La Rétro Basket : La Finale des J.O 2008

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J.O 2008
(Crédits : NY Times)
Ligue 1

Depuis maintenant deux mois, le sport et plus précisément le basket mondial est à l’arrêt. Chez We Sport, hors de question de se tourner les pouces. Ainsi, nous avons décidé de faire un voyage dans le temps pour revenir sur les matchs qui nous ont marqué. De la joie, de la tristesse, de la colère, le basket nous fait passer par toutes les émotions et c’est aussi pour ça qu’on aime ce sport. Aujourd’hui, zoom sur la finale des J.O 2008.

Le Contexte :

Nous sommes en 2008 aux Jeux Olympiques de Pékin. Pendant qu’Usain Bolt écrase le 100m et que Michael Phelps empoche un nombre mirobolant de médaille en natation, le tournoi olympique de basketball se déroule au Wukesong Indoor Stadium.

Sur la scène mondiale, le Basketball américain va mal. Depuis le début du millénaire, celle qu’on surnommait la Dream Team n’a pas gagné la moindre compétition internationale. 6e de son Mondial à domicile en 2002, l’équipe finit ensuite troisième de la compétition en 2006. Pire, lors des derniers Jeux Olympiques, ceux d’Athènes en 2004, les USA s’étaient inclinés en demis-finales, laissant l’Argentine filer vers le titre. Les américains devaient laver cette affront et ont pour cela monter la Redeem Team, une équipe qui avait pour mission de rayonner lors des J.O de Pékin et d’écraser la concurrence. Invaincu dans la compétition, les États-Unis ont atteint sans encombre la finale (où ils affrontèrent l’Espagne) après s’être débarrassés de l’Australie et de l’Argentine.

De son côté, l’Espagne sortait d’un Mondial 2006 convaincant où le pays avait remporté son premier titre de champion du monde. Emmenée par Pau Gasol, l’équipe se présentait aux Jeux Olympiques en tant que candidat à la médaille et pourquoi pas au titre si les États-Unis venaient à flancher. Au final, l’Espagne a terminé 2e de son groupe (derrière les États-Unis) et avait ensuite écarté la Chine puis la Lituanie pour retrouver… les États-Unis en finale !

Espagne et États-Unis s’était déjà rencontrés à plusieurs reprises en compétition internationale. En 2002, au cours des Championnats du Monde, l’Espagne avait battu les États-Unis lors d’un match pour la 5e place ; la troisième défaite des USA dans la compétition. Deux ans plus tard, les USA s’étaient vengés en battant l’Espagne en quarts de finale des Jeux Olympiques d’Athènes. Les deux équipes s’étaient également affrontées en phase de groupe de ces Jeux Olympiques, match qui s’était soldé par une large victoire des américains (119-82). Autant dire que les espagnols ne partaient absolument pas favoris.

Le Film du match :

Démarrage tonitruant :

Dès les premiers instants de la rencontre, le tempo est très élevé. L’Espagne se met rapidement dans le rythme et se montre excessivement précise en inscrivant sept de leur neuf premiers tirs. Les États-Unis ne vont pas être menés très longtemps et après des paniers de LeBron James et de Dwyane Wade, ils passent un 10-0 aux espagnols pour repasser devant. Après seulement un quart-temps, le score est déjà de 38 à 31 en faveur des États-Unis. Dès l’entame de la deuxième mi-temps, la Redeem Team ait grossir son avance à +12 grâce notamment à une excellente ar=dresse derrière l’arc. Les deux équipes se rendent coup pour coup et l’Espagne grignote un peu son retard dans le sillage d’un Rudy Fernandez parfaitement réglé à 3pts. Dwyane Wade est déjà en feu (21 pts) permet aux États-Unis de conserver l’avantage jusqu’à la mi-temps. 69-61 à la pause, le match est déjà fou et les spectateurs se délectent déjà du spectacle proposé.

Un show hollywoodien :

La deuxième période est également à couper le souffle. L’intensité augmente et les deux équipes proposent un jeu excessivement léché. Les espagnols font parler leur collectif et arrivent momentanément à réduire l’écart. Dans le sillage des frères Gasol dominants dos au panier et d’un Juan Carlos Navarro qui use et abuse de son tear drop, Team USA voit son avance fondre. Néanmoins, les américains ont de la ressource et grâce à un adresse au tir impressionnante réussissent à conserver l’avantage. Pendant un quart-temps et demi, aucune équipe ne prend le dessus et l’on assiste à un échange de paniers. Les espagnols semblent en mesure de créer l’exploit et font douter les américains. Comme un symbole, Rudy Fernandez vient dunker sur la tête de Dwight Howard à six minutes du terme, comme pour rappeler à leurs adversaires que le match est loin d’être fini.

Monsieur Kobe Bryant :

Le tournant du match intervient quelques minutes plus tard. Alors qu’il reste trois minutes à jouer et que Team USA a 3 pts d’avance, Dwyane Wade pénètre dans la raquette puis ressort la balle derrière l’arc pour un Kobe Bryant presque esseulé. Le Black Mamba feinte le tir puis déclenche son shoot après avoir obtenu la faute de Rudy Fernandez. Le ballon rentre, ce qui fait de cette action et tir à 4 pts (en comptant le lancer-franc). De plus, ce shoot a provoqué la cinquième faute de Rudy Fernandez qui sera obligé de quitter ses partenaires. À partir de ce moment là, les USA ont match gagné. L’Espagne reviendra certes à -4 après un tir primé de Carlos Jimenez, mais D-Wade et Kobe Bryant annihileront tout espoir de retour. Les États-Unis sont champions olympiques et ces deux équipes viennent de livrer l’une des plus belles bataille de l’histoire du basketball international.

Le MVP de la rencontre : Kobe Bryant

Si Dwyane Wade (27 pts) et Rudy Fernandez (22pts) finirent meilleurs marqueurs de leur équipe respective, impossible de ne pas souligner la performance de Kobe Bryant au cours de cette rencontre. En 27 min de jeu, le joueur des Lakers de Los Angeles inscrit 20 pts à 50 % au tir et délivre 6 passes décisives. Néanmoins, ce qui frappe, ce ne sont pas ses statistiques mais son attitude sur le terrain. Tout au long du match, le Black Mamba a été serein, comme s’il n’avait jamais douté de la victoire de son équipe. Kobe a su faire jouer les autres en lâchant son ballon, mais nous a également gratifié de paniers incroyables, en atteste son and one sur Rudy Fernandez. La posture de Kobe Bryant après ce tir est légendaire et constitue inéluctablement l’image du tournoi.

Et après ?

Avec cette victoire, les États-Unis sont revenus sur le toit du monde. Après ces Olympiades, aucun titre international n’a échappé aux américains pendant près de dix ans. Jeux Olympiques 2012 et 2016, Championnats du Monde 2010 et 2014, tous ces titres furent remportés par cette équipe. Seule la France fut en mesure de stopper des USA diminués, mais ce pas avant 2019. La Redeem Team est aujourd’hui considérée comme une des plus grandes équipes internationales américaines, juste derrière la Dream Team de 1992.

Un an après ces J.O 2008 eut lieu le Championnat d’Europe féminin. Une compétition où la France fut mise en avant, mais ça, on vous le racontera dans deux jours.

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