Ligue 1

L’analyse tactique d’OL – ASSE

Au Groupama Stadium, Lyon s’est imposé 2-1 dimanche dans le 121e derby contre Saint-Étienne. Analyse tactique d’une rencontre équilibrée.

 

Dans un stade vide, Lyonnais et Stéphanois se sont livrés une intense bataille. Pour tenter d’obtenir un 44e succès et égaler l’ASSE dans l’historique des derbys, l’OL de Rudi Garcia se présente en 4-3-3.

 

En face, Claude Puel dispose les siens dans un 4-2-3-1 qui se transforme parfois en 4-4-2. Au milieu de terrain, Lucas Gourna-Douath dispute son premier match en Ligue 1 en tant que titulaire.

 

Des Verts disciplinés

Très vite, les Verts laissent le ballon à leurs adversaires. Ils se positionnent alors dans un 4-4-2 permanent en phase défensive.

 

Appliqués tactiquement, les Stéphanois ferment les espaces et coupent les différentes lignes de passe lyonnaises. Le bloc est compact et ne laisse que très peu d’opportunités à l’OL pour faire circuler le ballon.

 

Saint-Étienne empêche notamment ses rivaux de trouver des solutions à l’intérieur du jeu. L’axe et les demi-espaces sont très souvent verrouillés, obligeant les Rhodaniens à aller chercher une solution sur les côtés.

 

Les joueurs de Claude Puel sont également durs sur l’homme. Le porteur de balle est cadré lorsqu’il est dos au jeu afin de l’empêcher de se retourner et l’obliger à reculer. Karl Toko Ekambi fait ici les frais de la pression de Miguel Trauco (cercle blanc).

 

Le comportement défensif de l’ASSE n’est toutefois pas sans faille. Laissant de l’énergie dans les nombreux déplacements pour maintenir un bloc compact, les Stéphanois accusent parfois plusieurs mètres de retard sur leur vis-à-vis (cercles blancs). Ici, Maxence Caqueret parvient à hériter du ballon au milieu de trois adversaires. A ses côtés, Bruno Guimaraes propose une première solution, tandis que Memphis Depay (cercle bleu) peut profiter d’un espace entre quatre joueurs pour recevoir une passe et se retourner.

 

En possession du ballon, les Verts ont en revanche des difficultés pour progresser sur le terrain. Des mouvements manquent pour assurer la sortie du ballon, comme ici où les partenaires d’Harold Moukoudi (cercles blancs) n’essaient pas de se défaire du marquage lyonnais pour rejoindre un espace libre et faciliter la passe.

 

Même sans véritable pression adverse, les joueurs de l’ASSE sont parfois trop loin du porteur pour avancer par du jeu court. 

 

Yvan Neyou, patron du milieu

Au sein du bloc stéphanois, Yvan Neyou a été particulièrement précieux. Son volume de jeu et son anticipation ont permis à l’ASSE de récupérer de nombreux ballons. Il achève la rencontre avec huit tacles réussis et quatre interceptions, plus hauts totaux* parmi les deux équipes.

 

Le Camerounais (cercle blanc) a également montré des facilités pour s’orienter dans le sens du jeu et attaquer des espaces libres balle au pied. Il est d’ailleurs le Stéphanois le plus adroit dans ses passes avec 83% de réussite (24/29).*

 

Les côtés lyonnais, zone d’attaque…

Pour tenter de perforer le bloc vert, l’OL a d’abord évolué en 4-3-3 en misant sur un trio Guimaraes-Caqueret-Aouar dans l’entrejeu, particulièrement complémentaire et efficace en Ligue des Champions cet été. Maxence Caqueret se montre très actif pour former des triangles et faciliter la circulation du ballon.

 

Mais l’OL éprouve des difficultés à progresser dans le dernier tier du terrain pour se montrer dangereux. Les Gones abandonnent alors le 4-3-3 pour un 4-2-3-1.

 

Dans ce nouveau dispositif, Bruno Guimaraes et Maxence Caqueret forment le double pivot. Le Brésilien (cercle bleu) se rapproche régulièrement de ses défenseurs centraux pour aider à la relance, tandis que son partenaire (cercle rouge) se place entre les deux premières lignes stéphanoises.

 

Memphis Depay évolue pour sa part plus haut, dans une position d’électron libre derrière Moussa Dembélé. Il se déplace sur toute la largeur du terrain afin d’essayer d’être une solution constante à l’intérieur du jeu. Mais le Néerlandais est très souvent repris par un adversaire et ne réussit que 29% de ses dribles (2/7), pire taux du match. Le capitaine lyonnais est en compagnie de Houssem Aouar (cercles bleus) entre les lignes adverses, aligné à gauche du 4-2-3-1 mais répétant les appels vers l’axe.

 

Mais l’essentiel de l’animation lyonnaise se déroule sur les ailes. Dès le premier quart d’heure, Léo Dubois (cercle bleu) se positionne très haut sur son côté droit et appelle le ballon en profondeur. Ici, il tente de profiter de la mésentente dans le placement entre deux Stéphanois (cercle blanc).

 

L’international français n’est pas le seul Rhodanien à répéter les courses dans cette zone. Sur cette phase de jeu, Karl Toko Ekambi (cercle rouge) réalise un appel dans le demi-espace semblable à celui de son partenaire sur l’aile.

Entré en jeu à la place de Bruno Guimaraes, Thiago Mendes tente de mettre à profit cette tendance. Le Brésilien répète les transversales bien senties à destination des ailes. Lui aussi remplaçant au coup d’envoi, Tino Kadewere (cercle bleu) fait parler sa vitesse et sa qualité de débordement pour poursuivre cette idée de jeu. Mais si le Zimbabwéen inscrit un doublé, du déchet technique et un manque de circuits établis dans la circulation du ballon empêche l’OL de faire fructifier ses possessions.

 

…et de souffrance

Les côtés sont également au cœur de l’analyse du projet lyonnais sans ballon. En phase défensive, les hommes de Rudi Garcia adoptent un système en 4-4-1-1.

 

Rapidement, des failles apparaissent. Les lignes sont souvent trop écartées, offrant des solutions de passes intérieures facilement exploitables par Saint-Étienne.

 

Surtout, les Verts sont facilement trouvés sur les ailes et dans les demi-espaces. Les transmissions de l’extérieur vers l’intérieur sont mal contenues par l’arrière-garde lyonnaise. Ici, la mauvaise communication entre les défenseurs laisse Denis Bouanga seul dans la surface de réparation. Le Gabonais ouvrira la marque quelques secondes plus tard. 

 

De nombreux espaces sont également laissés dans le dos latéraux rhodaniens. Sur cette séquence, Denis Bouanga (cercle blanc) part dans le dos d’un Maxwel Cornet (cercle bleu) qui gère mal la profondeur. Yvan Neyou lance parfaitement son partenaire dans la zone libre.

 

Denis Bouanga se retrouve alors en position idéale pour apporter le danger devant les cages d’Anthony Lopes, tandis que Maxwel Cornet ne peut plus intervenir. Une situation qui se répète au fil du match.

 

Malgré la défaite, Claude Puel peut se satisfaire d’une prestation de ses joueurs tactiquement et défensivement aboutie, notamment en première période. De son côté, Rudi Garcia ne semble pas avoir trouvé un remède aux maux constatés depuis déjà plusieurs mois du côté de l’OL.

 

*Statistiques fournies par Whoscored.com

 

Crédits photo de Une : Jean-Philippe Ksiazek – AFP

Crédits images de jeu : BT Sport



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