Depuis maintenant deux mois, le sport et plus précisément le basket mondial est à l’arrêt. Chez We Sport, hors de question de se tourner les pouces. Ainsi, nous avons décidé de faire un voyage dans le temps pour revenir sur les matchs qui nous ont marqué. De la joie, de la tristesse, de la colère, le basket nous fait passer par toutes les émotions et c’est aussi pour ça qu’on aime ce sport. Aujourd’hui, nous remontons 69 années en arrière pour revivre la folle rencontre entre Rochester et Indiana.
LE CONTEXTE :
La saison 1950-51 est la deuxième saison de l’histoire de la NBA (la cinquième si on compte les trois saisons BAA). Les ancêtres des Sacramento Kings et des Indiana Pacers font partis à l’époque de la Western Conference qui compte 5 équipes. Pour aller en play-offs, il faut terminer dans les 4 premiers de la Conférence, signe que la NBA a bien évolué. Parmi les 68 matchs que chaque équipe va jouer, un seul va nous intéresser aujourd’hui. Ce match que l’on surnomme le plus long match de l’histoire va marquer à jamais l’histoire de la NBA.
LE FILM DU MATCH :
Avant ce match, le bilan des Rochester Royals était de 19 victoires pour 11 défaites et celui des Olympians d’Indiana de 16 victoires et 16 défaites. En 1951, un match durait 48 minutes. Rien d’incroyable jusque-là, mais c’est surtout la suite du match qui va rentrer dans l’histoire. Alors non, pas d’histoire de joueurs qui boivent trop lors de la troisième mi-temps, je parle des prolongations. À la fin du temps règlementaire, le score était de 65-65 entre les deux équipes : il fallait donc ajouter 5 minutes supplémentaires. Problème, les prolongations passaient mais aucune équipe n’arrivait à prendre l’avantage. Il a fallu attendre 30 minutes de plus pour connaître le verdict soit 6 prolongations pour un total de 78 minutes de jeu. Et pourtant, les Royals de Rochester auraient pu à plusieurs reprises remporter le match mais leur maladresse aux lancers-francs va leur coûter cher. Derrière la ligne des lancers, ils n’auront converti que 7 de leurs 12 lancers-francs contre 11 lancers sur 11 pour les Olympians. Le match se terminera finalement sur le score de 75 à 73 en faveur des Olympians. À noter que les overtimes 2 et 4 se sont terminés sur un score vierge.
LE MVP DE LA RENCONTRE :
Grâce à Basketball Référence, nous avons pu retrouver les statistiques de ce match complètement fou. Il serait compliqué d'élire un MVP, car à l’époque les statistiques sont le cadet des soucis de la NBA. Seuls les fautes, les points, les pourcentages au shoot et les passes étaient comptabilisés. Arnie Risen est le meilleur scoreur du match avec 26 points à 11 sur 27 au shoot, mais son équipe a perdu. Plus précis, Alex Groza va lui inscrire 17 points à 67% de réussite. Au total, 163 tirs seront tentés dans le match par les deux équipes pour seulement 65 convertis. À l’époque, les tirs à 3 points n’étaient pas comptabilisés ce qui peut expliquer ce score si bas dans un match aussi long. De plus, l’horloge des 24 secondes n’existaient pas non plus.
ET APRÈS ?
Lors de cette saison-là, les Royals de Rochester finiront champion de NBA après une série remportée en 7 matchs face aux Knickerbockers de New-York.
Depuis, la NBA est rentrée dans une autre dimension avec des joueurs beaucoup plus performants. Ce changement de dimension est passé aussi par un changement de nombreuses règles. Alors qu’il fonde les Syracuse Nationals en 1946, les ancêtres des Sixers de Philadelphie, Daniel Biasone suggère la mise en place d’une horloge de 24 secondes en 1954. Cette « shot clock » a pour but d’accélérer le jeu et d’éviter à l’équipe en tête de bloquer le jeu. Ça avait été le cas par exemple en 1950 entre les Pistons de Fort Wayne et les Lakers de Minneapolis qui s’étaient quitté sur le score de 19 à 18. La règle fut instaurée pour la première fois lors d’une rencontre entre Rochester et Boston en 1954. Au cours de la première saison avec les 24 secondes, les équipes marquaient 13,6 points de plus en moyenne.
Cette règle est selon le premier commissaire de la NBA, Maurice Podoloff, l’évènement le plus important de l’histoire de la NBA. Il entrera des années plus tard au Hall of Fame (en 2000) à titre posthume.