C'est officiel depuis aujourd'hui : Jean-Michel Aulas va quitter la présidence de l'Olympique Lyonnais, poste qu'il occupait depuis 1987. En 36 ans de règne, l'homme d'affaires aura réussi a marquer de sa patte le football français. Wesport vous présente les 10 faits d'armes qui ont écrit l'ère Aulas.

Les premières années d'Aulas à la présidence du club

7 juin 1987 : Tapie pousse Aulas à la tête de l'OL

Englué en deuxième division depuis quelques années, l'Olympique Lyonnais tente le pari fou de nommer à sa tête un jeune entrepreneur. Bernard Tapie, alors président du Stade Rennais, pousse la direction de l'époque à faire confiance à un certain Jean-Michel Aulas, âgé de 38 ans. Il succède à Charles Mighirian avec pour objectif de redresser le club. C'est le début d'une histoire d'amour de presque 4 décennies.

1989 : l'OL retrouve la D1

Si l'on devait qualifier les premières années d'Aulas à la tête de l'OL, on parlerait d'audace. Le jeune président fraîchement nommé n'a jamais caché ses ambitions, et se fixe un premier objectif : retrouver la D1 en 4 ans. Il n'aura fallu que 2 saisons pour atteindre ce résultat. L'OL raccroche avec l'élite, qu'il avait quitté en 1983. De quoi faire jubiler un Aulas qui n'est pas à son premier fait d'arme.

Jean-Michel Aulas OL
Jean-Michel Aulas fête la remontée en Division 1 lors de la saison 1988-1989
Crédit : Icon Sports

1991 : l'OL en Europe, Aulas réussi son pari

Le souhait de voir l'OL qualifié en Europe est annoncé très rapidement par Aulas. Le jeune président y croit dur comme fer et les résultats sont immédiatement là : 2 ans après sa montée en D1, le club se qualifie en Coupe d'Europe. Le début d'un rêve pour les supporters, qui font désormais confiance à leur président.

Les années dorées de Jean-Michel Aulas : 2001-2010

7 titres consécutifs : domination totale de l'OL en France

C'est en 2002 que l'OL obtient son premier titre de champion de France. Suite à cela, le club rhodanien réussira l'exploit de remporter consécutivement 7 titres de L1. Cette domination reste parmi les plus marquantes du championnat de France, ce qui permettra au club de s'attaquer à un nouveau rêve : la Ligue des Champions.

Demi-finale de Ligue des Champions saison 2009-2010

Ce sera sûrement le plus grand regret d'Aulas à la tête de l'OL. Gagner la Ligue des Champions aura toujours été le rêve du président, sans succès. Malgré cela, le club aura réussi de belles épopées marquant l'histoire des clubs français.

Parmi les plus grands succès en Europe, il faut retenir la victoire face aux Galactiques de Madrid en 2005-2006 (3-0 à Gerland). La plus belle performance reste la saison 2009-2010 où les Gones échoueront en demi-finale contre le Bayern.

OL LDC
Sydney Govou n'empêchera pas la défaite de l'OL face au Bayern de Schweinsteiger.
Crédit : Icon Sports

Les derbys contre l'ASSE : terrain de jeu favori pour Aulas

Impossible d'évoquer Aulas sans parler des derbys contre son ennemi de toujours, l'ASSE. Victoire historique 0-5 à Geoffroy Guichard, dernier derby à Gerland, joueurs passés par les 2 clubs, etc. Jean-Michel n'aurait raté pour rien au monde l'occasion d'écraser ses voisins stéphanois.

Aulas derby
Aulas aura remporté 29 derbys face à Saint-Etienne.
Crédit : Icon sports

Après une défaite lors du 100ème derby, Aulas avait lâché une décla qui restera dans les mémoires de ces derbys uniques en France : Nous avons perdu contre Saint-Étienne pour la première fois depuis seize ans. Nous jouons en Ligue des champions alors que les Stéphanois la disputent sur ”Playstation”.

2011-aujourd'hui : polémiques, transition et section féminine

Aulas, l'art de la polémique

Ses années de présidence auront aussi été marquées par de nombreuses polémiques. En s'inscrivant sur twitter, Aulas devient un acteur majeur du football-politique, et n'hésite plus à commenter le moindre sujet. Parmi les nombreuses polémiques, sa réponse piquante à l'ancien président de l'OM, qui l'avait accusé avec de nombreuses autres personnes “d'activisme aulassien” auprès du corps arbitral.

Irritant parfois le monde du football, Aulas assumera jusqu'au bout son rôle de protecteur auprès de ses joueurs, en prenant toute l'attention médiatique pour épargner son vestiaire. Avec plus ou moins de réussite.

Le Parc OL : le projet le plus abouti d'Aulas

Visionnaire émérite, Aulas ne s'est jamais caché de vouloir avoir un stade propriété du club. C'est chose faite en 2016, après plusieurs années de chantier. C'est à ce jour le dernier projet le plus abouti de l'ex-président lyonnais.

Le Parc OL sera le théâtre de grandes affiches, en faisant parti des stades retenus à l'Euro 2016. Les supporters lyonnais attendent toutefois de retrouver les belles épopées européennes qui avaient marqué Gerland lors de la première décennie du siècle.

L'Olympique Lyonnais féminine : la réussite d'un visionnaire

En 2004, Aulas crée la section féminine de club rhodanien. Emmené par son président ambitieux, le club gravi rapidement les échelons. Un pari fou à l'époque, qui détonne avec le reste du championnat français, à la traine par rapport à ses voisins européens.

20 ans après, c'est une réussite totale pour l'OL et son président : 8 Ligues des Champions, 15 championnats de France, et une forte influence dans le groupe de l'Equipe de France de Football. De quoi rendre fier un président qui aura toujours un coup d'avance sur les autres.

Jean-Michel Aulas OL
Jean-Michel Aulas brandit sa 4ème Ligue des Champions avec les féminines de l'OL (2017). Il en remportera 4 de plus.
Crédit : Icon Sports

La formation : une fierté pour Aulas

Une des plus grandes fierté du club est le centre de formation, qu'Aulas aura toujours soutenu. L'académie de l'OL est reconnue dans le monde du football, et de nombreux poulains issus du centre de formation rhodanien font désormais partis des plus grands clubs européens. Parmis les Giuly, Govou, Djorkaeff, Lacazette, Tolisso, Umtiti, Fékir et compagnie, on retrouve un certain Karim Benzema, ballon d'or 2022, et fierté d'Aulas.

En presque 40 ans, Jean-Michel Aulas tourne la page d'une histoire riche en émotions et en trophées pour l'OL et le football français. Le président aura d'ailleurs marqué les esprits au point de recevoir une volée d'hommages plus ou moins flatteurs.