La Rétro Basket : Le match où Magic Johnson joua pivot

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Magic Johnson
(Crédits : NBA)
Ligue 1

Depuis maintenant deux mois, le sport et plus précisément le basket mondial est à l’arrêt. Chez We Sport, hors de question de se tourner les pouces. Ainsi, nous avons décidé de faire un voyage dans le temps pour revenir sur les matchs qui nous ont marqué. De la joie, de la tristesse, de la colère, le basket nous fait passer par toutes les émotions et c’est aussi pour ça qu’on aime ce sport. Aujourd’hui, retour en 1980 pour parler de l’un des premiers exploits de Magic Johnson.

Le Contexte :

Bienvenue dans les playoffs de la saison 1979-1980 de la NBA. Cette 34e saison est importante dans l’histoire de la ligue, car ce fut la première où la ligne à 3pts fut adoptée. De plus, cette saison fut marquée par les débuts de Larry Bird et Magic Johnson en NBA, deux joueurs qui ont permis à la ligue de se développer à vitesse grand V. La saison 1979-1980 est considérée comme la première de l’ère moderne.

Si Larry Bird fut élu rookie de l’année, Magic Johnson put se contenter avec les résultats sportifs de sa franchise, les Los Angeles Lakers. Avec un bilan de 60-22, la franchise californienne a largement dominé les débats à l’Ouest et a terminé première de sa conférence. Autour du rookie de Michigan et de Kareem Abdul-Jabbar, l’équipe proposait un jeu plaisant et efficace. En playoffs, les Lakers purent jouirent d’un bye lors du premier tour, avant de se défaire assez tranquillement des Phoenix Suns (4-1) puis des Seattle Supersonics (4-1) pour accéder aux Finales.

Dans la conférence Est, les choses furent plus disputées. Finalistes en 1977, les Sixers de Julius Erving finirent l’année avec un bilan de 59-23. Un excellent bilan, insuffisant toutefois pour finir premier de la Division Atlantique alors remportée par les Boston Celtics de Larry Bird. Philadelphie se présenta au premier tour face aux Bullets de Washington et écarte leurs adversaires en deux rencontres. Les Sixers se défont ensuite des Hawks d’Atlanta (4-1) avant de battre les Celtics en Finales de conférence Est (4-1). Grâce à cette série remportée à l’expérience, Philly put rejoindre les Lakers en Finales NBA.

Sixers et Lakers s’étaient affrontés deux fois en saison régulière, et chacune des deux équipes avait remporté une rencontre, celle disputée à domicile. Les Finales furent excessivement serrées, et chaque équipe remporta tour à tour un match. 1-0 Lakers, 1-1, 2-1 Lakers, 2-2 puis 3-2 Lakers avant d’entamer le Match 6 à Philadelphie. Un match qui restera dans la légende.

Le Film du match :

Le pivot Magic :

Gêné à une cheville lors du Match 5, Kareem Abdul-Jabbar est déclaré inapte pour ce match par les médecins de l’équipe. Le coach, Paul Westhead décide alors de tenter un coup : placer Magic Johnson, son meneur de 2m06, au poste de pivot. Une décision audacieuse mais qui va s’avérer payante, surtout qu’elle ne pose aucun problème au joueur lui-même, prêt à relever ce défi. Tout juste, rookie, il va livrer une performance qui restera dans l’histoire.

Un arsenal illimité :

Dès le début de rencontre, les Sixers ont du mal a géré le cas Johnson. Si ce dernier perd le jump ball pour débuter le match, il se met très vite dans le rythme. 3 pts, tirs à mi-distance ou encore skyhooks, l’ancien joueur de Michigan State montre toute l’étendue de son talent et inscrit 13 points dans le premier quart-temps. Los Angeles est à +3 après 15min, mais les Sixers vont vite réagir. Profitant de leur avantage de taille, ils décident de multiplier les offensives dans la raquette et termineront la première mi-temps avec treize layups inscrits. Philadelphie compte jusqu’à huit points d’avance, mais les Lakers vont refaire leur retard pour revenir à 60-60 à la pause.

Wilkes et Magic intraitables :

Les Lakers démarrent la seconde période tambour battant et passent un 14-0 à leurs adversaires. Ils peuvent notamment compter sur un Jamaal Wilkes déchaîné, auteur de 16 pts dans le troisième quart-temps et excellent au cours de cette rencontre (37 pts au total). Philly ne craque pas et va multiplier les assauts derrière Julius Erving. Plusieurs fois, les Sixers vont revenir à 2, mais jamais ils ne réussiront à passer devant.

Alors que nous sommes dans le dernier quart-temps et que les visiteurs semblent avoir trouvé une solution pour contenir Magic Johnson ce dernier va se réveiller et annihiler tout espoir de retour des Sixers. Le score est de 103 à 101 en faveur des Lakers, et l’écart ne va cesser d’augmenter. Avec un ultime run de 20-6 où Magic inscrit 12 pts Los Angeles sécurise sa victoire sans trembler pour fêter la vingtième saison de la franchise dans la cité des Anges. Même sans leur pivot titulaire, les angelinos auront pris seize rebonds de plus que leurs adversaires (52 à 36), dont quinze pour l’unique Johnson impérial ce soir là et élu MVP des Finales à tout juste vingt ans.

Le MVP de la rencontre : Magic Johnson

42 pts, 15 rbd, 7 ast, 3 stl et 1 blk ; pas mal comme statistiques pour un joueur qui ne jouait pas à son poste de prédilection n’est-ce pas ? Magic Johnson a épaté son monde au cours de cette rencontre. Dominé physiquement par ses adversaires directs, il utilisa sa mobilité et s’appuya sur ce qu’il savait faire pour dominer la rencontre. Parfait sur la ligne des lancers-francs (14/14), il contribua très largement au succès de son équipe. Son positionnement au poste de pivot montra que Magic Johnson était capable de tout sur un terrain, et sa domination en l’absence d’Abdul-Jabbar prouva qu’il était déjà capable de porter une équipe après seulement quelques mois dans la ligue. La carrière de ce joueur est rempli de grands moments, mais celui-ci est particulièrement légendaire.

Et après ?

Après ce premier titre, Magic Johnson va remettre le coup quatre nouvelles fois afin de pouvoir mettre une bague sur chacun des doigts de sa main droite. Il sera élu MVP des Finales deux fois supplémentaire et restera célèbre pour sa rivalité avec Larry Bird. Ces deux joueurs sont d’ailleurs considérés aujourd’hui comme les pionniers d’une NBA qui ne cessera de grandir suite à leur passage dans la ligue.

Ce match est maintenant considéré comme l’une des plus grandes prouesses de l’énorme carrière de Magic Johnson. Si sa taille favorisait un tel changement, voir un meneur jouer pivot et dominer ses adversaires est une chose quasiment inconcevable, surtout dans la NBA de l’époque où le jeu était nettement plus physique qu’aujourd’hui, notamment dans la raquette. Pourtant, Earvin Johnson l’a fait, faisant de cette rencontre une des plus belles de l’histoire des Finales.

Après Magic Johnson, place au basketball féminin. Dans deux jours, nous ferons un bond d’une vingtaine d’année pour s’intéresser à une finale de coupe d’Euroleague 100 % française où Bourges s’est illustré.

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