La Roma, des hauts et débats.



Le championnat italien a repris depuis 6 journées maintenant. Ce n’est que le début et beaucoup de choses peuvent encore se passer, mais certaines choses ne changent pas : la Juve domine et CR7 a lancé sa saison, Naples s’impose encore comme le probable rival des hommes d’Allegri, Chievo, Frosinone et Bologne sont à la traîne, et la Roma … qu’est-ce qu’il se passe à Rome exactement ?

Posons le contexte. 

La Roma de Di Francesco sort d’une saison remarquable et inattendue. Première saison sans Totti depuis … la création du club disons, et première saison comme coach d’Eusebio di Francesco, arrivé de Sassuolo. La Louve finit pourtant 3ème en championnat avec 27 victoires, mais tout de même un certain retard sur Naples et la Juve. Dzeko est toujours aussi sérieux, et se pose malgré les sceptiques comme l’un des meilleurs à son poste, De Rossi est toujours important, et on a vu l’éclosion de jeunes talents comme Under.

Mais c’est surtout en C1 que la Roma a fait vibrer l’Europe, en atteignant une historique demi-finale. La chance n’avait pourtant pas été au rendez-vous pour le tirage des phases de poule : l’Atletico et Chelsea font partie du groupe de la Roma. Mais notamment grâce à de très beaux matchs face à Chelsea (et une masterclass de Dzeko), la Roma sortira de la phase de poule au détriment de l’Atletico. Après une qualification en quarts obtenue face au Shakhtar, la Roma retrouve Barcelone, et délivre en match retour une performance historique dans l’histoire du club : une victoire 3-0 obtenue à la dernière seconde sur un corner mythique et une tête de Manolas, qui permet la première qualification en demi de C1 depuis 1984. 

 

Manolas délivre Rome. Je ne m’en suis toujours pas remis.(Photo by Paolo Bruno/Getty Images)

 

La Roma file donc en demi et retrouve Liverpool et Momo Salah, et se fera éliminée. Fin de saison donc, un bilan plutôt bon en championnat, et excellent en Europe. Quoi de mieux pour finir une telle saison qu’un mercato béton ? Malgré le séisme Ronaldo à la Juve, l’attention est aussi tournée vers l’été de la Roma, et pour cause, il est très sérieux, du moins sur le papier. Voyons en les grandes lignes. 

Les départs :

  • Radja Nainggolan part vers l’Inter après 4 ans passés dans la capitale pour 24M.
  • Alisson Becker s’envole vers Liverpool après une saison qui l’a dévoilé pour 75M. 
  • Kevin Strootman part à l’OM pour 25M.

Les arrivées : 

  • Javier Pastore rejoint la Roma pour environ 25M après 7 années compliquées au PSG.
  • Justin Kluivert, fils de Patrick et jeune espoir de 19 ans, rejoint la Louve pour 17M.
  • Bryan Cristante arrive en prêt de l’Atalanta pour un montant d’option d’achat de 15M.
  • Steven Nzonzi est signé pour environ 30M en comptant les bonus, après 4 ans à Séville. 
  • Ante Coric, jeune espoir croate de 21 ans, arrive pour 6M, avec beaucoup d’espoirs. 
  • Robin Olsen, arrivé de Copenhague pour 8M, afin de remplacer Alisson.

Globalement, c’est donc un mercato très offensif que nous offre Monchi, directeur sportif. Son idée était donc d’apporter de belles pièces d’avenir pleines de talent, mais aussi des “vétérans” qui peuvent apporter leur expérience avec Pastore et Nzonzi. Malgré la perte importante du Ninja Radja et d’Alisson, ce mercato pouvait laisser entrevoir de beaux espoirs pour la saison à venir. 

Alors pourquoi ça coince ? 

Parce que oui, ça coince. C’est même vraiment pas terrible. Actuellement 10ème au classement, avec 8 petits points amassés en 6 matchs, la Roma a déçu, à commencer par les fans. Excepté un match épique en 3-3 face à l’Atalanta et une victoire facile contre Frosinone, les tifosi romains n’ont pas eu de spectacle à se mettre sous la dent. Avec 2 victoire, 2 nuls et 2 défaites, on est pas sur les mêmes bases que la saison dernière. En effet, au bout de 6 journées, la Roma comptabilisait 5 victoires et une défaite. À cela il faut ajouter une défaite cinglante au Bernabéu face au Real Madrid en C1, ce qui ne serait pas dramatique s’il n’y avait pas ce manque de fond de jeu. La Roma ne se bat pas, elle ne joue que 10 minutes certains matchs, et se retrouve dominée par des équipes sur le papier bien plus faibles, comme Bologne ou le Chievo (respectivement une défaite et un nul). 

 

Jouer Bologne, avec 73% de possession et 26 tirs. Perdre 2-0. Tout un symbole de cette Roma en ce début de saison.


 

Mais quel est le problème alors ? Pourquoi une équipe sur le papier capable de jouer l’Europe coince contre les petits poucets de Série A ? Certains pointent du doigt Di Francesco, d’autres certains joueurs, d’autres encore le management et la direction du club. Nous en avons parlé avec Hugo (@Hugiannini sur Twitter), rédacteur en chef du géant FrSérieA (@FrSerieA) et supporter de la Louve. 

  • Selon toi, quelle est la cause principale des derniers résultats du club ? Est ce que Di Francesco est vraiment le gros problème ?

HugoJe pense qu’on ne peut pas parler d’une cause mais d’une multitudes de causes, on peut évoquer le coupable par facilité qui est Di Francesco qui semble avoir du mal depuis son arrivée à transmettre son identité et ses principes à l’équipe qui l’an dernier s’est plus mise en avant par son caractère que par son jeu. On peut également évoquer la direction qui a fait le choix de se séparer de 3 cadres importants en les remplaçant par des joueurs ou moins talentueux ou moins expérimentés. […] Di Francesco est en quelque sorte un problème car il n’arrive pas à trouver la solution afin de relancer réellement l’équipe, cependant c’est trop facile d’en faire le problème après la saison qu’il a effectuée. Le problème à Rome est global, on a une direction qui cherche globalement à faire du profit plus qu’àprogresser sportivement et trouver une stabilité.

  • Du coup pour toi quelles seraient les “solutions” qui permettraient sur le long terme au moins de pallier à ces différents problèmes ? Un changement de direction, des licenciements, etc ?

Hugo Non je pense que le changement de direction est de toutes façons trop improbable. La Roma doit stabiliser son projet, ça viendra sûrement avec le stade, ses revenus liés à la billetterie et son naming qui lui permettra de ne plus vendre de manière automatique ses joueurs les plus bankables.

  • Et sur le plan sportif, comment se traduit ce contexte particulier sur le terrain, avec toutes les différentes compos essayées en 6 matchs, avec aucune qui ne marche “vraiment” ?

Hugo : Disons que d’un point de vue sportif on sent que les joueurs ne pratiquent simplement pas leur meilleur football, certains sont utilisés dans des rôles qui ne sont pas le leur, notamment au milieu où il n’y a pour l’instant aucune continuité. La méforme actuelle n’est pas une fatalité et il y a assez de qualité dans le groupe pour bien figurer en championnat et en LDC, il faut simplement que Di Francesco ou son successeur tire le meilleur des qualités de ses joueurs. Facile à dire mais pas facile à faire.

Ce qu’il faut en conclure.

Alors oui, la Roma coince pour l’instant. C’est pas glorieux en championnat, les joueurs ne se donnent pas à fond, le coaching comme le management laissent à désirer. Mais comme l’a dit Hugo, nous n’en sommes qu’au début de la saison. Il reste encore une trentaine de matchs en championnat, les poules commencent à peine en Europe, la Roma peut encore se réveiller et faire à nouveau rêver ses fans. Malgré les doutes liés à Schick et au manque d’utilisation de Kluivert, la Roma a du talent en attaque, et un vétéran indétronable à son poste en la personne de Dzeko. Si les différentes compos essayées depuis le début de la saison ne sont pas effectives, le talent et l’expérience sont suffisamment présents pour accorder l’espoir aux Romanisti. On attend de voir si la large victoire d’hier contre Frosinone lance vraiment la saison pour les Romanisti ! 

 



 

A propos de l'auteur

Actuellement étudiant en école de commerce, fan de sport, surtout d'une certaine ligue qui me fait me réveiller à 2h pour regarder un Atlanta@Detroit. #ThunderUp #DajeRoma

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