Grande Rougadore #1: Kylian M’Bappé, le K décolle

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Nouvelle chronique aujourd’hui, comme pour la Serie A et la Premier League, nous vous avons demandé d’élire notre Grande Rougadore, celui qui a tout explosé ce week-end. Pour cette 9e journée, vous aviez le choix entre Jonathan Bamba (LOSC), François Kamano (Bordeaux), Lebo Mothiba (Strasbourg) et Kylian M’Bappé. Sans surprise c’est l’ailier droit des Bleus que vous avez décidé de mettre à l’honneur, alors c’est parti pour notre premier Grande Rougadore de la saison !

Si on voulait être tatillon, on dirait qu’il a mis 45 minutes à vraiment rentrer dans son match. À l’image de son équipe d’ailleurs, qui a subi le jeu lyonnais en première période, 63% de possession de balle pour les Gones au Parc, une anomalie face à ce PSG-là. M’Bappé a quand même le mérite de provoquer le penalty marqué par Neymar, qui permet à son équipe de rentrer au vestiaire avec l’avantage au score. A la 8e minute, le Parisien supersonique déboule, et Anthony Lopes, le gardien lyonnais vient à sa rencontre. On pense alors à un remake du match précédent entre les deux équipes, où le jeune parisien avait dû sortir sur blessure après un choc violent avec le portier portugais, mais pas cette fois-ci. Le jeune homme se débarrasse astucieusement du ballon juste avant que Lopes ne vienne le percuter de plein fouet au niveau des jambes, sur une sortie aussi peu maîtrisée qu’utile. Pas de commotion cérébrale donc, mais un penalty transformé tranquillement par son coéquipier brésilien.
M’Bappé multiplie ensuite les appels et les actions, mais ni son centre pour ses deux compères d’attaque, Cavani et Neymar, ni sa frappe contrée par Ferland Mendy ne font mouche. En toute fin de période, il tente quand même d’obtenir une seconde fois une faute dans la surface. À la lutte avec Tanguy N’Dombele, il s’écroule, mais son auto croc-en-jambe ne trompe pas M. Gautier. Entre temps, Edinson Cavani a fait les frais du carton rouge reçu par Presnel Kimpembe, et est remplacé par Tino Kehrer, laissant tout le front de l’attaque aux deux flèches.

Une deuxième période qui change tout

En un quart d’heure, après le retour des vestiaires, le Français aura quatre face à face à jouer. Trois finiront sur Lopes, et le poteau droit du gardien portugais sauvera le quatrième. On se demande alors si le jeune ailier ne va pas finir par perdre son match dans le match contre le portier lyonnais…
La réflexion aura duré une minute à peine, soit le temps qui s’est écoulé entre la dernière occasion manquée et le but de l’attaquant de 19 ans à la 61e minute. Le ballon a eu beau toucher deux fois les montants, il est rentré.
Puis vint l’inexplicable, trois pions de plus en 13 minutes pour le prodige du PSG, donnant cinq buts d’avance à son club. Un score qui n’illustre en rien la performance lyonnaise, mais qui est symptomatique du talent du jeune homme : si on a le malheur de lui laisser quinze centimètres d’espace dans une défense, vous pouvez être sûr qu’il la transpercera de part en part. Il a transformé un problème de replacement de la défense lyonnaise, en une multitude de carences défensives, toutes plus visibles les unes que les autres.
Car oui, même si un quadruplé en 13 minutes relève de l’irrationnel, certaines explications peuvent tout de même être avancées.
Dans un premier temps déjà, le fait que l’absence de Cavani lui laisse un immense champ libre pour faire parler sa vitesse. Ça aurait pu (dû ?) être un désavantage pour l’attaque parisienne, ça n’a fait que donner plus de latitudes aux deux extra-terrestres que sont Neymar et M’Bappé. Chacun sur leur côté, ils étaient alors libres de repiquer quand ils le souhaitaient, sans avoir peur de marcher sur les pieds de leur goleador uruguayen. Non pas que la présence de Cavani bride la fougue de ses deux ailiers, mais son absence conjuguée à celles des lyonnais a permis aux deux compères d’avoir le champ complètement libre.

Merci qui? Merci Jason et Morel

En effet, si M’Bappé a pu faire profiter tout le Parc de son talent hier, c’est aussi car le marquage s’est quelque peu desserré au bout d’une heure. Les Lyonnais avaient choisi de jouer les coups à fond et de tenter l’inimaginable : revenir sur ce PSG. On y a tous cru pendant quarante-cinq minutes, puis le début de la seconde période nous a fait nous dire que si Lyon obtenait un résultat, il le devrait surtout à son gardien.
Genesio avait décidé de ne pas suppléer Lucas Tousart, expulsé juste avant la pause, et donc de laisser le néo-international A N’Dombele s’occuper de tout, tout seul. De leur côté, ses joueurs avaient décidé de jouer comme depuis le début de la partie, sans rien changer au plan initial, avec des latéraux haut et en jouant le plus offensif possible. Seulement, avec un seul milieu de terrain pour casser les contres adverses et suppléer les absences de ses partenaires, Lyon a pris l’eau en contre, malgré un N’Dombele qui ne se régale jamais autant que dans ce genre de match. Des intentions louables, donc, côté Gones, mais surtout presque naïves, voire carrément suicidaires.
Le résultat on le connaît : alors qu’il a récemment été critiqué, M’Bappé prend encore toute la lumière.
La même question revient alors sans cesse, mais où ce gamin s’arrêtera-t-il ? Comment est-ce encore possible que l’on soit étonné par ses exploits quand à chaque sortie ou presque, il rappelle qu’il n’est définitivement pas comme les autres ? Jusqu’où le PSG peut-il rêver avec un tel joueur dans ses rangs ? Combien de temps pourra-t-il le garder si le club continue à échouer sur la scène européenne ?
Et surtout, la plus importante, pourra-t-on parler un jour d’un autre joueur, ou est-on condamné à la rédaction de We-Sport à le sacrer Grande Rougadore du week-end à chaque fois ? En cas de quadruplé hebdomadaire, on risque de ne pas avoir le choix !

Pour finir, on vous met quelques tweets sur la performance du soir:

C’est tout pour aujourd’hui, on revient dans deux semaines avec un nouveau joueur à l’honneur. D’ici là « Kyky » va aller faire parler son talent en Bleu, face à l’Islande puis l’Allemagne. Au vu des carences défensives affichées en Nations League par les Strákarnir okkar, il pourrait bien continuer à planter. Vous le retrouverez de toute façon ici dans quelques semaines à l’occasion d’un focus sur les trente joueurs nommés pour le Ballon d’or.

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