Il a finalement fait machine arrière. Ou a fait un sacré pied de nez à la fédération Française de basket. Toujours est-il que Thomas Heurtel, fraîchement médaillé d'argent avec les Bleus à l'EuroBasket 2022 vient de s'engager avec le club Russe du Zénith Saint-Petersbourg, alors qu'il avait signé une charte de non-engagement avec un club Russe (du fait du conflit en Ukraine), il y a tout juste un mois, avant l'Euro.. De quoi sérieusement mettre en péril son avenir sous le maillot tricolore.
Certains s'en doutaient, d'autres préféraient ne pas l'imaginer. Mais Thomas Heurtel s'est bien engagé en Russie, alors qu'il avait lui-même indiqué, par la charte qu'il a signé auprès de la Fédé, qu'il ne le ferait pas… Mais c'était juste le temps de disputer l'EuroBasket. Aujourd'hui, le meneur s'est engagé pour un an, plus une autre en option. De quoi faire crisser quelques dents.
Pas d'Euroleague, plus d'Equipe de France
Si le Zénith reste un club majeur du continent, pourtant, il sera privé de Coupe d'Europe cette année encore, comme tous les clubs Russes et Biélorusses. Heurtel, comme Louis Labeyrie (Unics Kazan) et Livio Jean-Charles (CSKA Moscou) disputera donc uniquement la VTB United League. Le choix est donc sans doute un choix financier, ce qui reste respectable. Mais après un EuroBasket de grande facture, c'est tout de même rageant de voir un joueur de son envergure ne pas disputer la plus prestigieuse des compétitions Européenne, lui qui a connu quelques saisons galères ces derniers temps, entre mise à l'écart du Réal et rejet du FC Barcelone.
Son avenir en Equipe de France semble également désormais bouché. Si la Fédération Française de Basket n'a pas encore réagi, nul doute que ce coup de Trafalgar risque de ne pas passer. Heurtel ne pourra de toute façon quoi qu'il arrive pas disputer la Coupe du Monde l'été prochain, puisqu'il sera sous contrat avec le club Russe. Et pour les JO, reste à voir si le fait d'avoir joué en Russie la saison précédente peut lui boucher l'accès à la sélection. Mais quoi qu'il arrive, vu l'entourloupe faite par l'ancien de l'ASVEL, il y a fort à parier que Jean-Pierre Siutat et Vincent Collet lui-même décident de ne plus le sélectionner. Car même si l'éventualité qu'Heurtel signe après l'Euro existait, le fait que le joueur ne la joue pas réglo et affirme contre vent et marrée qu'il n'y avait plus de contact avec le club Russe démontre un manque de sincérité.
Qui pour lui succéder?
L'un des hommes forts du sélectionneur vient peut-être de mettre lui-même un terme à son histoire sous le maillot Bleu. Et alors que la France se veut ambitieuse pour les deux prochaines grosses échéances (Mondial 2023 au Japon, Jeux Olympiques 2024 à la maison à Paris), il va falloir lui trouver un successeur digne de ce nom. Car sans Heurtel, 6ème homme de cette équipe durant l'Euro, l'équipe de France ne serait sans doute pas allée jusqu'en finale. Avec 10.4pts et 7.6asts par match en moyenne, il a été l'un des grands bonhommes du bon parcours de son équipe.
Et alors que la relève tarde à s'affirmer à la mène (Ntilikina, Malédon, Hayes), il va falloir trouver des solutions pour Vincent Collet. Le retour de Nando De Colo, capable de jouer poste 1, pour les prochaines échéances soulagera le groupe de tout un poids. Avec Albicy et Ntilikina pour jouer les rocs défensifs, il manque donc un créateur à Collet pour prendre la suite de Thomas Heurtel. Théo Malédon, qui n'a pratiquement pas joué de l'Euro, doit s'affirmer à OKC. Il a les épaules pour. A lui de prendre ses responsabilités. Il a désormais un boulevard pour devenir le maître à jouer de sa sélection.
Si la décision de Thomas Heurtel de s'engager avec le Zénith Sait-Petersbourg n'a pas forcément surpris, elle entérine en revanche son histoire avec les Bleus. Place désormais à l'avenir, et cet avenir, avec en point d'orgue les JO à Paris, il se fera sans Heurtel et son célèbre short.
Crédit photo : Basket Actu