Rugby

Les enseignements de la tournée des Bleus en Australie

Malgré un groupe très inexpérimenté, le XV de France a tenu la dragée haute aux Wallabies lors de sa tournée estivale en Australie. Alors que Fabien Galthié avait procédé à une large revue d’effectif, certains Bleus se sont révélés, d’autres ont confirmé tandis que certains ont déçu. L’heure du bilan a sonné.

Jaminet et Barlot, les révélations

Ils étaient 22 joueurs à décoller pour l’Australie sans compter la moindre sélection internationale et, parmi eux, Melvyn Jaminet a sans doute été le plus épatant. L’arrière de Perpignan, qui n’a encore jamais joué en Top 14, s’est directement adapté au niveau international. Excellent face aux perches (15/16, 41 points), il a également brillé dans le jeu courant, impeccable sous les ballons hauts et inspiré sur chacune de ses relances. À 22 ans, il pourrait bientôt venir chatouiller Brice Dulin pour la place de titulaire.

Melvyn Jaminet n’a pas encore goûté au Top 14, mais ça ne l’a pas empêché de briller en Australie. (© AFP)

L’autre néo-capé ayant crevé l’écran se nomme Gaëtan Barlot. Le talonneur castrais a débuté les trois rencontres et démontré une énergie hors du commun, gagnant du terrain à chaque percussion. Il a souvent réussi à franchir la ligne d’avantage face aux avants australiens. Seul bémol, ses lancers en touche restent à améliorer. Il devra aussi composer avec une concurrence féroce à son poste (Julien Marchand, Camille Chat, Pierre Bourgarit) s’il veut porter à nouveau le maillot tricolore.

Gaëtan Barlot et son casque bleu ont été difficiles à arrêter pour la défense australienne. (© Icon Sport)

Une paire de centres royale

Les supporters des Bleus peuvent dormir sur leurs deux oreilles : derrière les titulaires Gaël Fickou et Virimi Vakatawa, Fabien Galthié dispose d’un sacré réservoir aux postes de centres. En Australie, ce sont Arthur Vincent et Jonathan Danty qui se sont illustrés, le premier par son activité incessante et son impact défensif, le second par sa puissance physique et ses grattages dans les rucks. D’ici à les imaginer bousculer la hiérarchie, il n’y a peut-être qu’un pas…

Arthur Vincent et Jonathan Danty au plaquage : une action vue plusieurs fois contre les Wallabies. (© Icon Sport)

Jelonch et Woki, soldats exemplaires

Dans un secteur extrêmement concurrentiel (Charles Ollivon, Grégory Alldritt, François Cros, Dylan Cretin…), Anthony Jelonch et Cameron Woki ont une nouvelle fois profité des conditions particulières de la tournée pour démontrer tout leur talent en troisième ligne. Le premier était capitaine en l’absence d’Ollivon et a parfaitement assumé son rôle de leader. Comme à son habitude, il s’est aussi régalé dans le combat physique, enchaînant plaquages et percussions. Quant à Woki, il a volé plusieurs touches à l’alignement australien et réussi quelques actions offensives de grande classe, passeur décisif pour Damian Penaud et lui-même auteur d’un essai lors du dernier match.

Cameron Woki a inscrit son premier essai international lors de la troisième rencontre. (© Icon Sport)

Les perdants de la tournée

À chaque tournée des Bleus sa mauvaise surprise pour Anthony Bouthier. L’automne dernier, les excellentes prestations de Brice Dulin avaient fait perdre sa place de titulaire à l’arrière montpelliérain. Cet été, c’est le brillant Melvyn Jaminet qui lui a grillé la priorité. Avec 21 petites minutes au compteur contre trois titularisations pour le Perpignanais, Bouthier a probablement reculé dans la hiérarchie des arrières tricolores.

Alors qu’il a eu sa chance lors des deux premiers matches, le jeune Louis Carbonel n’a pas totalement donné satisfaction au poste d’ouvreur, cédant même sa place à Antoine Hastoy pour la dernière rencontre. Il semble toujours bien loin de Romain Ntamack et Matthieu Jalibert. Révélation de la tournée d’automne, Baptiste Pesenti a cette fois perdu des places en deuxième ligne. Le futur joueur du Racing n’a disputé que 46 minutes, Pierre-Henri Azagoh et Cyril Cazeaux lui étant régulièrement préférés. Enfin, fragiles en mêlée et souvent pénalisés, les jeunes piliers Sipili Falatea et Quentin Walcker ont montré que le réservoir français n’était pas inépuisable en première ligne.

Louis Carbonel a peut-être laissé passer sa chance de déloger Jalibert et Ntamack du poste d’ouvreur. (© AFP)

Les mois passent, les joueurs changent et ce XV de France séduit toujours autant les observateurs par sa jeunesse talentueuse. Si les titres tardent à arriver, les Bleus montrent qu’ils disposent d’un réservoir exceptionnel et cela finira probablement par payer. Prochain rendez-vous au mois de novembre avec trois tests à domicile, face à l’Argentine, la Géorgie et la Nouvelle-Zélande.

Crédit photo en une : AFP

1 commentaire

1 commentaire

  1. jean ducourneau

    20 juillet 2021 @ 09:02

    La France jouait-elle sans demi de mélée ?

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