Longue de moins de 110 km, cette 12e étape de la Vuelta a complètement chamboulé le classement général. Au terme d'une montée finale terrible, c'est un Britannique qui s'impose en la personne de Hugh Carthy. Retour sur cette étape folle.
Le profil
Longue de 109 km, cette étape faisait peur à tous les coureurs, même les meilleurs grimpeurs. Son profil était très simple, un peu de plat, puis 3 ascension terribles. La première, l'Alto de la Mozqueta était certes loin de l'arrivée mais aura surement pesé dans les jambes. Avec son pied placé à moins de 25 km de l'arrivée l'ascension, l'Alto Del Cordal aura fait figure de parfaite préface à la mythique ascension de l'Angliru.
Le début de course : Guillaume Martin ramène le maillot à la maison
Prenant les points sur les 2 premières montées de 3e catégorie et sur le premier col de 1re, Guillaume Martin a surement assuré son maillot de la montagne. En effet, aucun de ses adversaires n'a pu le suivre et le Normand a désormais, sauf exceptionnelle surprise, assez de point pour le conserver. Désormais, le coureur de la Cofidis peut sereinement se tourner vers la conquête d'une victoire d'étape, son objectif principal sur cette Vuelta. Dans son échappée, il aura été accompagné par une grosse dizaine de courageux. Malheureusement pour eux, jamais les échappés n'ont pu envisager, ne serait-ce qu'un instant, la victoire d'étape.
Les premières ascensions : Ineos et Movistar font bouger la course
Comme souvent, dès la première grosse ascension du jour, Movistar a pris son destin en main en roulant en tête de peloton. Cette accélération aura condamné la tentative de plusieurs coureurs. En effet, au moment où les Movistar ont pris la barre, De La Cruz et Chavez venaient de tenter leur va-tout. Cette tentative aura donc été tuée dans l’œuf par les Espagnols.
Ensuite, dans l'Alto Del Cordal, c'est Chris Froome “himself” qui a fait exploser le peloton. Son accélération a de suite été fatale à Marc Soler, Chaves et aux derniers équipiers. À ce moment, seul les Jumbo sont encore en surnombre. Et ce surnombre, les Néerlandais vont parfaitement s'en servir.
L'Angliru : un passage en enfer
Non la Vuelta n'a pas traversé la Trouée d'Arenberg, mais aucun doute que certains l'auraient préféré. Dès le pied de l'ascension c'est Valverde qui a cédé avec Grosschartner. Quelques instants après ce fut au tour de De La Cruz et Nieve d'exploser. Avec le travail fou des équipiers de Roglič, il n'est plus resté qu'une poignée d'hommes devant. Quand sur une nouvelle accélération de Mas, Woods et Poels ont cédé, on a vu les leaders seuls, face à leur douleur.
Premier attaquant, Enric Mas est allé jusqu'au bout et s'offre une très belle deuxième place. Impressionnant sur la fin d'ascension, Carthy s'est détaché à 1 gros kilomètre de l'arrivée au moment où Roglič montrait de grands signes de faiblesse. Inquiétant tout le long de l'ascension, Carapz récupère 12” sur le Slovène. Martin perd du temps mais arrive tout de même avec le dernier deuxième du Tour de France.
Demain, place à une journée de repose bien méritée. Mardi, si la course repart, ce sera un long chrono de plus de 30 km qui s'offrira aux coureurs. Nul doute que ce dernier pourrait bien être décisif à quelques jours de Madrid.
images : site internet de la Vuelta