Des cris de joie ou de rage. Nos larmes de bonheur ou de tristesse. Des heures passées devant des matchs. C’est ça le sport. La rédaction de WeSportFr revient pour vous sur les 30 événements sportifs qui ont fait l’année 2018. A consommer avec deux étoiles dans les yeux (et sur le maillot). Retour aujourd'hui sur un classique Parisien. Un événement Juaniste, porte d'Auteuil. Un événement hors du commun, banalisé par ce monstre tennistique. Car oui, Rafael Nadal n'est décidément pas du commun des mortels. Le majorquin vient tout simplement de remporter son 11ème tournoi des Internationaux de France, dans son antre. Tout simplement monstrueux.
Une préparation idéale
Toujours avare de titres et de sensations sur terre battue, Rafael Nadal, une fois n'est pas coutume, a parfait sa préparation chez lui en Espagne, mais aussi en France et en Italie, comme à son habitude. Et comme très souvent, les résultats ont été au rendez-vous: malgré une élimination surprise à Madrid face à un Dominic Thiem au sommet de son art, Rafa n'a en revanche rien laissé à la concurrence par la suite. Victoire aisée à Barcelone, sans avoir perdu un set, en balayant tour à tour Garcia-Lopez, Klizan, Goffin (6-4/6-0 tout de même) et Tsitsipas, qui s'est véritablement révélé durant cette campagne de terre battue, mais écrasé par un solide Nadal (6-2/6-1). Même son de cloche à Monte-Carlo où le gaucher n'a jamais été mis en difficulté : après avoir facilement écarté Katchanov, c'est Thiem, qui a été englouti, 6-2/6-0. Dimitrov et Nishikori n'ont, eux aussi, jamais fait illusion. Seul le tournoi de Rome à semblé montrer des failles chez le Majorquin: Fognini lui a prit un set, Djokovic l'a poussé au jeu décisif avant de s'effondrer, puis Zverev l'a fait douter, en empochant le second set de la finale 6 jeux à 1, mais s'inclinant au finish. Une nouvelle campagne réussie donc pour le maître de la terre battue avant de s'attaquer à son tournoi Parisien.
Un Roland Garros géré (presque) de main de maître
Simone Bolelli aura été l'adversaire le plus coriace du Majorquin durant cette quinzaine. Non vous ne rêvez pas, on parle bien ici d'un Italien, 600ème mondial en 2017, Lucky-looser porte d'Auteuil, et qui s'est même permis de rêver face au maître des lieux. Chahuté, bousculé par un Bolelli sans complexe, Rafa n'a dû son salut qu'à sa classe, entrevue sur quelques séquences, et un petit peu à la pluie aussi. Dans un premier set très serré, l'Espagnol a mit un coup d'accélérateur au meilleur des moments pour breaker et empocher la première manche. Mené dans la seconde, ne trouvant pas toujours les solutions face au jeu ultra aggressif et tout en touché de l'Italien, Nadal, breaké au 4ème jeu de la deuxième manche, a alors accéléré de nouveau, empochant les 5 jeux suivants. Mais rebelote dans le 3ème set, où Bolelli, porté par le Chatrier, c'est alors senti poussé des ailes, a repris les commandes (3-0). La pluie est arrivée comme un salut, même si Nadal n'avait pas forcément besoin de cela pour s'imposer. Car même le lendemain, le Lucky-looser a joué sa chance à fond, poussant le décuple vainqueur du tournoi au tie-break, se procurant même 4 balles de set. Malheureusement, le numéro 1 mondial était plus fort. Et sa mise en bouche lui aura permis d'être dans le bain dès l'entame du tournoi. Car la suite ne fut finalement qu'une démonstration de force et de talent. Guido Pella au deuxième tour n'eut même pas le temps de faire ouf que le match était plié : 6-2/6-1/6-1, 7 breaks convertis et un grand merci à l'Argentin pour sa participation. Même sanction pour Gasquet, qui a peine rentré sur le court, était prié de prendre la sortie, sans avoir pu offrir un vrai combat au Central venu l'encourager. Avec un pourcentage moyen sur son premier service, difficile d'imaginer un résultat face à son ennemi de toujours, eux qui s'affrontent depuis leur plus jeune âge. 6-3/6-2/6-2, Nadal poursuit son chemin. Se dresse alors sur son chemin le jeune Maximilian Marterer. Face à ce gros frappeur, Rafa eu du mal a rentré dans la rencontre, se faisant breaker d'entrée et sauvant une nouvelle balle de break à 2-2. Mais au fur et à mesure, il reprit la maîtrise du jeu et s'envola, pour finalement s'imposer en 3 sets et 2h30 de jeu (6-3/6-2/7-6), non sans avoir eu quelques difficultés lors de la dernière manche. Arrive donc peut-être le tournant de la quinzaine pour Rafa. Opposé à Diego Schwartzman, il fut méconaissable durant un set et demi, se retrouvant mené 6-4/3-2 et un break, l'espagnol semblait au bord du précipice. Mais comme contre Bolelli, la pluie est intervenue, et petit à petit, le gaucher repris l'ascendant avant d'être coupé par la nuit. Une nuit salvatrice puisque, le lendemain, de match il n'y eu plus. L'Argentin n'arriva pas à mettre autant d'impact que la veille et sombra petit à petit, pour s'incliner en 3h42 et quatre manches (4-6/6-3/6-2/6-2).
Un gros avertissement pour Nadal, mais c'est peut-être là, en quart de final, le 6 juin 2018, qu'il remporta RG. Car ce rappel à l'ordre à fait tic dans sa tête, et sérieux comme rarement, ses deux derniers adversaires n'ont pu que constater les dégâts. Tout d'abord Juan Martin Del Potro, troisième Argentin venu barrer la route du Majorquin lors de cette quinzaine. Malheureusement pour lui, malgré un retour à un top niveau, il n'aura été en mesure de rien du tout. 6-4/6-1/6-2, merci et bonne continuation. Arrive alors celui qui reste le seul à l'avoir battu cette saison sur terre battue, celui qui semblait le plus apte à le faire tomber de son piédestal au vu de la saison, l'Autrichien Dominic Thiem. Un sorte de “belle” entre les deux hommes, à une victoire partout sur ocre depuis le début 2018. Malheureusement, le Central reste SON Central. Bien trop stimulé par la conquête d'un onzième sacre, l'Espagnol n'a rien laissé à sa victime du jour. 6-4/6-3/6-2, Nadal n'aura pas perdu un seul set du tournoi. Même une alerte au poignet en début de seconde manche ne freinera pas ses ardeurs. Trop fort, tout simplement. Il peut savourer; après 2005,2006,2007,2008,2010,2011,2012,2013,2014,2017, il remporte sa 11ème coupe des mousquetaires. Un record, homme/femme confondu. Il revient alors tout proche du maître Roger et ses 20 titres. Fabuleux.
Stop ou encore?
Le pire, c'est sans doute l'impression dégagée par Nadal. Cette “undecima” lui tendait les bras, et même les quelques difficultés rencontrées sur son chemin n'ont pas été capables de l'arrêter. Certes, Roger ne vient plus à Paris, Murray était encore blessé, Djokovic retrouvait à peine sa forme, mais tout de même. Il semble être en mesure de remporter encore et encore son tournoi fétiche. A 32 ans, il semble encore capable de repousser ses limites, et, à l'instar de Federer, capable de gérer son corps pour gagner encore et toujours. Plus les années vont passer, plus il lui sera bien évidemment compliqué d'enchaîner. Mais s'il gère bien son calendrier, personne ne sais jusqu'où il peut aller. Chercher les 20 titres du grand chelem? Sans doute. Pousser jusqu'à 15 titres à Roland? Difficile, mais pas impossible pour ce monstre qui a littéralement révolutionner son sport.
Comme chaque année, une certaine forme de lassitude s'est installée juste avant le début de la compétition. Oui, on savait que Rafa allait dominer Roland-Garros. Puis comme chaque année, nous avons été subjugué devant tant de talent, de maîtrise, tant de domination, mais aussi par ses petits accros, toujours croustillants pour le spectacle. Mais à la fin, c'est toujours Rafa qui gagne. Et tant pis pour les autres.