Les victoires au Tour de France, au Giro, et à la Vuelta, ils les ont. Le monopole dans le peloton, par contre, ils ne l’ont plus. Les coureurs d’Ineos Grenadiers ne sont plus les seuls à pouvoir rêver de grands tours. Mais ils gardent des objectifs bien précis.
Il y a peu d’équipes qui ont fait de l’ombre à Ineos Grenadiers. La formation britannique – seule équipe WorldTour du Royaume-Uni – a connu la gloire dès 2011. Un an après son arrivée dans le peloton. Pourtant, depuis deux ans, les anciens “Sky” ne sont plus les seuls maîtres de la course. Les trains de coureurs de Jumbo-Visma, ou du Team Emirates se mettent en place. Ils affaiblissent petit à petit le train légendaire du Team Ineos. De quoi questionner leur avenir.
10 ans de domination
Il y a une habitude que l’équipe va avoir du mal à laisser aux autres. Cette habitude, c’est de gagner un grand tour tous les ans, voire plusieurs. Depuis 2011, au moins un coureur de la formation a remporté un grand tour, sauf en 2014 – année où Christopher Froome a abandonné alors que le Tour de France était parti de Leeds, au nord de l’Angleterre. Il ne faut pas oublier non plus les années 2017 et 2018, avec deux victoires au général de grands tours. Ajoutons à cela toutes les victoires en courses WorldTour d’une semaine et les classiques, et le nombre total de victoires s’élève à quarante-six en dix ans.
Autrement dit, le palmarès en courses à étapes de l’équipe britannique est hors catégorie. La seule formation qui pourrait rivaliser ces dix dernières années est Deceuninck-Quick Step, si l’on regarde son palmarès en classique.
Après les orages, les espoirs en 2021
Mais en 2020, Ineos Grenadiers a connu ses premières désillusions. Non-renouvellement du contrat de Christopher Froome, abandon d’Egan Bernal au Critérium du Dauphiné et au Tour de France, de Geraint Thomas au Giro… Heureusement, l’équipe au budget de quarante-six millions d’euros en 2020 a sauvé sa saison avec Tao Geoghegan Hart et Filippo Ganna. Les deux coureurs ont respectivement remporté le Giro – en ayant enfilé le maillot rose le jour de l’arrivée finale – et le championnat du monde de contre-la-montre à Imola.
L’équipe a aussi perdu son fidèle directeur sportif, Nicolas Portal, qui est mort d’une crise cardiaque en mars 2020. Il avait rejoint le staff de l’équipe en 2011, après y avoir passé une année en tant que coureur. Le décès du Français a laissé un immense vide dans l’équipe.
Maintenant, l’équipe devra partager sa suprématie avec d’autres, ou se ressaisir rapidement. Pour cela, Richie Porte, Adam Yates, Daniel Martínez, Laurens De Plus, Tom Pidcock – 21 ans, vainqueur de La Flèche brabançonne il y a une semaine – sont venus renforcer l’effectif. Les leaders de l’équipe ont déjà annoncé leur participation aux grands tours. Geraint Thomas, Richard Carapaz et Tao Geoghegan Hart iront sur le Tour de France, Egan Bernal se dirigera vers le Giro pour la première fois.
That sprint was _________.
Describe @Tompid's #BP21 win in one word.
We'll start – 𝕡𝕖𝕣𝕗𝕖𝕔𝕥𝕚𝕠𝕟 🙌pic.twitter.com/UWOLqAmnoe
— INEOS Grenadiers (@INEOSGrenadiers) April 14, 2021
Rendez-vous le 30 mai à Milan, pour voir si l’équipe peut encore rivaliser en grand tour. Une chose est sûre, elle n'est pas du genre à baisser les bras, et encore moins sous les yeux de son ange gardien, Nicolas Portal.
Crédit photo en une : Jean Catuffe pour Getty Images