Lyon-Dijon c'est cet après-midi à 17h, et ce match revêt une importance capitale pour les deux clubs, tout deux embourbé dans la crise, pour des raisons à la fois différentes et finalement assez similaires. En cette fin de saison, ce sera le cas pour de plus en plus de rencontres mais attention: malheur au perdant!
La sérénité de Lyon part en fumée

Il faut bien le reconnaître, la faculté qu’a l’Olympique Lyonnais à se mettre le feu tout seul et embraser tout un club subitement est impressionnante. Il y a quelques semaines pourtant, tout allait bien : Genesio était l’homme de la situation pour le directoire, certains supporters râlaient mais on préférait se dire qu'ils étaient une minorité, les résultats étaient satisfaisants, et surtout une finale en Coupe de France face au PSG se profilait.
La reconduction du contrat de l’entraîneur des Gones ne faisait donc aucun doute, et toute la presse assurait que Jean-Michel Aulas annoncerait le 2 avril au soir la prolongation tant attendue (par Hervé Penot majoritairement). Et puis patatra : mardi, l’OL perd chez lui face à Rennes en demi-finale et ne verra donc pas le Stade de France. À la suite de ça, au cours d'une conférence de presse lunaire, Aulas annonce non seulement que Genesio ne sera pas prolongé, mais il sous-entend même qu’il est à présent en danger.
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Puis les jours suivants il en remet une couche, signant un divorce qui parait maintenant inexorable, Genesio ayant même commencé à chercher un club pour la saison prochaine. Privé du soutien des supporters depuis déjà plusieurs mois, voilà que le coach lyonnais se retrouve maintenant dénué de celui de sa direction.
Si la décision en elle-même n'a rien de choquante (un club qui change de coach, c'est loin d'être exceptionnel, surtout après 3 ans et demi), c’est comme souvent la forme et le timing qui interroge.
Ainsi, pour ne pas sombrer dans la crise, la vraie, l’OL n’a d’autre choix que de gagner cet après-midi face à la lanterne rouge dijonnaise. Du point de vue comptable, la défaite de Marseille hier à Bordeaux signe la fin des derniers espoirs de podium pour les Phocéens, et il ne reste donc plus pour Lyon que le voisin Stéphanois comme concurrent pour la C1. Pour maintenir son avance de sept points et se rassurer, l’OL doit donc enfoncer le DFCO.
Son président a été très clair : « (Les joueurs) doivent une revanche à Bruno, aux supporters qui ont été parfaits mardi, et à l'Institution. Je garde confiance en eux, même s'ils m'ont déçu mardi. J'irai les voir demain pour échanger avec eux et leur exprimer mon point de vue et ma confiance dans leur fierté et leur talent, et je serai très attentif à ce qui se passera samedi.»
Le DFCO au coeur du brasier

Côté Dijonnais, la victoire est obligatoire aussi et le contexte autour du club n’est pas meilleur. 2. Le DFCO est dernier avec deux points de retard sur le barragiste Caen, et neuf sur Amiens, premier non-relégable. La place en Ligue 1 pour l’année prochaine passera donc par un match aller-retour en mai face à un club de Ligue 2.
Mais encore faut-il y arriver à ce barrage. Dijon n’a plus gagné en Ligue 1 depuis dix matches (9 défaites et 1 nul) et sur les sept derniers, le DFCO n’a marqué en tout qu’une seule fois ! Aux difficultés sportives se rajoute un ras-le-bol des supporters qui ont pris à partie le président Olivier Delcourt et le coach Antoine Kombouaré, arrivé en janvier pour jouer les pompiers de service, après la défaite de dimanche face à Nice (0-1), réclamant la démission tantôt de l’un, tantôt de l’autre, tantôt des deux.
On a donc connu climat plus propice pour préparer un maintien qui s’annonce déjà compliqué sur le papier. Certes, la survie de Dijon ne se jouera pas face aux gros, surtout à l’extérieur, sachant que le club bourguignon reçoit Amiens la semaine prochaine et va à Caen à la fin du mois, mais être en avance sur ses objectifs n’a jamais fait de mal à personne.
Vous l'aurez compris, c'est donc un match qui sent le souffre qui nous attend cet après-midi, avec des acteurs revanchards et une obligation de résultat pour les deux camps. Si un nul arrangerait plutôt les visiteurs, Lyon doit absolument gagner, au risque de voir le groupe passer en mode sauve-qui-peut.
Crédit photo de couverture : (MARTIN ALEX / L'EQUIPE)