Lieux mythiques du cyclisme – Épisode 1 – le Poggio di San Remo

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Cycling : BOONEN Tom / Milan - Sanremo Milaan - San Remo Illustration Illustratie / Landscape Paysage Landschap Poggio
Ligue 1

Cette colline à l’est de San Remo est traditionnellement la dernière difficulté du Monument Milan-San Remo. Cette montée est arrivée au programme de la course en 1960 pour éviter les arrivées massives. Culminant à 169 m d’altitude, la route du Poggio di San Remo est longue de 4 km, et à une pente moyenne régulière de 3,7 %. La principale difficulté de cette bosse n’est pas sa déclinaison mais c’est qu’elle intervient après 280 kilomètres de course. Avec un aussi faible pourcentage moyen, les coureurs utilisent le grand plateau tout au long de l’ascension. Auparavant sur la Primavera, des groupes de coureurs se formaient via la Cipressa. Mais depuis de nombreuses années, le Poggio di San Remo est redevenu le juge de paix avec un peu plus de six minutes d’effort (en 1995, les coureurs ont réussi le temps incroyable de 5’46”).

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L’approche

Avant d’accéder au Poggio, le peloton a filé à tout allure sur le bord de mer pendant 9 bornes avec un tunnel à plus de trois bornes du pied. Le placement au pied étant primordial, toutes les équipes des favoris essaient de placer leur leader à l’avant du peloton sur une route large – la SS1 Via Aurelia. L’idéal pour un favori : être dans les 10 premiers ! Le peloton roule au pied à plus de 50 km/h.

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Depuis Bussana et après virer à droite, les coureurs empruntent une route étroite avec un assez bon revêtement. Cette route est bordée de maisons et de plantations de fruits. D’abord, le premier kilomètre est usant à 4,7 %. Les coureurs mal-placés et les premiers sprinteurs explosent dans cette partie.

 

L’ascension

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Le kilomètre suivant est à 3,9 %. Cette première partie permet souvent à ses équipiers d’imposer un tempo élevé. Les coureurs ont une vue sur la Méditerranée d’un côté et une paroi rocheuse de l’autre côté. Cependant, certains aventureux tentent vainement leur chance avant le premier virage à droite. Les coureurs allant tellement vite sur ce passage, ils sont obligés de freiner. Deux autres épingles se trouvent dans la première moitié de l’ascension.

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Après un replat de 500 mètres à moins de 2 %, les coureurs attaquent la portion la plus pentue à 5,6 % avec un court passage à 8 %. Ce passage est placé à côté d’une maison verte à l’intérieur d’un virage serré à gauche. Certains coureurs ont perdu des places au sein du peloton. Tandis que certains puncheurs profite de ce moment pour porter une attaque violente pour distancer les coureurs les plus rapides comme Vincenzo Nibali en 2018.

Enfin, les 1700 derniers mètres sont à seulement 2,8 %. Même si cette dernière partie est très roulante, certains coureurs peuvent faire la décision ici. Les organismes des coureurs sont très fatigués par plus de 6 heures de course et une montée du Poggio rapide peut donner l’opportunité à un ou plusieurs coureurs encore frais de se faire la belle comme en 2017 avec Peter Sagan. En moyenne, les concurrents roulent à plus de 33 km/h de moyenne.

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La seconde moitié de la côte utilise des routes rectilignes avec de nombreuses courbes rapides. La présence d’un équipier est primordial pour un sprinteur pour perdre le moins de temps possible en étant à l’abri.

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Le sommet se situe à 5,3 kilomètres de l’arrivée avec un virage presque en épingle à gauche en dévers. Ce sommet est marqué par la célèbre cabine téléphonique. Si ce virage est mouillé, il peut provoquer des chutes comme 1982 avec Alain Bondue qui a laissé filer Marc Gomez vers la victoire.

 

La descente

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La descente s’effectue elle-aussi sur une route étroite sur trois bons kilomètres pour plonger dans San Remo. 30 courbes et 4 épingles émaillent cette descente où il faut garder de la lucidité pour ne pas finir dans un des murets.

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Les deux premières épingles arrivent après 400 et 700 mètres de descente. Tandis que les deux autres s’enchaînent au milieu de la descente.

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Le dernier kilomètre est marqué d’un virage à droite rapide à 90 et une longue courbe à gauche à 600 mètres du bas. On se souvient de la descente incroyable de Sean Kelly en 1992 pour revenir sur Moreno Argentin.

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Au bas, si un écart important n’a pas été fait, la jonction a de forte chance d’avoir lieu puisqu’il reste 2900 mètres pour rejoindre groupé la ligne d’arrivée. Sauf si vous appelez Fabian Cancellara ou Andreï Tchmil.

 

Ses premières fois

En 1960, René Privat a fait honneur à sa première ascension en y portant une violente attaque pour lever les bras à San Remo au grand désespoir du favori Rik van Looy. Le même scénario a eu lieu en 1961 avec l’offensive de Raymond Poulidor. En 1964, Poulidor et Tom Simpson ont offert un duel dans le Poggio. Le Français a attaqué à plusieurs reprises mais le Britannique n’a pas quitté sa roue. Le sprint sur la Via Roma était une formalité pour le deuxième monument de l’Anglais.

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Le recordman de succès sur l’épreuve Eddy Merckx a souvent profité de cet ultime obstacle pour faire la décision grâce à sa puissance. Parfois seul, parfois accompagné, le Cannibale a glané sept fois la Primavera. Entre-temps, Michele Dancelli avait rétabli un peu la fierté Italienne en gagnant en 1970 pour les 10 ans du Poggio.

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Cependant pour le public Italien, le grand événement a eu lieu en 1974. Un des principaux rivaux de Merckx, Felice Gimondi avait réussi à battre le Grand Merckx à son propre jeu. Portant le maillot arc-en-ciel et roulant sur un Bianchi, le vélo de Coppi, il a assommé la concurrence sur le Poggio.

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Par la suite, les coureurs véloces se sont habitués aux rampes du Poggio, faisant perdre son charme. L’arrivée en 1982 de la Cipressa sur le parcours, a permis de décanter le course plus tôt. Puisque le Turchino et les trois petits Capi; la Mele, Cervo et Berta le long de la route côtière, ne faisaient qu’office d’échauffement. Les échappés matinaux passent en tête largement la première montée qui permet aux coureurs de passer de la Plaine du Pô à la Rivera.

Photo : catenacycling.com, Dauphiné Libéré, Il Foglio, RTBF, veloviewer.com

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