Biathlon

Johannes Boe, encore et toujours

Pouvait-il réellement en être autrement? Une fois de plus, Johannes Boe a remporté une course de biathlon. Comme d'habitude. Une pléonasme beaucoup trop souvent répété cette saison. Le Norvégien survole les débats et hier, malgré deux erreurs derrière la carabine, il a profité d'un coup de pouce du destin et d'une panne d'éclairage pour faire une nouvelle fois la différence. Alors que les mondiaux d'Oberhof en Allemagne arrivent à grand pas, le cadet des frères Boe s'avance comme l'ennemi numéro un. Mais lui n'en a que faire. 

Deux victoires à Kontiolahti en ouverture en Finlande, deux autres à Hochfilzen, toujours en sprint et en poursuite, lors de la deuxième étape de la Coupe du Monde. Une seule à Annecy (mais trois podiums en trois courses) avant la coupure puis un nouveau doublé la semaine dernière en Slovénie pour reprendre les bonnes vieilles habitudes. Enfin, ce succès, hier, lors de l'individuel. Johannes Boe marche sur la concurrence, et rien ni personne ne semble capable, à l'heure actuelle, de le stopper.

Une course correcte

Il n'a pas été le meilleur sur le pas de tir hier, loin de là. Avec un 18/20 qui peut souvent être pénalisant pour ce format de course (une minute de pénalité pour chaque erreur), il a compensé, comme à son habitude, par des temps de skis stratosphériques. 1'15 de mieux que son premier poursuivant, il fallait avoir les nerfs solides pour tenter de lui chatouiller les skis. Avec un seul biathlète à 20/20 (Jakov Fak, 3ème au final), la messe était dite. Sur les skis, seuls les Suédois semblent parfois en mesure de rivaliser, mais comme trop souvent depuis le début de saison, Sebastian Samuelsson (3 erreurs) et Martin Ponsiluoma (5 fautes) sont passés à coté. Tomaso Giacomel, révélation du début de saison, a lui aussi hérité d'une minute de pénalité, alors que les compatriotes de Johannes n'ont pas réussi à faire mieux que 19/20. Trop compliqué pour le faire douter.

Un coup de pouce du destin 

D'autant que le leader du général a eu plusieurs éléments favorables lors de la course : tout d'abord son numéro de dossard, le 3, qui lui a permis de s'élancer sur une neige de bonne qualité, qui se dégradera au fur et à mesure. Notamment lors du passage de Quentin Fillon Maillet, dossard 42. “Aujourd'hui, je gagne grâce à mon temps de ski. Encore une fois, j'ai eu de la chance avec mon dossard n°3 quand je vois que Quentin Fillon Maillet, lui, est parti avec le dossard n°42, il a forcément perdu du temps sur la piste“. Beau joueur, Johannes.

D'autant plus qu'au moment où le champion du monde s'est élancé, une panne de courant est intervenu, obligeant la plupart des biathlètes à effectuer des tirs uniquement avec de la lumière naturelle. Une coupure d'électricité assez mal venu, mais également très rare. “Ce n'est pas juste pour tout le monde (le fait que certains coureurs aient été privés de lumière sur le pas de tir, après une panne d'électricité lors de l'épreuve). Ce qu'il s'est passé, vous aviez de la chance ou pas. En ce qui me concerne, j'ai été chanceux car à deux dossards derrière moi, il n'y a plus eu de lumière. C'est la première fois que je vis une coupure d'électricité lors d'une épreuve.  Quand des choses comme ça arrivent, c'est juste une question de chance ou de malchance. Je me demande ce qui se serait passé si c'était arrivé tôt dans la course. Mais elle était commencée depuis trop longtemps pour l'arrêter.” Quand toutes les planètes sont alignées..

Les Français à la peine 

Coté tricolore, la course n'a pas été une grande réussite. Sans Emilien Jacquelin, qui a préféré prendre du temps pour travailler mais qui reviendra sans doute pour la mass start dimanche, le bilan n'est pas famélique. Quentin Fillon Maillet, 9ème, est le mieux classé. Avec deux erreurs, une neige qui commençait à se dégrader, et une coupure de courant, difficile de faire bien mieux. Néanmoins, le Jurassien ne se cherche pas d'excuse : Il ne manquait pas de luminosité. J’ai fait un ou deux tirs sans les lumières et cela ne m’a pas choqué. J’ai vu que les écrans étaient éteints et le staff sur le bord de la piste nous a dit que le système avait bloqué… après, le chrono continue, malgré l’absence d’affichage. Je loupe une opportunité… si je faisais le plein, ça m’ouvrait la porte de la victoire. C’est dommage, un Top 10 ce n’est pas mauvais, mais il manque un petit truc..” Comme trop souvent cette saison malheureusement.

Autre belle chance tricolore avant la course, Fabien Claude est passé à coté de sa course avec trois erreurs derrière la carabine. Lui semblait plus contrarié par cette inégalité extra-sportive. “Je suis arrivé au deuxième couché et il n'y avait plus de lumière sur les cibles. Tu arrives, tu as l'impression qu'il fait nuit. Ce n’est pas fair-play comme course.

Néanmoins, très peu de chance que la course soit redisputée, puisque l'organisation aurait du couper avant que tous les coureurs s'élancent. Il n'y a plus qu'à se tourner vers l'avenir et le relais de vendredi, avant la mass start de dimanche, pour la fin de ce premier opus Allemand de la saison. 

Crédit photo : Le Dauphiné Libéré


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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