NBA

Gobert, grandes ambitions

Il sort d'un EuroBasket rageant. Venu pour décrocher l'or avec ses potes en sélection, Rudy Gobert est reparti frustré d'Allemagne, où les Bleus n'ont décroché “que” l'argent, après avoir déjà perdu la finale des Jeux Olympiques l'année dernière. Mécontent du résultat mais encore plus de ses prestations globales, il est revanchard au possible pour cette saison 2022-2023 de NBA qui arrive à grands pas. Il ne se fixe aucune limite au sein de sa nouvelle franchise des Timberwolves du Minnesota. 

Il avait déjà annoncé la couleur lors de son trade, il n'a clairement pas changé son fusil d'épaule : Rudy Gobert arrive à Minneapolis plus remonté que jamais. Avec l'ambition d'emmener ces jeunes loups le plus haut possible. ” Je suis enthousiasmé par cette nouvelle aventure, par l'équipe très talentueuse et par ce que nous pouvons faire. Le plus important pour moi est de continuer à grandir, d'être le meilleur leader possible et évidemment de gagner.”  Il ne se cache pas, et ses déclarations lors du media day organisé cette semaine Outre-Atlantique le prouvent. Gobert vise le titre, ni plus ni moins. Reste maintenant à le démontrer sur le terrain.

“Cette équipe n’a pas de limite”

Il n'y va pas avec le dos de la cuillère notre Rudy national. Plutôt satisfait de tourner la page du marasme Jazz, où l'ambiance était invivable depuis l'affaire du Covid, le pivot affiche un grand sourire au moment d'évoquer l'effectif au sein duquel il sera bien accompagné. ” Pour moi cette équipe n’a pas de limite. Quand on regarde le roster, le talent qu’il a, c’est incroyable. J’ai de la chance d’être entouré de gars qui peuvent tout faire. Maintenant, on doit prendre les bonnes habitudes, travailler, et s’améliorer tous les jours. ” Il est vrai qu'avec un Karl-Anthony Towns, sans doute le meilleur shooter big men de la ligue dans la force de l'âge, un Anthony Edwards qui a plus que confirmé son année de rookie et un D-Lo toujours là pour régaler, il y a, sur le papier, un beau 5 de départ.

Dans sa nouvelle équipe, Gobert aura en tout cas un rôle bien plus central que celui qu'il avait du coté de Salt Lake City, où il était réduit à un vulgaire défenseur (tout de même trois fois défenseur de l'année en NBA). Cette saison, il aura une utilisation bien plus large. ” On a beaucoup parlé avec (l'entraîneur) Chris Finch, sur ce que je peux apporterJe compte être le meilleur possible des deux côtés du terrain. Il va savoir faire fonctionner tout ça. Que ce soit en attaque ou en défense, j'aime déjà la façon dont il veut m'utiliser. ” Surtout, c'est offensivement que Gobzilla va pouvoir sans doute plus s'affirmer. Bien qu'il ait parfois montré ses limites de ce côté du parquet, lui reste confiant, comme son coach lui a avoué.  “Ce sont des choses dont on a parlé, que ce soit le jeu en tête de raquette, le main-à-main, ma façon d’attaquer, de trouver mes coéquipiers, des shooteurs ouverts. Ce sont des choses que nous verrons je pense. Bien sûr, je vais toujours poser des écrans et tout le reste, parce que je pense que c’est ce qui nous rendra encore meilleurs offensivement. Mais en gros, je ferai tout ce dont l’équipe a besoin de moi.”

D-Lo – Gobert, cocktail explosif 

Si bien entendu Rudy Gobert s'est mis au diapason en qualifiant Karl-Anthony Towns de joueur dominant, il s'est surtout sans doute trouvé un petit compagnon de jeu avec lequel il pourrait faire des ravages : D'Angelo Russell, grand adepte du pick and roll, et formidable passeur, comme a pu le constater le natif de Saint-Quentin : “D’Angelo ? Il peut tout voir. Il y a des moments où je ne savais pas qu’il m’avait vu (sur une action), mais c’était le cas. C’est très impressionnant et je suis impatient.”

Du coté de ses nouveaux coéquipiers, tous semblent également séduits par ce que peut apporter Gobert à cet effectif. A commencer par D-Lo lui-même, qui lui a rendu la pareille : “Rudy, vous savez qu’il va dominer le match défensivement. Cet équilibre à lui seul fait des merveilles pour notre équipe. Pour ma part, j’ai toujours réalisé que si vous mettez un shooteur et un roller (joueur qui déroule vers le panier sur pick & roll) à côté de moi, je peux rendre le jeu plus facile pour tout le monde. Je suis impatient d’apporter cela à l’équipe.  La dynamique va probablement lui sembler un peu étrangère, mais je pense qu’une fois que nous aurons du succès et que nous verrons quelles sont nos fondations, tout se mettra en place et tout se fera en douceur au lieu de forcer les choses et de créer quelque chose à partir de rien.  Quand il est en confiance, il détruit le jeu. Il va apporter tellement, je suis tellement excité. ” Si ça, ce n'est pas une déclaration d'amour !

Pour KAT, le mélange de deux big men forts offensivement et défensivement va permettre à la raquette des Wolves de se compléter, et donc d'être l'une des meilleures de la ligue : ” Je pense que Rudy est l’un des meilleurs joueurs défensifs qu’on a pu voir en NBA. Il a le palmarès pour le prouver. Et je pense que je suis l’un des plus grands talents offensifs que la NBA a pu voir. Ensemble, cela nous donne beaucoup de talent à utiliser.”

Anthony Edwards n'est lui, pas inquiet avec tout ce beau monde sur le parquet : “Je ne suis même pas inquiet de savoir où je me situe offensivement quand D’Lo a le ballon. Tant que Rudy est sur le terrain avec lui, je pense que nous sommes entre de bonnes mains.” Simple, efficace.

Le Jazz, un souvenir 

Avec ce déménagement, Rudy Gobert va surtout pouvoir passer à autre chose. Au sein d'une franchise qui ne lui faisait plus réellement confiance et où il était vivement décrié, il avait, semble-t-il, fait le tour de la question. Surtout, il en était réduit à être un joueur lambda, et n'était plus impliqué au sein de l'équipe. C'est d'ailleurs lui-même qui le résume de cette façon.  “Au cours de ma carrière, je n’ai pas joué avec un autre grand. On jouait plutôt avec quatre arrières-ailiers, ce qui nous permettait d’espacer le terrain. C’était un style de basket avec lequel on a connu beaucoup de succès au fil des années. Maintenant, j’ai toujours aimé jouer avec un autre intérieur dominant, parce que j’ai toujours pensé que je pourrais aussi passer, et être capable de jouer sur du ‘short-roll’, ou être dans des situations dans lesquelles on ne m’a pas forcément vu ces dernières années, mais je peux rendre mes coéquipiers meilleurs.”

A lui de le démontrer, car cela reste encore à prouver. Mais en tout cas, à Minneapolis, Gobert arrive au sein d'une franchise prête à lui donner les clés (ou au moins le double) du camion. Les Wolves le voulaient, pour en faire une pierre angulaire de leur système. Il n'est donc pas là par défaut.

Une nouvelle vie va bientôt prendre forme pour Rudy Gobert. Dans un petit peu plus de deux semaines, le pivot Français va découvrir la deuxième franchise de sa carrière et redonner un second souffle à son aventure NBA. Sur le papier, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Maintenant, seul le terrain rétablira la vérité. En tout cas Gobert et les siens ne manquent pas d'ambitions. Vite, que la saison commence ! 

Crédit photo : Canis Hoopus


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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