6 Nations

Le Pays de Galles, entre cadres vieillissants et identité obsolète

Vainqueur du Grand Chelem et demi-finaliste de la Coupe du monde en 2019, le Pays de Galles a connu une année 2020 beaucoup moins reluisante. Cette baisse de régime s’explique par une transition difficile après le départ de son mythique sélectionneur Warren Gatland.

Qu’est-il arrivé au Pays de Galles en 2020 ? Ténor du rugby mondial il y a encore quelques mois, le XV du Poireau a traversé l’année écoulée comme un fantôme, bien loin de ses standards habituels. Tenant du titre, il a terminé avant-dernier du Tournoi des Six Nations, ne battant que l’Italie et s’inclinant deux fois à domicile, contre l’Ecosse et la France. La fenêtre internationale de l’automne n’a guère été plus satisfaisante. Les Diables Rouges ont concédé une lourde défaite au Stade de France avant de se classer cinquième de l’Autumn Nations Cup, avec deux petites victoires au compteur. Mais quelles sont les raisons de ce déclin ?

La fin de l’ère Gatland

La sélection galloise semble tout simplement arriver en fin de cycle. Le XV du Poireau a vécu une période faste au cours de la dernière décennie, se hissant même au sommet du classement World Rugby en août 2019, mais connaît aujourd’hui des difficultés à trouver un nouveau souffle. « Les Gallois ont eu beaucoup de mal à se renouveler après leur titre au Six Nations 2019, confirme Gauthier, analyste rugby s’étant fait connaître sur Twitter. Certains de leurs joueurs phares commencent à vieillir, souvent à des postes clés. Leur jeu s’en trouve largement pénalisé. » Les pensionnaires du Millennium Stadium s’appuient en effet sur des cadres vieillissants comme Alun Wyn Jones (35 ans, 143 sélections), Dan Biggar (31 ans, 87 sélections) ou encore Leigh Halfpenny (32 ans, 93 sélections). Mais ils peinent désormais à se renouveler et à rajeunir leur effectif.

Recordman mondial du nombre de sélections internationales, Alun Wyn Jones est un cadre du Pays de Galles. (© Icon Sport)

Surtout, le départ de Warren Gatland n’a rien arrangé à ce problème. Sélectionneur des Diables Rouges de 2007 à 2019, le Néo-Zélandais est l’homme qui a fait du Pays de Galles l’une des meilleures nations du rugby moderne. Parti à l’issue du Mondial japonais, il a laissé un grand vide derrière lui, d’autant que les Gallois ont également perdu Shawn Edwards, entraîneur de la défense, qui fait aujourd’hui les beaux jours de l’équipe de France. Pour tourner la page Gatland, le XV du Poireau a fait le choix de la continuité avec Wayne Pivac, aux principes de jeu similaires, mais cela s’avère pour l’instant être un échec. « Je pense que Pivac n’est pas vraiment l’homme de la situation vu qu’il a été formé à l’école Gatland, analyse Gauthier. Il faudrait un coach neuf, avec un style de jeu totalement différent de ce qui a amené le Pays de Galles au sommet. »

Une identité à revoir

C’est ainsi qu’apparaît un autre problème auquel se heurte actuellement le Pays de Galles. Devenue l’une des équipes les plus redoutables au monde grâce à un jeu calculé et maîtrisé, rarement spectaculaire mais toujours en contrôle, la sélection britannique voit aujourd’hui son style s’éloigner des exigences du rugby moderne. Celui-ci tend actuellement à évoluer vers un jeu davantage ouvert, en mouvement, et les Diables Rouges ne sont pas encore parvenus à faire la transition. « Le jeu que proposent les Gallois n’est pas vraiment dans l’air du temps », appuie Gauthier.

Le Pays de Galles doit-il changer sa façon de jouer ? (© AFP)

Enfin, à degré moindre, le XV du Poireau souffre également du niveau déclinant des franchises galloises. Les Ospreys, les Scarlets, les Cardiff Blues et les Dragons voient leur compétitivité baisser, au sein d’un Pro 14 qui ne parvient pas à rivaliser avec le Premiership anglais ou le Top 14 français. Or, l’équipe nationale pioche principalement ses joueurs dans ces clubs, encore plus depuis le durcissement des critères de sélection en 2017. Désormais, les joueurs évoluant à l’étranger ne peuvent être appelés que s’ils comptent au moins 60 capes.

De l’espoir pour le futur ?

Alors, comment le Pays de Galles pourrait-il mettre un terme à cette mauvaise passe et retrouver ses lettres de noblesse ? Probablement en tournant définitivement la page des années Gatland, en faisant évoluer son style de jeu et en injectant du sang neuf dans son effectif. Il sera ainsi intéressant de surveiller les jeunes espoirs gallois dans les années à venir. « Je suis un très grand fan de Ioan Lloyd (19 ans), une vraie pépite qui peut jouer 10, 11, 14 ou 15, indique Gauthier. Moins jeune, Tomos Williams (26 ans) amène un vrai vent de fraîcheur en dynamisant comme un fou. Et bien sûr, j’avais beaucoup parlé de Louis Rees-Zammit (20 ans), qui explose aux yeux du grand public. » Le jeune homme cite également Shane Lewis-Hugues (23 ans), Rhys Carre (22 ans), Owen Lane (23 ans), Taine Basham (21 ans) et Aaron Wainwright (23 ans) parmi les joueurs à suivre. Autant de talents qui porteront sur leurs épaules les espoirs d’un renouveau du XV du Poireau.

Louis Rees-Zammit, la pépite du rugby gallois. (© Huw Evans Agency)

Crédit photo en une : Icon Sport

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