Plus que jamais sur la sellette, Leonardo Jardim vit probablement ses derniers jours à la tête du chantier monégasque. Détaché, hagard, impuissant, l’ancien détenteur de la truelle d’or s’apparente désormais à un ingénieur oisif dont l’égo a pris le pas sur la performance.

 

On le sait pourtant qu’il ne faut jamais se remettre avec un ex ! Des retrouvailles pleines d’effervescence, une symbiose retrouvée, c’est comme si on ne s’était jamais quitté. Pourtant, fatalement, les maux et les difficultés reviennent. Si on n’avait pas les réponses avant, on ne les aura pas après. Dmitry Rybolovlev, en bon divorcé, aurait dû le savoir avant de rappeler Leonardo Jardim, après à peine trois mois de séparation.

Une stagnation constante dans la médiocrité

Les débuts avaient été prometteurs et le club princier avait réussi à se maintenir dans l’élite. Mais que ce fut laborieux. Cette saison, rien n’a vraiment changé et ce malgré un recrutement de grande qualité et des investissements financiers considérables. Cette fois-ci, le technicien portugais ne peut pas se cacher derrière la faiblesse de l’effectif. Certes Monaco n’est pas décroché de la course au podium, certes les résultats ne sont pas si mauvais depuis l’instauration du système à trois défenseurs. Ce qui fâche, c’est le niveau de jeu effarant de pauvreté mais pire que ça, l’impression d’une lassitude constante, que cela soit des joueurs mais surtout, de l’entraîneur. Ce n’est d’ailleurs pas Jardim qui souhaitait instaurer le 3-5-2 mais les joueurs qui lui ont imposé après une réunion au sein du club. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’instauration du 4-4-2 lors de la saison du titre alors que le portugais privilégiait le 4-3-3. L’insistance du clan Mbappé auprès de Vadim Vasilyev avait alors fait la différence.

Le flegme lusitanien

Passif, borné, blasé, le technicien portugais ne parvient plus à insuffler de l’envie à des joueurs qui en manquent cruellement. Il est difficile d’envisager qu’une équipe disposant de Wissam Ben Yedder, Cesc Fabregas, Aleksandr Golovin, Tiémoué Bakayoko et bénéficiant en plus du retour de Stevan Jovetic puisse produire un jeu aussi pauvre où seules les individualités font la différence. Cet AS Monaco n’a ni style ni de fond de jeu. Les alignements et marquages défensifs semblent ne jamais avoir été travaillés, laissant libre cours aux offensives adverses. En bref, peu de points sont à mettre au crédit de l’entraîneur portugais, si ce n’est peut-être le recrutement d’Islam Slimani, même si ce dernier semble marquer le pas depuis son retour de suspension.

Conspué par les supporters, indésirable en interne, abandonné par une partie de ses joueurs à l’image d’un Wissam Ben Yedder fataliste lorsque les sifflets à l’égard de son entraîneur à l’occasion de la défaite face à Lille en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue sont évoqués, le départ de Jardim paraît désormais inéluctable.

Déjà sauvé par sa victoire lors du derby fin septembre alors que Monaco n’avait à l’époque toujours pas remporté le moindre match, il semblerait que cette fois-ci, Leonardo Jardim ne bénéficie plus de cette dernière chance malgré le triomphe du club de la principauté en championnat face au LOSC lors du match le plus abouti de la saison monégasque. Une partition au parfum de jubilé pour l'entraîneur portugais ?