Basketball

Le débat de la semaine : qu’attendre de la Basketball Africa League ?

Ce dimanche 16 mai marque le lancement de la Basketball Africa League (BAL) avec les premiers matchs à Kigali au Rwanda. Décalée d'un an, la BAL est la première ligue soutenue par la NBA au-delà de ses frontières, et une reconnaissance extrême pour le sport en Afrique. Les 12 pays représentés pour ce premier exercice, à travers leurs champions nationaux, ont enfin l'occasion de s'affronter sur la scène continentale, et ce jusqu'au 30 mai 2021. 

 

L'opportunité d'une vie

Depuis plusieurs années, le projet est soutenu en parallèle par la FIBA et la NBA. Ces deux instances, chargées de coordonner les différentes compétitions en Europe et en Amérique, avaient cependant déjà un pied en Afrique avant même la création de la BAL. La première nommée organise un tournoi tous les 4 ans à l'échelle continentale (l'Afrobasket, équivalent de l'Euro), tandis que la NBA propose des matchs sur le continent. Mais en 2018, tout s'accélère. À l'occasion du NBA Africa Game, Adam Silver déclare qu'une compétition continentale pourrait bien voir le jour. “Les infrastructures ne sont pas encore en place pour accueillir une ligue à part entière. Mais tandis que nous regardons la prochaine décennie en Afrique à travers son développement économique et l'énorme intérêt que le basket suscite, nous pensons qu'il y a une réelle opportunité de faire quelque chose“, déclare-t-il, comme un message annonciateur.

L'année d'après, le commissionner de la NBA et son collègue à la FIBA M. Andreas Zagklis annoncent la création de la Basketball Africa League, prévue initialement pour mars 2020. Du 16 au 30 mai, 12 équipes de 12 pays différents, réunies en 3 groupes, s'affronteront pour tenter de décrocher le premier trophée de cette nouvelle compétition. En tout, 25 matchs auront lieu à Kigali. Pour rappel, voici les 12 équipes engagées :

  • Groupe A : Union Sportive Monastirienne (Tunisie), Rivers Hoopers BC Basketball Club (Nigéria), Patriots Basketball Club (Rwanda), Gendarmerie Nationale Basketball Club (Madagascar).
  • Groupe B : Clube Atlético Petróleos de Luanda (Angola), Forces Armées et Police Basketball (Cameroun), Association Sportive de la Police Nationale (Mali), Association Sportive de Salé (Maroc).
  • Groupe C : Groupement Sportif des Pétroliers (Algérie), Zamalek (Égypte), Ferroviàrio de Maputo (Mozambique), Association Sportive des Douanes (Sénégal).

Entre croissance et reconnaissance

Économiquement parlant, l'arrivée de la BAL en Afrique est une aubaine. Kigali, au Rwanda, en mesure déjà les premiers effets. Pour Landry Jabo, membre de la Fédération rwandaise de basketball, l'arrivée de cette compétition dans son pays permettra de “changer les moyens de subsistance et d'encourager les partenariats qui permettront une croissance durable de l’économie du Rwanda dans un avenir proche“. Quant aux autres nations participantes, la reconnaissance au sein même de son pays n'a pas de prix. Plusieurs dizaines de milliers de fans poussent déjà chaque équipe à faire de son mieux afin d'honorer son pays. L'homologue de M. Jabo au Mozambique espère que “la BAL [puisse] nous aider en tant que communauté du basket-ball dans son ensemble à acquérir une reconnaissance en dehors de l'Afrique, ainsi qu'en Afrique. En termes de bénéfices, le BAL peut aider notre pays à se faire connaître.” Tout ne tourne donc pas forcément autour du basketball, cela en dépasse le cadre.

Si l'on s'en réfère strictement au sport, l'ajout d'une compétition continentale propre aux clubs ne peut qu'améliorer le niveau général sur le continent africain. L'attraction de joueurs de meilleure qualité, la formation de jeunes pépites au sein de structures adéquates et leur accompagnement au plus haut niveau devraient être au cœur du projet de la BAL. À l'instar de Mevyn Da Silva, jeune intérieur issu de Vichy Clermont, les 12 clubs de basketball participants ont tous enrôlé des joueurs internationaux. Les noms de Pape Diop (AS Douanes), Alvaro Calvo (Ferroviàrio de Maputo) ou encore Mohamed Sedik Touati (Groupement Sportif des Pétroliers) ne vous disent peut-être rien, mais ils sont des stars dans leur pays.

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J. Cole en guest-star

Enfin, et cela est annoncé depuis maintenant quatre jours par le très renseigné Shams Charania, le rappeur J. Cole devrait participer à cette première édition de la BAL en compagnie des Patriots (Rwanda). Il aurait été aperçu plusieurs fois en train de s'entraîner avec l'équipe rwandaise, et devrait être sur le parquet pour le premier match contre les Rivers Hoopers du Nigéria. Alors qu'il vient de sortir son album “Off Season” aujourd'hui, celui qui s'est fait connaître en 2011 avec “Cole World : The Sideline Story” vit enfin son rêve. On le savait proche du basket – enfant, il avait hésité entre le basketball et le rap – le voilà désormais membre à part entière d'une franchise.

La Basketball Africa League prendra place au sein d'une bulle – comme la NBA l'avait fait à Orlando pour les playoffs en 2020 – à Kigali, au Rwanda. Les joueurs et membres du staff auront donc l'interdiction de sortir du complexe hôtelier dans lequel ils vont résider. Comme en NBA, des protocoles sanitaires stricts ont été mis en place, limitant au maximum le risque de contamination. Et Amadou Gallo Fall, président de la BAL, de conclure : “Nous pensons que la Basketball Africa League sera le lieu qui pourrait vraiment associer le sport et le divertissement, deux domaines où l'Afrique regorge de créativité et de talent.”

Crédit photo en une : @theBAL

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