Buteur la nuit dernière contre l’Uruguay dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2022 au Qatar, Rodrigo de Paul est un joueur clé de l’Albiceleste. Le vainqueur de la Copa América en juillet dernier continue son ascension, avec l’image d’un joueur qui a la tête sur les épaules. Son parcours, sa personnalité, retour sur le chemin qu’il s’est tracé.

“Un volume de jeu intéressant”, “fort techniquement”, “hargneux”, tels sont les mots qui ressortent en décrivant le joueur. “Discret”, “s’entend bien avec ses coéquipiers”, s’adapte facilement” quand l’homme est évoqué. Rodrigo de Paul, c’est le type de footballeur à faire les efforts sur le terrain sans rechigner, capable de créer des différences sur 90 minutes tout en étant irréprochable au sein d’un vestiaire. Ce n’est sans doute pas un hasard si son profil a tapé dans l’œil des dirigeants de l’Atlético Madrid.

À l’Atlético, il digère le fonctionnement d’El Cholo

Cet été, les Colchoneros ont investi 35 millions sur le milieu de terrain argentin. L’arrivée du joueur de 27 ans, aux allures de soldat avec sa coupe de militaire, a pourtant fait débat. Abdul, supporter, raconte : “On a une discussion de groupe sur les réseaux avec les fans de l’Atlético. Sa venue a fait du bruit et les avis sont très mitigés. Il y a du positif tandis que d’autres n’y croient pas du tout.”

Après deux mois de compétition, Rodrigo de Paul en est au stade de l’adaptation dans un club où les exigences de Simeone demandent du temps. « On sent sa motivation, il montre de belles choses mais il doit encore progresser sur l’aspect défensif, détaille Abdul. C’est trop tôt pour tirer des conclusions. Pour l’instant il est derrière Koke et Kondogbia. Et si on compare, le Français a vraiment mis du temps avant de répondre aux attentes de Simeone, un peu comme Lemar.” Le numéro 5 essaye, en attendant, de grappiller des minutes, lui qui a joué sept matches de Liga dont deux dans leur intégralité.

Au Racing Club à Valence, il a prouvé et fait ses armes

Le natif de Sarandí, en Argentine, a toujours eu un statut à assumer : celui du joueur qui se démarque techniquement, physiquement et mentalement. La solution devait provenir de son pied droit. C’était déjà le cas au Racing Club, son club formateur, de 2012 à 2014. “Il avait une capacité d’élimination, un style box to box qui lui promettaient un avenir en Europe”, se souvient Benoît co-fondateur de la filiale Racing Club en France.

Positionné en milieu offensif ou sur un côté, Rodrigo de Paul est le prototype du joueur complet. Les attentes placées en lui existent mais elles sont moins présentes que chez certains de ses coéquipiers. “Dans cette génération 1993-1994, un Luciano Vietto allait devenir un crack sur le Vieux Continent, note Benoît. Et pourtant 7 ans après le constat n’est pas le même.” Actuellement, l’un semble être au pic de sa forme tandis que l’autre évolue en Arabie saoudite à Al-Hilal.

Pourtant, ils ont rejoint l’Espagne au même moment. Plus exactement à l’été 2014. Luciano Vietto y bataille quatre ans sans jamais vraiment convaincre. L’aventure de Rodrigo de Paul, du côté de Valence, est plus expéditive. En une saison et demie, il dispute une trentaine de rencontres en Liga. Une explication à tout cela ? Celle d’une concurrence féroce souligne Vicente, community manager du groupe de supporters Valencia France : “Nuno Santo, l’entraîneur, ne lui faisait pas tellement confiance, rappelle-t-il. Il était barré aussi par un trio qui a très bien fonctionné cette année (2014-2015) avec Javi Fuego, Dani Parejo et André Gomes. Ajoutez l’arrivée d’Enzo Pérez et Rodrigo est logiquement allé trouver du temps ailleurs.”

D’Udinese à l’Albiceleste, il s’est imposé

Pour le gamin de 21 ans, cette première expérience européenne en entraîne rapidement une deuxième. À l’été 2016, Udinese le recrute pour 10 millions d’euros. Un pari qui va s’avérer payant. L’Argentin prend les clés de la boutique et fait rapidement l’unanimité dans le Frioul. Sa polyvalence dans l’entrejeu lui permet de débloquer ses statistiques en terminant deux fois dans le top 10 des meilleurs passeurs du championnat italien. Un fait notable dans une équipe qui figurait parmi les pires attaques de Serie A.

 

En parallèle, ses performances en club lui ouvrent les portes de la sélection. Il l'a rejoint en octobre 2018 pour en devenir quelques mois plus tard un joueur essentiel aux côtés de Leandro Paredes, au point même d’intégrer l’équipe type de la Copa América cet été. Prochain objectif pour Rodrigo de Paul : la Ligue des champions, l’un des rares terrains de jeu où il n’a pas encore brillé.

Crédit photo : Instagram Rodrigo de Paul