NBA

Le Jazz, c’est sérieux ?

Et de six ! Pour la sixième fois en huit matchs, le Jazz de Utah s'est imposé, contre les Grizzlies de Ja Morant. Encore un succès, une nouvelle fois contre une équipe qui vise les hautes sphères de sa conférence. Pas mal pour une équipe qui ambitionnait… le tanking. Le début de saison n'était clairement pas censé se passer comme cela pour cette franchise en reconstruction, mais force est de constater qu'autour d'un Markkanen stratosphérique (31pts, 11rbds hier encore), Utah est plaisant en ce début de saison. Jusqu'à quand cela va-t-il durer? 

Memphis cette nuit, pour la deuxième fois consécutive. Les Nuggets, les Wolves et les Pelicans pour débuter. Le Jazz ferait presque figure de prétendant aux playoffs. Pourtant, au moment où le board a décidé de tout casser cet été pour repartir à zéro, l'ambition était bien moindre. En se séparant de Rudy Gobert et Donovan Mitchell, pas sûr que Justin Zanik pensait se retrouver en tête à l'Ouest après huit rencontres. Pourtant, Utah est bien tout en haut de sa conférence. Et ce, pour plusieurs raisons.

Markkanen le magnifique 

Il sort d'un EuroBasket réussi sur le plan personnel avec la Finlande. Jeté comme un malpropre par les Cavs cet été, il avait une revanche à prendre. Et pour l'instant, il plane sur la NBA. Depuis son arrivée du coté de Salt Lake City, le natif de Vantaa est tout bonnement inarrêtable. 22.6pts, 9.3rbds et 3asts de moyenne mais surtout, de gros cartons pour porter les siens. Outre celui d'hier soir, il en avait déjà collé 23 l'avant-veille, en plus de ses 9 rebonds et 5 passes. Il en avait également inscrit 31 lors de la victoire à NOLA et 24 (pour 13rbds et 5asts) à Minnesota. Surtout, son impact pour sa franchise est monstrueux : il n'a terminé qu'un seul des huit matchs avec un +/- négatif. Il est clairement, pour l'heure, le facteur X du Jazz.

Evidemment, tout le monde est impressionné par ce début de saison tonitruant. A commencer par son coach : “Il construit sur l’été qu’il a eu. C’était une excellente représentation du jeu de Lauri dans son ensemble et il a plus à offrir que ce qu’il a peut-être montré par le passé. Nous avons besoin de sa polyvalence et nous allons lui demander chaque soir de faire une variété de choses différentes des deux côtés du terrain.

Un collectif, plus qu'une somme d'individualité 

Si Markkanen ressort évidemment du lot, c'est avant tout l'ensemble de l'effectif qui fait que Utah performe en ce début de saison. Les joueurs de Will Hardy n'ont pas une tête d'affiche qui prend toute la lumière. Chacun est à sa place, et le danger peut venir de partout. De Jordan Clarkson par exemple. L'ex meilleur 6ème homme est désormais titulaire et réalise un début de saison plus que correct avec 16.5pts, 4.5rbds et 5.3asts par match. Mike Conley est toujours présent à la mène et guide pour l'instant les siens au coeur de ce beau début de campagne. Avec 7 passes de moyenne, il est le métronome d'un collectif qui joue le jeu à fond. Et que dire de son remplaçant attitré, venu dans le package avec Markkanen. Collin Sexton, en meneur de la second unit, est un parfait complément.

Et, dans un bon soir, le danger peut venir de partout du côté de l'Energy Solution Arena. Kelly Olynyk est capable de se sublimer, Malik Beasley, quand il prend feu, peut sortir d'incroyables cartons. Tout comme Talen Horton-Tucker, qui a besoin de relancer sa carrière après avoir explosé du côté des Lakers.

Rattrapé par la patrouille? 

Il y a vraiment de beaux motifs de satisfaction au Jazz. Mais cela va-t-il durer? Il est difficile d'affirmer que dans la durée, cet effectif tienne la route. Tôt ou tard, Utah va se faire rattraper par la réalité des choses et quand les grosses cylindrées auront passé la seconde, le Jazz risque de se faire avaler. Mais faut-il pour autant tanker dans les grandes largeurs? L'objectif premier était évidemment de perdre des matchs pour avoir le plus de chance de récupérer, par exemple, un Victor Wembanyama. Mais avec déjà six victoires, il va falloir considérablement ralentir le rythme. Rien ne dit que l'effectif aujourd'hui sera le même d'ici la trade deadline, en février. Il y a d'ailleurs fort à parier que les têtes d'affiches du groupe rejoignent un contender ou un favori qui a besoin d'un facteur X. Mais en attendant, le Jazz est bien ancré à la première partie de sa conférence.

Qui l'eut cru? Voir le Jazz enchaîner les victoires et s'accrocher au wagon de tête de la conférence Ouest. Pourtant, après huit matchs, c'est bien la réalité des choses. Utah avance à vitesse grand V. Que les fidèles redescendent immédiatement, l'accalmie ne devrait pas durer éternellement. Mais pour l'heure, la franchise fait plaisir à voir et c'est tout le monde qui s'en donne à cœur joie.

Crédit photo : the Salt Lake Tribune


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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