Steven Gerrard a une occasion en or d'offrir le titre à Liverpool sur un plateau. Alors que les Reds reçoivent des Wolves qui n'ont plus rien à jouer, lui se déplace à City, qui compte toujours un point d'avance. Si ses Vilans sont en roue libre, il voudra à tout prix climatiser l'Ethiad Stadium et permettre à son club de toujours de remporter un titre de champion qui lui a toujours échappé du coté d'Anfield. 

S'il ne marchera jamais seul, toujours accompagné par son peuple rouge, la réciproque est également vraie. D'ailleurs, il y a fort à parier qu'une fois que Jurgen Klopp dira stop, Steven Gerrard reprenne une place qui lui est vouée. Coacher les Reds, après avoir effectué toute sa carrière sous ce maillot, est la suite logique des choses. Il ne s'en est d'ailleurs jamais caché. Après les Rangers, Aston Villa est un moyen de prendre de la bouteille en Premier League avant d'attaquer les choses sérieuses : emmener, en tant qu'entraîneur, Liverpool, là où il n'a jamais pu le faire en tant que joueur. Champion d'Europe 2005, il n'a en revanche jamais décroché de titre de champion.

Une mission compliquée 

Pour cela, il faudra embêter City à Manchester, en espérant que Liverpool face mieux de son coté. Si les Reds, dans un Anfield qui s'annonce incandescent, devraient avoir les moyens de finir l'exercice 2021-2022 en beauté sur les bords de la Mersey avant d'attaquer la finale de la Ligue des Champions, voir City tomber à la maison est bien plus délicat. Avec seulement 3 défaites et 24 buts concédés en 37 journées, la bande à Pep Guardiola est un véritable rouleau compresseur sur le plan national. Bredouilles à l'heure actuelle, les Citizens ne devront pas craquer sous peine de réaliser une saison blanche, bien loin des objectifs annoncés à l'été.

Impériaux à la maison, les coéquipiers de Kevin De Bruyne vont être difficiles à déloger. Seul Tottenham est venu s'imposer dans le nord de l'Angleterre cette saison en Premier League. A l'inverse, Aston Villa à l'extérieur n'est pas gage de sécurité. Avec seulement 22pts en 18 matchs, ils ne sont que la 10ème meilleure équipe du championnat hors de leur base.

Le point positif ? Hormis une défaite contre Liverpool il y a une dizaine de jours, les Vilans restent sur deux succès et trois nuls. Le moral est plutôt au beau fixe du coté du club de Birmingham, qui arrivera à Manchester totalement décomplexé.

Laver l'affront

Et puis, sur un plan personnel, Steve G ne s'est jamais totalement remis de ce 27 avril 2014. Cette maudite glissade qui a permis à Chelsea et Demba Ba de s'imposer à Anfield et laisser filer City vers le titre. Si bien entendu, les fans des Reds n'en sont pas venus à haïr leur chouchou, ils l'ont longtemps eu en travers de la gorge. L'occasion est belle, 8 ans plus tard, d'offrir sur un plateau le titre à son club de cœur. Lui, l'emblème de Liverpool, joueur le plus capé de l'histoire du club avec pas moins de 710 apparitions, celui qui a conduit les Reds au miracle d'Istanbul en 2005. Celui qui a décroché 5 coupes sur le plan national, 4 sur le plan continental.

Un moment qui l'a marqué, à vie : “C'était un moment brutal et cruel dans ma vie. Je l'ai rangé dans un coin de ma tête, mais ça revient, tout le temps. Qu'est-ce qui le déclenche ? Je ne sais pas. La télé, les images. Juste moi en réfléchissant. Votre carrière vous amène aussi à vivre des moments compliqués. Ce serait facile de soulever le tapis, de tout pousser en dessous et de ne plus jamais y penser. Mais je pense que ce ne sera jamais le cas. Je sais que non seulement cela m'a fait mal, mais aussi à beaucoup de gens qui avaient suivi ce club pendant de très nombreuses années.”

Il a donc une belle occasion de gommer une partie de cette anomalie. Si cela ne se rajoutera pas à son palmarès, au fond de lui, il est évident qu'il prendrait un malin plaisir à satisfaire ses anciens fans. Nul doute qu'au moment de rentrer sur la pelouse de l'Ethiad, une mission l'animera: aider Liverpool a devenir champion d'Angleterre. 

Crédit photo : Onze Mondial