Les 30 moments qui ont fait 2018 : Martin Fourcade, au sommet de l’Olympe français

Des cris de joie ou de rage. Nos larmes de bonheur ou de tristesse. Des heures passées devant des matchs. C’est ça le sport. La rédaction de WeSportFr revient pour vous sur les 30 événements sportifs qui ont fait l’année 2018. A consommer avec deux étoiles dans les yeux (et sur le maillot). Aujourd’hui, retour sur une page de l’histoire olympique française qui s’est écrite en Corée du Sud, le triplé doré de Martin Fourcade.

L’Ogre Catalan déçu

En arrivant à Pyeongchang, Martin Fourcade est déjà double champion olympique (accessoirement deux fois vice champion olympique) et détient six gros globes du classement général de la Coupe de Monde. Autrement dit, il est déjà une légende du biathlon. En cette saison 2017-18, il domine toujours autant son sport. D’ailleurs, il enchaîne les podiums depuis le début de la saison : sur les 15 premières courses, il est monté… 15 fois sur la boîte. Il y a toutefois un petit grain de sable qui vient titiller le Français, il s’appelle Johannes Thingnes Bø. Il le talonne au classement général de la Coupe du Monde et a même signé plus de victoires que lui. Dès la première course des Jeux, le sprint, on attend le duel à distance entre le jeune Norvégien et le porte drapeau tricolore. De duel, il n’y aura pas. Bø, parti bien avant Fourcade, commet 4 fautes (3 au couché puis 1 au debout). On se dit alors que la razzia va commencer pour le Catalan. Catastrophe, dès son premier passage derrière la carabine, il commet lui aussi 3 fautes. Pas de podium mais il limite la casse pour la poursuite en terminant huitième à 22 secondes du vainqueur Anrd Peiffer.

La légende peut s’écrire

Mais, Martin Fourcade est un champion qui se nourrit de ses échecs pour grandir, progresser et se motiver. Quelques heures avant la poursuite, il se rend compte que c’est une erreur d’analyse du vent de SA part qui l’a fait échouer au tir la veille. Il n’en fallait pas moins pour réveiller l’ogre. Il comble dès le premier tour son retard, puis malgré une faute au premier tir couché, il s’installe dans le groupe de tête pour ne plus jamais le quitter. Après un 19/20, il peut s’emparer du drapeau français et franchir la ligne en vainqueur. Il conserve ainsi son titre olympique sur la poursuite. Sa troisième médaille d’or… et ce n’est que le début.

https://youtu.be/-0OrGpL_JyE

Résumé vidéo de la victoire de Fourcade lors de la poursuite des JO 2018

Malheureusement, en biathlon, une victoire un jour n’assure pas la domination pour la courses suivante. Lors de l’individuelle (20 km), Fourcade domine ses adversaire. Il est en tête, réalise le sans-faute sur ses 18 premiers tirs et puis deux erreurs viennent enterrer ses espoirs de médailles. Une autre désillusion qu’il va falloir gommer lors de la Mass Start.

Cette fois, les 30 meilleurs biathlètes partent sur la même ligne. Comme attendue, cette course tiendra toutes ses promesses. Du suspense, des rebondissements… et de l’espoir. Après avoir chuter au cours de la course et commit seulement 2 erreurs, Fourcade repart de son dernier tir en tête, en compagnie de l’Allemand Simon Schempp

Fourcade et Schempp départagés au centimètre lors de la Mass Start des JO – Image Dauphiné Libéré

Ils resteront ensemble jusque la dernière ligne droite. Une ligne droite d’anthologie ! Fourcade lance le sprint et prend vite une longueur d’avance. Mais c’est sans compter le retour de l’Allemand. Les deux hommes jettent leur ski sur la ligne d’arrivée. On ne sait pas. On attend la photo. Jusqu’à ce que le panneau affiche “1er : Fourcade“. Mais les deux temps sont identiques. Il y a toujours un doute tant que la photo finish n’a pas été montrée. Au moment où l’on voit que le pied du Français est devant pour 14 petits centimètres, le soulagement vient se mélanger aux cris de joie. Il y a 4 ans, un finish identique l’avait placé derrière Svendsen. Cette année, c’est pour lui. Il est une nouvelle fois double champion olympique. Quatrième médaille d’or !

https://youtu.be/AwE8Iqhqt1Q

Le finish de la Mass-Start en vidéo

Seul, au dessus des plus grands

Ces Jeux ne sont pas terminés, et pour clore le tout, il reste les relais. Quoi de mieux que de partager une médaille avec les copains. Lors du relais mixte, pour une des dernières courses de la carrière de Marie Dorin Habert, en dernier relayeur, il prend le témoin en deuxième position. Grâce à son expérience, il fait le sans faute, profite des erreurs adverses et franchit la ligne en tête. Drapeau en main, il n’a plus qu’à sauter dans les bras de ses compagnons : Marie Dorin Habert, Anaïs Bescond et Simon Desthieux.

Relais mixte français après sa victoire – Image Sud Ouest

Triple champion olympique sur une même édition. Du jamais vu en France depuis 68. Ainsi, il égale Jean-Claude Killy. Aussi, il dépasse d’illustres champions français comme Tony Estanguet en devenant le sportif français le plus titré avec 5 médailles d’or (été et hivers confondus). En ajoutant ses médailles de Vancouver et Sotchi, il se hisse en tête des sportifs français les plus médaillés aux Jeux d’hivers (7 médailles). Dans la pyramide bleu blanc rouge des sportifs, il est très certainement la pointe supérieure, au dessus des autres.

Après sa razzia coréenne, il reprendra le chemin de la coupe du monde et des victoires. Il montera sur tous les podiums de la saison (20 ! ) à l’exception du sprint de Kontiolahti (forfait) et de la dernière Mass Start à Tioumen (19ème). Pour boucler sa saison il réalisera le grand chelem et remportera son septième gros globe consécutif.

 

Finalement, peut-on vraiment lui reprocher son mauvais premier tir sur le sprint ? Ou encore ce petit écart de concentration à la fin de l’individuelle ? Ce sont aussi les échecs qui forgent les champions. Ces erreurs les rendent humains et nous rapprochent un peu d’eux. Mais, bien qu’humain, Martin Fourcade est très certainement fait dans un moule bien particulier : celui des légendes.

 

Source image en Une – Nord Littoral

A propos de l'auteur

Grand joueur de tennis et ingénieur à ses heures perdues... ou l'inverse je sais plus. Une religion ? Le Federerisme @CaptainMiddle

Poster un commentaire

Curabitur mi, Sed commodo facilisis mattis elit.