Marc Grosjean, entraîneur belge reconnu pour ses méthodes de travail, ne se repose clairement pas sur ses lauriers dans sa quête au nouveau projet ! Fraîchement sur le marché depuis sa séparation avec Virton, le coach en recherche de nouveau challenge nous fait le plaisir de se livrer sur ses souvenirs de carrière ainsi que sur ses ambitions pour 2019/2020 !

 

Bonjour Marc, rentrons dans le vif du sujet : Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la casquette d’entraîneur après votre carrière de joueur ?

 

C’est quelque chose qui a toujours été logique lorsque j’étais joueur, j’ai senti l’envie d’entraîner très tôt. J’ai toujours observé les entraîneurs c’est quelque chose que j’ai toujours eu en moi, j’étais déjà un leader sur les terrains, j’ai toujours su que j’allais faire ce métier par la suite. Je le savais, c’était clair.

 

Vous avez connu plusieurs championnats et plusieurs divisions, est-ce que vous aimez les challenges où avez-vous accepté ces projets au moment opportun ?

 

Je suis quelqu’un qui aime découvrir et apprendre, ça c’est certain. J’ai souvent été appelé dans des clubs où il fallait construire, où souvent il fallait atteindre un objectif de montée sur 2/3 ans. Il fallait mettre en place, structurer et organiser, j’étais un peu le moteur dans ces clubs-là ! Je suis monté trois ou quatre fois, ça a été souvent mon objectif principal.

 

Vous avez connu principalement les terrains belges mais on retiendra aussi votre titre de champion du Luxembourg avec Dudelange. Comment vous avez vécu cette année-là ?

 

À Dudelange l’objectif est toujours le même pour tous les entraîneurs et toutes les saisons. Il faut jouer le titre et être champion ! On a clairement les moyens et les ambitions pour y arriver, on travaille toujours avec 25/30 joueurs et c’est toujours des mercatos spéciaux car il y a beaucoup d’arrivées, beaucoup de départs, on joue également avec beaucoup de nationalités différentes il faut savoir s’y habituer. Mais c’est une très bonne gymnastique ! Le championnat du Luxembourg est très particulier et très spécifique mais on y travaille dans de bonnes conditions. Les structures sont intéressantes, c’est un bon challenge. Je connaissais bien le Luxembourg avant Dudelange car j’y ai commencé ma carrière entraîneur !

 

Est-ce votre plus belle réussite ?

 

Non, mon plus beau challenge à relever c’est celui avec l’équipe de La Louvière. J’étais jeune entraîneur, je progressais d’année en année, le club est venu me chercher quand ils étaient en difficulté. Ils avaient changé beaucoup d’entraîneurs, 3 fois il me semble, la saison avant mon arrivée. On s’était fixé avec le président une montée en première division en 3 saisons, c’était clairement l’objectif ! On a restructuré le club, remodelé le noyau de l’équipe, refait l’effectif avec des jeunes et on est monté au bout de 2 saisons. La première saison nous avions atteint le tour final et c’était déjà une surprise inattendue. Nous avons fait le même parcours la saison d’après sauf que là, nous sommes sortis vainqueur du tour final ! C’est pour moi un souvenir remarquable, c’était exceptionnel en tant que jeune entraîneur.

 

Avez-vous remarqué au fil des années une évolution notable dans votre métier ?

 

C’est clair que le métier change ! Il est aujourd’hui différent de ce qu’il était avant et dans 10 ans il le sera encore de ce qu’il est aujourd’hui. Pour ce qui est du métier en lui-même on a amélioré ce qui est caractéristique athlétique et physique mais aussi niveau préparation mentale et médicale. On atteint des niveaux qui sont très performants grâce aux études, aux recherches et aux statistiques. Les manières de travailler sont beaucoup plus performantes car on a beaucoup plus de moyens. Un entraîneur est confronté à une gestion de paramètres énorme ! Aujourd’hui, dans un cadre professionnel la partie foot est bien plus minime à gérer que l’encadrement et la partie médiatique, car c’est bien plus important qu’auparavant ! Pour moi qui ai 60 ans, vivre ses évolutions c’est très intéressant car si je suis toujours là c’est parce que j’ai pu m’adapter et évoluer avec mon temps. On ne peut pas rester sur ses acquis, il faut évoluer et progresser avec le temps, autrement, on ne sera plus dans le coup.

 

Comment impose-t-on son style selon les pays et les divisions ?

 

Soit le club vous connait ainsi que vos méthodes avant de vous recruter, soit vous avez longuement discuté pour présenter votre méthodologie de travail et votre philosophie de jeu ! Je sais personnellement qu’il y a des clubs où ça ne fonctionnerait pas car l’histoire du club ou la vision des choses du club ne correspond pas aux miennes. Il faut trouver un club où il y a une adhésion, où il y a des atomes crochus qui peuvent se créer entre le projet de jeu de l’entraîneur et le club. C’est pour ça qu’il est très important d’avoir des discussions au préalable avant d’être engagé. Je ne suis pas convaincu que les entraîneurs puissent modifier la philosophie d’un club, je pense qu’ils peuvent au contraire qu’ils peuvent s’intégrer dans un club parce qu’ils ont des sens et sensibilités communs. De toute façon c’est comme un couple, il faut trouver la bonne personne qui recherche la même chose que vous.

 

Pour parler actualité, quelles sont les vraies raisons de votre éviction de Virton ?

 

J’ai quitté Virton car j’avais un problème avec une personne du club avec laquelle je ne pouvais absolument pas fonctionner. J’étais la première personne à Virton à être engagée comme entraîneur et manager sportif. Un directeur sportif a été engagé à mon insu et avec cette personne ça ne pouvait pas fonctionner. Il y avait un choix à faire et le club a choisi, j’ai préféré arrêter car travailler dans ces conditions là, ça ne m’intéressait pas. J’étais en train d’installer une vraie physiologie de jeu avec mon équipe, tout était bien en place mais c’est juste un problème de cohabitation, ça ne pouvait pas fonctionner, j’ai préféré tout naturellement arrêter.

 

Quelle est votre situation aujourd’hui ?

 

Aujourd’hui je suis dans l’attente d’un nouveau challenge, je recherche vraiment un club qui pourra me mettre dans de bonnes conditions aussi bien niveau infrastructure que dans un environnement où je pourrais développer ma philosophie de jeu, ma méthodologie de travail, où je pourrais amener mon concept de travailler qui est, je pense, différent d’autres entraîneurs. Je pense que ceux qui me connaissent le savent, je travaille d’une manière très spécifique où l’aspect tactique et l’animation de jeu est travaillée au quotidien. L’aspect jeu et l’aspect foot sont vraiment essentiels, il y a un vrai travail tactique effectué. Mais j’espère surtout rencontrer un club qui me propose un vrai projet ambitieux à la fois dans le travail et dans les objectifs, et qui se donne vraiment les moyens de réussir !

 

Une première en France serait envisageable ?

 

J’aimerais beaucoup découvrir les championnats français, j’ai travaillé avec beaucoup de joueurs français tout au long de ma carrière. Il y a un potentiel très intéressant, les infrastructures sportives sont vraiment de qualité ! Il y a un professionnalisme qui est installé même en 3e ou 4e division et j’aimerais découvrir cet aspect-là. Je pense que je pourrais franchement m’exprimer et développer des choses différentes et nouvelles avec mes méthodes de travail. Je pense pouvoir apporter quelque chose de plutôt pas mal.

 

Nous remercions Marc pour sa franchise et sa disponibilité. Nous lui souhaitons évidemment une très bonne continuation ainsi que de la réussite dans ses futurs projets.

 

Photo une : DH.be