De son vrai nom Brian Gerard O’Driscoll, l’ancien centre international irlandais, qui a disputé ses matchs sous deux couleurs uniquement, celles du Quinze du Trèfle et des Boys in Blue du Leinster, reste un monument du rugby irlandais et mondial. Retour aujourd'hui sur la carrière monumentale d’un joueur hors-norme, souvent considéré comme le plus grand joueur de rugby irlandais de tous les temps.

 

« In BOD we trust »

Souvent considéré comme le meilleur trois-quarts de tous les temps, l’histoire de l’Irlandais débute dans une famille où le rugby a une place très importante. Cousins internationaux irlandais, son père ancien bon joueur , le jeune Brian grandit au milieu des ballons de rugby, avant de se faire son propre chemin, débuté à Dublin, au Blackrock College.

Ancien demi d’ouverture, ses entraîneurs arrivent à le convaincre de changer de poste, pour jouer au Centre, et c’est à ce moment, à 19 ans, que le jeune irlandais voit sa carrière prendre une autre dimension, au lendemain d’un sacre au Mondial des moins de 20 ans avec le XV du Trèfle.

 

Warren Gatland, Leinster et Stade de France, un début en pro en fanfare

Sans aucun match avec les couleurs du Leinster, Warren Gatland, alors sélectionneur Irlandais, décide de convoquer le jeune Brian pour le faire disputer son premier Tournoi des 6 Nations en …1999, au siècle dernier. Il honore sa première sélection moins de six mois plus tard à Perth, Warren Gatland lui fait confiance, et décide même de l’intégrer à l’effectif Irlandais à la Coupe du Monde 1999.

Après de brefs débuts dans cette grande compétition, où il va inscrire son premier essai (le premier d’une longue série) avec les Irlandais, Brian reprend la compétition avec le Leinster, équipe avec laquelle il avait joué quelques bouts de matchs au printemps 1999.

 

Le Tournoi 2000, théâtre de l’éclosion du phénomène

Après un cuisant revers face aux Anglais, ses premières réalisations dans le Tournoi face à l’Ecosse et l’Italie, l’affrontement Irlande – France à Saint Denis va se révéler être le détonateur de la future carrière du centre star.

Auteur d’un triplé cette après-midi-là, il porte l’équipe d’Irlande vers la victoire, 25-27. Il met un coup d’arrêt à une série de 15 victoires consécutives des Français. Le jeune Brian est déjà dans le cœur des supporters du XV du Trèfle.

Avec ses coéquipiers du Leinster, il remporte, l’année suivante, la première édition de la Celtic League, comprenant quatre provinces irlandaises, neuf galloises et deux écossaises.

 

Un palmarès international unique en son pays

On dit parfois que l’on considère que les capitaines des sélections nationales doivent être bien plus que des bons joueurs, des meneurs d’hommes suscitant la confiance. C’est le cas de Brian O’Driscoll.

Impeccable sur le terrain et en dehors, il est désigné par son sélectionneur capitaine de sa sélection la première fois en 2002, et prendra part à l’aventure infructueuse des Irlandais lors de la Coupe du Monde 2003, éliminés par les Français en quarts de finale. C’est bel et bien le premier vrai échec collectif de la carrière de BOD.

Barré par des résultats en clubs souvent insuffisants, éliminé en phases de poule de Coupe d’Europe, jouant les seconds rôles en Celtic League, Brian O’Driscoll trouve son salut en équipe nationale, en y imposant sa patte de capitaine. Il fait figurer l’Irlande en haut de l’affiche, comme en attestent les trois victoires lors des trois premières journées du Tournoi 2005, avec aux manettes du terrain un certain BOD.

Après quelques blessures, aux ischio-jambiers notamment, en 2007, O’Driscoll arrive dans la poule de la mort, avec la France et l’Argentine notamment pour permettre aux Irlandais de franchir le cut des poules. Il n’arrivera pas à permettre à sa nation d’atteindre les quarts de finale. La carrière de l’Irlandais, autant internationale, que nationale avec de piètres résultats de sa province, semble patiner, et les espoirs déchus mis sur les épaules de BOD semblent s’accumuler.

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2009, l’année charnière de sa carrière

L’année de la maturité ? Un concours de circonstances club / sélection ? Le résultat d’un travail acharné ? L’ensemble de ces raisons peuvent expliquer le déclic de la carrière de l’Irlandais en 2009, qui débute par un Grand Chelem pour le XV du Trèfle dans le Tournoi, le premier depuis … 1948.

61 ans après, le capitaine O’Driscoll devient le symbole de l’Irlande qui gagne et se forge sa légende, d’autant plus qu’il emmène également sa province de toujours le Leinster, en finale de Coupe d’Europe durant laquelle les Blues s’offrent Leicester, pour s’adjuger le titre de champion d’Europe, la même année.

BOD remporte donc en quelques mois ses premiers titres majeurs, un vrai déclic dans sa carrière.

 

Doublé européen, coupe du Monde 2011 et fin de carrière

O’Driscoll est le déclencheur d’une dynamique européenne pour sa province du Leinster, il lui permet de remporter consécutivement sa deuxième et sa troisième Coupe d’Europe en 2011 et en 2012, avec à chaque fois de très bonnes performances en finale, et notamment en 2011 où les Blues arrivent à renverser la balance après être rentrés au vestiaire avec un lourd retard (6-22) pour s’imposer 33-22 face à Northampton.

La Coupe du Monde 2011 n’est pas une franche réussite, le centre Irlandais échoue avec ses coéquipiers en quarts de finale et annonce une absence de six mois assortie d’une opération, le début d’une fin de carrière, marquée par les blessures.

Après une demi-finale européenne en 2013 face à Clermont, et des tournées avec les Lions britanniques, il traîne des blessures qui l’empêcheront notamment de battre les Blacks chez eux à l’automne, avec le regret de n’avoir jamais battu les Blacks en carrière.

Avec la ferme intention de terminer sa magnifique carrière sur une bonne note, BOD se donne comme horizon la fin de l’année 2014 et place ses espoirs dans un tournoi qu’il remporte à la dernière journée, au Stade de France là où tout avait débuté, et là où tout s’achève car il y annonce la fin de sa carrière internationale.

Dans sa province, il disputera son dernier match européen à Mayol en quarts de finale, pour une défaite 14-29.

Mais bien évidemment qu’une carrière comme la sienne ne peut s’achever que par un titre, celui de champion de la Celtic League, après un match une nouvelle fois tronqué par une blessure précoce.

 

O’Driscoll annonce alors la fin de sa carrière, la fin d’une immense épopée de plus de 15 ans au plus haut niveau, marquée par des moments historiques et encore gravées dans les mémoires des supporters irlandais. On vous donne désormais rendez-vous mardi, pour un coup d’œil sur la province dont il a fait les grandes heures, celle du Leinster.