J27 – GP des Etats-Unis 2005 : Michelin sans solution

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Ligue 1

Pendant 30 jours, la rédaction F1 va vous proposer une rétrospective sur un Grand Prix particulier. Que ce soit un GP des années 70 ou tout récent, toutes les générations vont y passer, avec un prisme différent à chaque fois. Des joies, des larmes, des tragédies, des intempéries … de nombreux événements ont marqué le monde de la F1 jusque là. Le GP des Etats-Unis 2005 est, encore à l’heure actuelle, le GP ayant compté le moins de participants de l’histoire. Et pour cause, seuls les pilotes équipés de pneus Bridgestone avaient pu prendre part au départ. 

Le banking de la discorde

À l’aube du GP des Etats-Unis, disputé à Indianapolis, le tracé est légèrement modifié. L’un des quatre virages ovales, utilisés lors des 500 miles d’Indianapolis, est également inclus dans le tracé du GP de Formule 1. Son revêtement est alors modifié, afin d’apporter plus de grip à la monoplace. Mais voilà, un problème arrive. La Formule 1 possède alors encore deux fournisseurs au niveau des pneumatiques, et seul l’un d’entre eux est mis au courant.

Bridgestone, dont la firme affiliée Firestone équipe les voitures d’Indycar, est mis au courant. En revanche, Michelin, manufacturier français, n’est absolument pas mis averti. L’ensemble des écuries Michelin débarque aux Etats-Unis avec des pneus “classiques”. La firme américaine, quant à elle, avait eu tout le loisir d’anticiper. Des pneus spéciaux avaient d’ores et déjà été prévus et acheminés.

Michelin dans l’impasse

Dès le Vendredi, les premiers problèmes des pneus Michelin sont révélés au grand jour. Tour à tour, les Toyota de R. Schumacher et de Zonta subissent des dégradations de pneus excessives. Et ce, après leur passage au niveau du virage 13, ce fameux banking, ou virage relevé. Si l’analyse de Michelin n’est pas concluante, le manufacturier étant incapable d’identifier clairement la cause, une décision est prise. Les pneus Michelin sont dans l’incapacité totale de couvrir l’ensemble des 73 tours prévus le Dimanche.

Une première parade est tentée par Michelin, en acheminant d’autres types de gommes de France, mais rapidement l’éponge est jetée. S’apercevant en usine que les gommes ne parviendraient pas à couvrir de longues distances en passant à haute vitesse dans le virage 13, Michelin fait part de ses conclusions à la FIA.

Whiting imperturbable

Un conseil entre tous les directeurs et la FIA est alors organisé, afin de décider de la tenue de la course. Michelin est clair : ses pneus ne tiennent pas la route. La firme, qui s’est bien faite avoir par le changement de revêtement du virage 13 sans avoir été prévenu, entend bien obtenir justice. Manque de chance, Michelin ne se fait pas prendre au sérieux. L’option la plus étudiée est de modifier le tracé, afin de réduire la vitesse dans ce virage. Whiting, inflexible, rétorque aux écuries équipées de pneus Michelin qu’elle n’ont qu’à ralentir dans le virage…

De plus, une modification du tracé, la veille de la course, pourrait s’avérer dangereux. Le circuit ne serait plus homologué par la FIA, et des accidents au sein de ce virage ne seraient pas couverts par les assurances. Autant de raisons données par la FIA, qui semblent condamner les écuries montées de pneus Michelin.

D’autres solutions sont également étudiées, comme par exemple utiliser des gommes différentes de celles utilisées aux essais libres. Or, cela est interdit par le règlement sportif, donc écarté. Il est aussi envisagé de réaliser des arrêts aux stands tous les 10 tours. La piste est rapidement écartée, le nombre de pneus alloués par week-end ne permettant pas autant de changements. Les écuries Renault, McLaren, Toyota, Williams-BMW, BAR-Honda, Sauber et Red Bull sont donc coincées.

Le départ du GP, scène incroyable.

Un Dimanche sans fête

Une nouvelle réunion a lieu le dimanche, avec le Président de l’Indianapolis Motor Speedway. L’idée est de courir en modifiant le tracé, sans l’accord de la FIA. Une sorte de GP “pirate”, dont Max Mosley dissuade immédiatement l’ensemble des protagonistes. Il est important de noter que la Scuderia Ferrari est absente de ces négociations. À l’inverse, le directeur sportif de Minardi, alors équipé de pneus Bridgestone, était enclin à aider les autres écuries. Deux poids deux mesures.

L’heure du départ sonne enfin, et pour autant personne ne savait encore réellement ce qui se passerait. À l’issu du tour de formation, l’ensemble des pilotes équipés de pneus Michelin rentrent aux stands, pour ne plus jamais en sortir. Jamais aussi peu de voitures s’étaient retrouvées sur la grille de départ. Michael Schumacher remporte alors sans grande surprise ce GP, devant Barrichello. Tiago Monteiro, modeste pilote de l’écurie Jordan, en profite pour marquer ses premiers points, et monter sur le podium. Il est d’ailleurs le seul à réellement célébrer sur le podium. Karthikeyan, son coéquipier, marque là aussi ses seuls points en F1, en se classant 4e. Il en va de même pour Albers et Friesacher, les deux pilotes Minardi, classés 5e et 6e, à deux tours des Ferrari.

Le podium du GP.

Ce GP des Etats-Unis 2005 restera dans les annales comme un GP avec seulement 6 participants. Michelin s’en souviendra longtemps, pour s’être fait berner par les organisateurs. La firme française décide de rembourser les billets aux spectateurs, et d’en acheter 20 000 pour l’édition d’après, pour se faire excuser.

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