“De la pétanque sur glace ? ils savent plus quoi inventer ! Remarque, c'est pratique, les glaçons sont toujours à portée de main pour le pastis”. Voilà la phrase typique qu'aurait pu me sortir mon grand-père si je lui avais parlé de l'Eisstock. Ah mais vous non plus vous ne connaissez pas ? Et ça tombe bien, WeSportFr a décidé de vous faire découvrir de nouveaux horizons et on continue notre série des sports méconnus avec cette version de la pétanque toute droit venue d'Allemagne. Et qui de mieux qu'un membre de l'équipe de France pour en parler ? Daniel Fra, Premier pointeur de l'équipe Sénior masculine et président du Eisstock Sport Club Olympique (ESCO), nous a fourni quelques détails sur ce sport fraîchement débarqué.
Un peu d'histoire quand même avant
Le Eisstock est un sport alpin. Né en Allemagne il est particulièrement pratiqué dans les pays frontaliers que sont la Suisse, l'Autriche ou encore le Luxembourg mais se développe petit à petit dans le monde entier. S'il est déjà considéré outre-Rhin comme un sport à part entière depuis de nombreuses années, la Fédération Française de Pétanque Sur Glace n'a vu le jour qu'en 2016. Depuis, les quelques licenciés français se sont parfaitement acclimatés et ont fait bonne figure lors des Championnats d'Europe 2019 (à Peiting en Allemagne pour les Juniors et en Lituanie pour les Seniors) après avoir été sacrés “Champions du Monde – Groupe B” (sorte de division 2) l'an dernier. Comme pour toute discipline sportive, l'Olympisme est un rêve. Et celui-ci pourrait prochainement devenir réalité car la Fédération Internationale (IFI) a déposé une candidature qui est en passe d'être validée par le CIO pour les JO de Pékin 2022.
Finale des Championnats Europe Junior cible précision.
Allezlesbleushttps://t.co/9d2eBdWc2T— FEDERATION DE PETANQUE SUR GLACE EISSTOCK (@FPGE84) 2 mars 2019
Mais c'est du curling en fait ?
Pas totalement. C'est plutôt une variante, un mix entre curling et pétanque. Certes, le Eisstock se joue avec une grosse pierre qui ressemble à celle du curling mais celle-ci est 3 ou 4 fois plus légère environ (4.3 kg contre 18kg en moyenne pour le curling) et la piste est beaucoup moins longue (28m seulement). L'une des différence principale est le fait que le lanceur reste les “pieds tanqués” (d'où le mot “pétanque”) et ne suis pas le disque qu'il vient de lancer. Pour le reste, c'est du basique, le caoutchouc vient remplacer le cochonnet (ou la cible du curling) et deux équipes se font face et les parties sont décomposées en 6 mènes qui correspondent à 3 aller-retour de piste. A noter également que le Eisstock se divise en quatre sous-disciplines : en équipe ; cible de précision en équipe et en individuel; et le lancer de distance).
Et les compétitions ? ça marche comment ?
Dans toutes les catégories, il existe des championnats du monde, d'Europe et peut-être bientôt les Jeux Olympiques. Mais avec seulement quelques dizaines de licenciés (+ de 500 000 dans le monde) et 3 clubs en France, la qualification sera dure pour nos petits français qui auront cependant une chance de décrocher leur ticket pour Pékin lors des Mondiaux 2020 qui se dérouleront à Regen en Allemgagne. Côté entrainement, pas facile de trouver des patinoires en France qui acceptent d’accueillir la discipline. Du coup, les clubs se sont équipés de pierres adaptées et les licenciés s’entraînent directement sur du goudron. Il existe également des compétitions “exhibition” qui meublent la saison, sur glace ou bien sur goudron.
Le Eisstock (ou Icestock selon les pays) a donc de beaux jours devant lui. Si la médiatisation reste relativement faible, l'essor est en route. Alors si l'envie vous prend de tester, n'hésitez pas à chercher un club par chez vous (il s'en crée de plus en plus, à Nantes, Grenoble, Megève etc.) et allez d'urgence découvrir ce sport atypique ! Et si vous voulez plus de renseignements, n'hésitez pas à consulter le site de la fédération ou leur compte Facebook.
Credits photo : Fédération de Pétanque sur Glace