La nouvelle est tombée il y a un petit mois maintenant. A partir de la saison 2019-2020, l'ASVEL, présidé par Tony Parker, participera à l'Euroleague, compétition européenne reine. A la faveur d'un wild-card valable deux saisons, le club Rhodanien pourra se frotter au gratin continental. Mais à plusieurs conditions. Qui pourraient, de ce fait, impacter le championnat de France.
Une augmentation du budget
Avec 8.2M d'Euros cette saison, l'ASVEL dispose du budget le plus élevé de Jeep Elite, devant Strasbourg et ses 7.7M d'Euros. Bien loin des 35M du CSKA Moscou, des 27M du Réal Madrid ou encore des 23M de Fenerbahce. Mais supérieur aux 5M du Crvena Zvezda et équivalent aux 8.5M du Zalgiris (présent au final four cette année) et de Bamberg. Nous avons donc l'exemple, avec Kaunas, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un budget surdimensionné pour performer. Néanmoins, on remarque que le Réal, le CSKA, les clubs turcs sont ceux qui dominent d'année en année. Il y a donc, à long terme, une relation de cause à effet. Dans un premier temps, l'objectif ne sera pas forcément d'aller chercher une qualification pour le top 8, qui sera très compliquée à atteindre pour Villeurbanne. Il faudra déjà s'installer durablement, réaliser quelques coups et pourquoi pas ensuite voir plus haut. Mais pour cela, il faudra des tops joueurs. Et donc forcément plus de masse salariale, et de budget.
Une nouvelle salle exigée
L'Astroballe, salle historique de la “Green Army” devra être remplacé d'ici 2020-2021. En effet, déclarée comme trop petite, la salle Villeurbannaise (5500 places) ne pourra plus acceuillir des rencontres européennes, d'après les instances de l'Euroleague. C'est dans cet optique que TP a décidé d'investir dans la construction d'une nouvelle salle, bien plus imposante (plus de 10 000 places). L'arrivée d'un nouvel écrin devrait permettre à l'ASVEL d'obtenir, pourquoi pas, un statut d'habitué et non d'invité au sein de l'Euroleague. Cette perspective d'une nouvelle salle était déjà dans l'air du temps, et cela ne fait que confirmer les ambitions des dirigeants Villeurbannais.
Une équipe à monter
Champion de France en 2016 mais pas forcément dominateur ces dernières années, le club de la banlieue Lyonnaise dispose d'un effectif beaucoup trop limité pour disputer une compétition d'une telle ampleur, avec de plus, un calendrier surchargé. Seuls 4 joueurs de l'effectif actuel ont déjà disputé l'Euroleague, et pas forcément dans des équipes dominatrices : Nicolas Lang n'avait participé qu'au premier tour avec l'Elan Chalon en 2013, idem pour David Lighty avec Nanterre. Slaughter quant à lui a eu le privilège de faire partie de l'effectif du Panathinaikos, mais il n'avait qu'un rôle mineur. DeMarcus Nelson n'a pas eu une immense carrière Européenne non plus, mais il a eu la possibilité d'y participer avec Malaga, et comme son coéquipier Slaughter, le Pana. Il faudra donc absolument recruter, car même si certains joueurs talentueux (Roberson) ou expérimenté (Kahudi) peuvent faire l'affaire, les rotations semblent beaucoup trop fragiles. Pour enchaîner entre 3 et 4 matchs par semaine tout en restant compétitif, il faut forcément avoir un banc étoffé. Ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle.
Un gouffre pour la Pro A
Plus de 10M de budget, une équipe de niveau Euroleague, une salle à en faire pâlir plus d'un : mis à part la SIG, dont le projet de développement n'a rien à envier à celui de l'ASVEL de Parker et Batum, les autres clubs de Jeep Elite ont de quoi faire la moue. L'obligation de développement de Villeurbanne va créer un écart considérable avec les “petits” du championnat de France. Encore plus qu'en Espagne, où bon nombre de clubs peuvent rivaliser, ou encore en Grèce ou en Serbie, où le basket, en tant que sport majeur, permet une homogénéité des championnats, la différence de niveau sera énorme. Quand on voit que Hyères ne dispose que d'un budget de 2M d'euros et d'une masse salariale de 650 000€… On se dirige donc vers un cavalier seul (ou à deux?) dans le championnat domestique. C'est malheureusement le prix à payer pour avoir un représentant dans la plus belle compétition européenne.
Et c'est peut-être ce qui permettra, à moyen terme, d'augmenter les recettes (TV, billetterie), à l'instar du foot avec le PSG et Neymar, en Jeep Elite. Et qui fera forcément grandir notre championnat de France.
Valentin Martin