En cette triste fin d'année 2020 déjà très difficile, des légendes du football nous ont malheureusement quitté. En effet, Diego Armando Maradona, 60 ans, et quelques jours plus tard Paolo Rossi 64 ans, se sont éteints. Bien que les hommages ne seront jamais à la hauteur de leurs performances footballistiques, certains ont pu se rappeler les moments de gloire de nos idoles. Car tous deux ont marqué leur ère avec un match référence traversant les époques. L'occasion pour nous de nous remémorer les rencontres de Coupe de Monde qui ont transformé certaines superstars en véritable mythe. Hommage au Pibe de Oro pour débuter, avec un doublé pour l'éternité.
La rencontre :
Quart de finale de la coupe du monde 1986
Argentine 2-1 Angleterre
Buts : Maradona (51′-55′) / Lineker (81′)
Le contexte :
L'Argentine arrive au Mundial Mexicain avec une sélection nationale plus que moyenne, où la cassure entre l'ancienne et la nouvelle génération est grandissante. Maradona, sûr de son fait, est en conflit permanent avec Daniel Passarella. Mais Diego a la totale confiance de Bilardo. Il n'a pas tellement le choix, au vu de son effectif. Aucun joueur ne fait alors partie de l'élite mondiale hormis Valdano, l'attaquant du Real Madrid. Ce dernier marquera d'ailleurs 3 des 6 buts Argentins au premier tour. L'albiceleste a d'ailleurs connu un premier tour aisé, s'imposant face à la Corée du Sud et la Bulgarie, butant seulement sur le champion en titre Italien. En huitième, l'Uruguay a plus essayé de massacrer Maradona que de se qualifier.
L'Angleterre n'arrive pas quant à elle après une campagne rondement menée : battus par le Portugal et tenus en échec par le Maroc, les Britanniques étaient tout proche de la sortie. Mais finalement, Gary Lineker est sorti de sa boite pour claquer un triplé contre la Pologne avant de réaliser un doublé contre le Parguay en huitième. Les hommes de Bobby Robson sont montés en régime au fil de la compétition et se présentent avec une équipe plus solide et plus expérimentée sur le papier.
Autre élément à prendre en compte, extra-sportif cette fois-ci : la Guerre des Malouines, conflit opposant Sud-Americains et Britanniques. Les Argentins n'ont pas digéré l'affront et souhaitent de tout cœur prendre une revanche, sportive, sur les Anglais.
L'exploit :
Le match est équilibré et aucune des deux équipes ne semble prendre le pas sur l'autre. Au sein d'une équipe en manque d'inspiration, Maradona suscite toutes les attentions. Tout un peuple croit en lui. Et bien que déjà star mondiale, le gamin de Villa Fiorito va devenir un saint en Argentine. Tout d'abord en marquant le but le plus scandaleux de l'histoire : à peine la deuxième mi-temps entamée, le napolitain, plein axe, s'appuie sur Valdano. Hodge tente d'intervenir mais envoie le ballon en direction de son gardien. Maradona, qui avait sollicité le une-deux se retrouve à jouer un grand ballon aérien face à Shilton. L'attaquant de poche saute, et réussi à passer devant le portier Anglais. Incroyable pense-t-on ! Sauf qu'évidemment, le roi de la roublardise a marqué de la main. Tous les Anglais contestent, les Argentins restent dubitatifs mais Diego célèbre le poing levé. Les arbitres tombent dans le panneau. La Main de Dieu est née. Maradona dira plus tard “ce but a été marqué à moitié par la tête de Maradona, et à moitié par la main de Dieu”.

Mais 4 minutes plus tard, l'ancien de Boca va prouver au monde entier qu'il n'est pas qu'un tricheur, mais bien le meilleur joueur du monde. Aux abords du rond central, il élimine Beardsley et Reid pour prendre de la vitesse et foncer en direction du but Anglais. Butcher à 30m de son but tente de lui faire barrage. Il sera éliminé comme un vulgaire pantin par un crochet intérieur. C'est ensuite au tour de Fenwick de se faire humilier, avant que le Pibe crochète facilement Shiton, en résistant au retour de Butcher, pour pousser le ballon de son pied fétiche au fond des filets. Il peut exulter devant son peuple. Il vient de marquer le “but du siècle”.

En plus de ces deux buts légendaires, Maradona a réalisé ce jour-là un match d'anthologie, qui força le respect. C'est même toute sa coupe du monde qui restera dans les annales. Il affirmera plus tard que le huitième de finale contre l'Uruguay restera le meilleur match de sa carrière, face à des “brutes” ayant passé 90min à essayer de le descendre, sous une chaleur écrasante. Mais pour le grand public, c'est bien ce match et ces deux buts qui resteront dans les mémoires.
Diego Maradona aura mené presque tout seul l'Argentine au sacre en 1986. Privé injustement du titre de 78 selon lui par Menotti (il a été écarté du groupe au dernier moment), il sera même tout proche d'offrir une troisième coupe du monde 4 ans plus tard, battu par l'Allemagne en finale. Cela aurait renforcé encore plus le statut du D10S Argentin, dont l'éternel débat du meilleur joueur de tous les temps n'a pas fini d'agiter les fans de foot.
Crédit photo : Au Stade