

Un retour d’outre tombe 

En 2018, Fabio Aru apprenait qu’il devait se faire opérer de l’artère iliaque. Comme pour beaucoup de coureurs, cette opération signifiait un arrêt brutal de son ascension. Effectuée en mars 2019, cette opération n’est pas du tout anodine. Le retour à un plein potentiel après cette intervention peut d’ailleurs prendre plusieurs années comme en atteste le long retour de Pauline Férand-Prévaut. L’exemple de la VTTiste française montre également que cette opération ne signifie pas forcément la fin d’un carrière. Toutes proportions gardées, le retour de ‘PFP’ doit surement faire figure de modèle pour le coureur Sarde.

Le Sarde a ensuite montré d’évidents signes de son talent, notamment avec une 14e place lors de la Grande Boucle 2019. 2020 aura été une année plus compliquée pour le Sarde. La raison que nous connaissons tous aujourd’hui se nomme pandémie. Avec une 10e place sur le Tour de l’Ain et une 5e sur la Mont Ventoux Dénivelé Challenge, sa reprise post-confinement n°1 était même encourageante. Il avait d’ailleurs déclaré, lors du Tour de l’Ain, se sentir de mieux et être relativement confiant sur sa capacité à revenir au meilleur niveau. Malheureusement sa chute lors de la première étape à Nice l’aura empêché de montrer ses capacités lors de ce Tour si particulier.

Un changement d’équipe bénéfique pour Aru ? 

Avec les départs de Mark Cavendish puis de Bjarne Riis, la formation Qhubeka n’est plus l’attraction médiatique qu’elle fut par le passé. Si cela peut apparaître comme un élément plutôt négatif pour le sponsor, c’est au contraire plutôt une bonne chose pour Fabio Aru. Constituée de coureurs revanchards et sauvée à la dernière minute, sa nouvelle équipe semble donc un excellent cadre pour son retour à son meilleur niveau. Il y sera d’ailleurs relativement bien accompagné avec notamment des coureurs comme Henao ou Frankiny.

Fabio Aru devrait être le leader désigné et protégé de sa formation sur les courses où s’alignera. Il semble en effet peu probable qu’il soit en concurrence avec un autre leader pour le classement général d’un Grand Tour. Si l’on aurait pu penser à Pozzovivo, l’âge et la trajectoire de ce dernier rendent l’option peu crédible. ‘Pozzo’ ferait d’ailleurs un équipier de choix pour le Sarde dans la haute montagne.

Du côté des sprinters, hormis Nizzolo sur quelques arrivées particulières, aucun coureur de la formation Qhubeka ne semble en mesure de remporter des sprints massifs face aux meilleurs mondiaux. De ce fait, il semble peu probable de voir Aru concurrencé sur une épreuve majeure par le train d’un sprinter.

Un bon choix pour l’équipe ? 

Orpheline de plusieurs de ses coureurs majeurs et en manque d’un leader pour les Grands Tours, la formation Qhubeka réalise indéniablement un coup en signant Fabio Aru. Si l’on ne connaît pas les détails de son contrat, on peut toutefois penser qu’avec ses saisons ratées, le Sarde n’a pas été particulièrement gourmand sur son salaire. De plus, avec les attentes qui pèsent sur son retour et sa notoriété, la formation sud-africaine s’offre également une certaine exposition médiatique. Une exposition qui n’est pas sans intérêt du point de point de vue du sponsor. Si les résultats suivent, on pourra alors conclure que cette signature était un coup parfait pour l’équipe.

Les premiers jours de course : quelles conclusions (hâtives) en tirer ? 

Après un stage avec l’équipe italienne de cyclocross, Fabio Aru a entamé sa saison par un enchainement Tour de la Provence, Tour du Haut-Var. Très rapidement distancé dans l’ascension du Ventoux, le Sarde a montré ses limites du moment. 22e de la montée dans le même temps que Rossetto ou Samitier, il n’a clairement pas rassuré sur son état de forme.

Dans le Var, son manque de jus semblait évident. Rien donc d’étonnant à le voir terminer loin, à plus de 6 minutes du vainqueur au classement général. Un peu juste dans les dernières ascensions de la Faun Ardèche Classic, le Sarde a montré une belle forme sur la Royal Bernanrd Drôme Classic avec un tempérament offensif qu’on ne lui avait plus vu depuis quelques temps.  Les signaux qu’il renvoie ce début de saison ne sont donc pas particulièrement rassurants.

Il reste toutefois difficile de tirer des conclusions de ces épreuves tant les formes et les préparations peuvent évoluer en 3 mois. Si l’on ne sait pas encore quel sera son programme à court terme, une pause avec un long stage (peut être à Teide) semble le plus probable pour le Sarde. En effet, sa préparation avec l’équipe nationale de cyclo-cross l’aura surement privé de kilomètres qui lui seront assurément nécessaires afin d’être fin prêt au moment de ses échéances principales.

Un mot de l’intéressé 

Interrogé à notre micro avant de le départ de la Royal Bernard Drôme Classic, le Sarde se montrait plus que prudent : ” Je ne sais pas encore quel sera mon objectif principal cette saison. Je ne suis pas réellement sur de ma forme par contre je sens que jour après jour je vais de mieux en mieux. “

Avec seulement une année de contrat devant lui, Fabio Aru joue selon toute vraisemblance son avenir cette saison. En effet, si une année réussie pourrait refaire de lui un prétendant à une couronne finale dans un Grand Tour, une année manquée pourrait bien signer le glas de ses ambitions dans le domaine et lui ouvrir la voie à un avenir proche de celui de Louis Mentjies. 

photo en une : be-celt
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