F1

La folle ascension de George Russell

Alors qu’il sera pilote Mercedes l’an prochain, George Russell est l’archétype de la personne qui ne brûle aucune étape. Petit à petit, le Britannique gravit les échelons, en témoigne la signature de son récent contrat après trois ans chez Williams. Retour sur la folle ascension d’un jeune as du volant. 

À l’image d’un étudiant en fac, Russell a toujours validé son année avant de passer au niveau supérieur. Du kart à la F1, il performe sans cesse avec brio. George a tout du parcours typique d’un coureur de Formule 1. Effectivement, il s’est vite retrouvé dans un karting, à faire de la compétition jusqu’à son premier coup d’éclat à 14 ans. En 2012, le petit génie devient champion d’Europe de karting. L’année d’après, il réalise le doublé et s’ouvre les portes des compétitions mondiales. Certains diront que c’est uniquement grâce aux sous des parents qui lui permettent d’avoir un bolide performant. Mais avec le Britannique, vous apprendrez que l’habit ne fait pas le moine, ou plutôt que le véhicule ne fait pas le pilote.

Pendant ce temps, Russell continue sa progression et avance d’une case. Ses bons résultats en F3 européenne le mettent sur le devant de la scène. Une 6e place au classement général à 18 ans pour sa saison de rookie ? C’est ce qui s’appelle avoir de l’avenir dans le sport automobile. Avancez d’une case et rejoignez le GP3 (ancêtre de la F3) en tant que jeune pilote Mercedes. Rien que cela.

Petits mocassins, champagne et F2

Bien qu’il ait l’air calme, George n’est pas du genre à débarquer sur la pointe des pieds. Contrairement à l’étudiant lambda de la fac, il aime réussir haut la main. Plus souvent proche du 20/20 que du 10.00, il termine sa première saison de GP3 sur la plus haute marche du podium. À bord de sa Dallara et vêtu de sa combi ART, il finit avec quatre victoires en quinze courses mais surtout, 79 points d’avance sur son dauphin Jack Aitken. Le major de promo mérite logiquement sa promotion en Formule 2 avec en prime, un rôle de pilote d’essais chez Force India.

Même écurie, même philosophie, même dénouement : le Britannique n’aime pas trop faire durer le suspens. Durant l’année de ses 20 ans, alors que les gens de son âge ont tendance à mélanger les alcools, lui préfère boire du champagne aux quatre coins du monde. Arrogant ? Pas tellement. Talentueux ? Pour le coup c’est certain. Sept victoires en 24 courses et encore une fois, une avance confortable sur le deuxième. En effet, au moment de faire les comptes, il possède 68 points de plus que Lando Norris vice-champion. Il court avec des noms qui vous sont familiers à l’image d’Albon, De Vries, Lando ou encore son actuel coéquipier chez Williams, Nicholas Latifi.

De telles performances vous projettent logiquement dans les petits papiers des écuries de F1. Sachant qu’il fait toujours partie du programme jeune pilote de Mercedes, son entrée dans le monde des grands lui est ainsi facilitée. C’est donc logiquement qu’il signe son premier contrat en Formule 1 chez Williams. Quoi de mieux qu’un constructeur plein d’histoire pour débuter dans la catégorie reine de ce sport ?

Mission top 10

À l’aube de ses 21 ans, George Russell débarque chez Williams serein. À ses côtés, il peut compter sur l’expérience de Kubica, son coéquipier et premier rival en piste. En effet, avec les piètres compétences de sa monoplace, le champion de F2 ne peut espérer mieux que de se battre pour la 19e position. Un apprentissage à la dure pour celui qui était habitué à figurer en haut des classements. Or le grand bain est un monde différent, et ces galères s’avèrent au final formatrices. Très vite il commence à prendre l’ascendant sur son mentor polonais. Plus rapide en qualifications, il se débrouille ensuite comme il peut le dimanche. Malgré cela, il termine dernier du championnat pour sa première saison, derrière Kubica qui a marqué le seul point de l’écurie.

Williams a bien lu en George un gros potentiel et le resigne pour 2020 contrairement à Robert qui est remplacé par Latifi. Alors que le calendrier est secoué par la pandémie, Russell continue sa marche en avant et progresse à vitesse grand V. La Williams n’est toujours pas flamboyante mais Russell s’autorise de plus en plus des petites virées en Q2. Parfois proche de la Q3, il démontre que sur un tour sa monoplace peut faire des surprises. Si pendant ce temps, de jeunes adultes tentent le 30-0 en Fut Champions, lui est sur une série de 36-0 face à ses coéquipiers en qualifs. Impressionnant n’est-ce pas ? Cela lui vaut d’ailleurs un surnom original de “Monsieur Samedi”. Pour être honnête, on a déjà vu mieux.

Toujours est-il que son rythme en course n’est pas encore au niveau. La faute à une voiture qui manque cruellement de rythme. Cependant, cela ne l’empêche pas de terminer la saison avec trois points au classement. Bon, il faut préciser que c’est parce qu’il a couru avec Mercedes à Sakhir en l’absence de Lewis. En prenant la tête du GP au premier virage, en menant sans adversité la course, tout semblait lui sourire pour décrocher son premier succès en F1. Mais c’était avant de faire un arrêt aux stands supplémentaire à cause d’une erreur des mécanos. Cruel et très prometteur à la fois car Russell a montré qu’il avait le niveau pour faire briller la Flèche d’Argent.

Q3, points et podium

Non, le numéro 63 n’a pas encore couru pour Mercedes en 2021. Toutes ces choses, il les a accomplies avec sa Williams. Après l’avoir effleuré plusieurs fois, ce 3 juillet 2021, Russell accède en Autriche à sa première Q3 avec son écurie de formation. Il met fin à une attente de 3 ans où Stroll avait décroché la dernière Q3 de l’équipe à Monza. Et cette saison, il n’y a pas que Red Bull qui donne des ailes. En Hongrie, dans un GP agité, ce n’est pas une mais deux Williams qui finissent la course dans les points. Latifi 8e est suivi d’un Russell qui ne peut contenir ses larmes de joie après avoir enfin glané des points pour le team.

Après une trêve bien reposante, on peut alors penser que sa saison est déjà réussie. Quand il débarque à Spa pour la reprise, aucun bookmaker n’est capable d’annoncer ce qu’il va se passer. Sous une pluie torrentielle, Monsieur Samedi fait mieux que de se rendre en Q3. Il va jusqu’à s’installer en première ligne pour la course du lendemain. Or vous le savez sûrement, mais le GP s’est achevé après seulement trois tours sous voiture de sécurité. Le verdict est simple : Russell monte sur le podium à la 2e place. Si des membres du paddock crient alors au scandale, ce n’est en aucun cas la faute du Britannique. Certains ont eu leur bac sans le passer, George Russell a eu son premier champagne en F1 après trois tours sous drapeau jaune.

Quelques jours plus tard, l’élève modèle signe officiellement chez Mercedes pour 2022. Autant vous dire que ce podium est loin d’être le dernier.

À 23 ans, George Russell est en train de finaliser son master de pilote. Avec plusieurs stages formateurs, il a tout le bagage nécessaire pour réussir son futur doctorat avec Mercedes. Et comme il commence à s’habituer aux tops 10, le numéro 63 a fêté sa promotion à Monza en terminant à une 9e place synonyme de deux nouveaux points. Sympa.

Crédit photo : F1

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