Au terme d’une saison 2022 record, Max Verstappen a conservé son titre mondial avec une maîtrise de tous les instants. La domination du Néerlandais a aussi permis à Red Bull de retrouver le haut du classement au championnat par équipes. Malgré la petite déception de ne pas voir Sergio Pérez réaliser le doublé au général, le bilan des Autrichiens est forcément très positif. Les hommes de Christian Horner seront forcément les favoris à leur propre succession en espérant que les petites tensions de fin de saison ne ressurgissent pas sur le devant de la scène au retour de l’hiver.

 

Red Bull Racing (champion constructeurs 2022, 759 points) : le Taureau a maté la concurrence

205 points d’avance sur son dauphin, Red Bull n’a jamais été inquiété par Ferrari. Revenu sur le devant de la scène en début de saison, les Italiens n’ont pas tenu la distance face à Max Verstappen et son équipe. Il faut dire que le rythme infernal proposé par le collectif des Autrichiens n’a permis à n’importe quelle équipe de les suivre. Avec 17 week-ends à plus de 30 points inscrits, les hommes d’Helmut Marko ont rapidement empoché le titre constructeurs après lequel ils couraient depuis presque 10 ans (le dernier en 2013 avec Sebastian Vettel et Mark Webber). Parfaitement conçue, la Red Bull version 2022 a permis à ses utilisateurs d’être rapides sur n’importe quel type de circuits et par toutes les conditions météorologiques.

Imbattable en piste, l’écurie de Milton Keynes a dû gérer les affaires extérieures à la course. Premièrement, ils ont dépassé les restrictions budgétaires en 2021 de plusieurs millions d’euros. Une sanction financière et sportive a été décidée par les commissaires qui s’occupent de ce dossier mais la décision a fait polémique dans le paddock. Red Bull estimant qu’elle était trop sévère alors que ses rivaux demandaient une peine plus lourde. Ensuite, la célèbre marque de boisson énergisante a perdu son fondateur : Dietrich Mateschitz. Pour lui rendre hommage, Max Verstappen a remporté le Grand Prix des Etats-Unis, à Austin, le lendemain. Enfin, les tensions apparentes entre les deux coéquipiers en fin de saison ont prouvé que tout n’était pas rose chez les champions du monde. Au Brésil, Max Verstappen n’avait pas laissé sa 6e place à Sergio Pérez en lutte pour la deuxième place du championnat. Le Néerlandais s’était “vengé” de la qualification du Grand Prix de Monaco, en mai dernier, où le Méxicain aurait fait exprès de provoquer un drapeau jaune pour conserver sa première ligne. Double champion du monde, Red Bull ne semble pas avoir de grandes failles mais attention à ce que celles qui sont apparues en fin de saison ne s’accentuent pas pendant l’hiver.

 

Max Verstappen (champion pilotes 2022, 454 points) : Super Max en mode record

Max Verstappen célébrant avec toute son équipe son deuxième titre de champion du monde. © Red Bull.

Quel qualificatif utilisé pour un tel accomplissement ? En 2022, Max Verstappen n’a pas été que dominateur, il a été intouchable au sens propre du terme. Imbattable quand il était en tête de la course, le Néerlandais a su calmer ses ardeurs pour toujours inscrire des points précieux au championnat. Plus mature qu’il y a quelques années, le champion du monde en titre n’a rien perdu de son talent pour aller décrocher une deuxième couronne mondiale. Vainqueur de 15 courses sur 23, le Batave a battu de deux unités le record précédemment co-détenu par Sebastian Vettel et Michael Schumacher (13 victoires sur une saison). S’il n’y a rien à dire sur le Max Verstappen pilote, le côté humain du désormais double champion du monde ne plaît toujours pas à tout le monde. En cause par exemple, les messages radios du leader de chez Red Bull lorsque que quelque chose ne va pas. Par exemple, à Austin, après un arrêt interminable de plus de 11 secondes, Super Max n’a pas été tendre alors qu’il avait en main une voiture ultra performante qui lui a permis de gagner le Grand Prix. Mais c’est aussi ça qui fait le charme de Max Verstappen, son incessante envie que tout soit parfait. En 2022, en piste, lui l’aura été.

 

Sergio Pérez (3e, 305 points) : Red Bull a trouvé son Valtteri Bottas 

Trop longtemps, Max Verstappen était esseulé devant, contraint de se battre face à deux Mercedes. Mais depuis l’arrivée de Sergio Pérez à ses côtés, le Néerlandais a trouvé un coéquipier capable d’être proche de lui, de le protéger de ses poursuivants et de jouer sur plusieurs stratégies différentes pour gagner. Ce n’est pas sans rappeler un autre duo emblématique de ces dernières années, Lewis Hamilton et Valtteri Bottas. Bien qu’il ait sans cesse affiché son ambition d’être champion du monde, le Finlandais a toujours roulé dans l’ombre du septuple champion du monde. Et c’est aussi ce qu’il est en train de se passer avec l’idole du peuple mexicain. Vainqueur à deux reprises cette saison, le porteur du N°11 a connu son heure de gloire dans les rues étroites de Monaco. Un succès en principauté qui est intervenu quelques jours après sa prolongation chez Red Bull pour la saison prochaine. Très constant, Sergio Pérez a manqué de seulement 3 points la deuxième place de Charles Leclerc qui aurait permis à Red Bull de faire un doublé historique au championnat pilotes. Pas aidé par Max Verstappen en fin de saison, le Mexicain a montré tout son agacement à la sortie du GP du Brésil. “On voit vraiment qui il est”, avait-il notamment lâché à la radio. Voyant qu’il ne possède pas le soutien du double champion du monde, Sergio Pérez pourrait plus s’affirmer l’an prochain afin de concurrencer l’hégémonie du Néerlandais. Mais il serait étonnant que Red Bull accepte cette petite lutte interne s’il doit y en avoir une. 

 

Saison 2023 : à la conquête du triplé 

Ferrari va revenir, Mercedes aussi mais Red Bull est d’ores et déjà l’immense favori à sa propre succession. L’écurie autrichienne, malgré sa restriction d’utilisation de la soufflerie, semble avoir assez d’avance pour limiter l’effet de la peine. Avec un Max Verstappen en quête d’une troisième couronne mondiale, les hommes de Christian Horner vont accompagner au mieux le Néerlandais pour qu’il y arrive. Parmi les rares interrogations entourant les Autrichiens, reste la question de Sergio Pérez. Le Méxicain jouera-t-il plus personnellement l’an prochain après la perte de la deuxième place au championnat ? Helmut Marko va devoir trouver les bons mots pour mettre au clair cette situation, si ce n’est pas déjà fait. Il serait étonnant, voire illogique, de mettre les deux hommes sur le même pied d’égalité car Max Verstappen est un leader naturel qui représente le passé, le présent et surtout le futur de l’équipe. Un avenir qui pourrait être glorieux si le Batave continue sur ce rythme infernal.