6-2, voilà l'impensable bilan de l'ASVEL après 8 journées d'Euroleague. Victorieux de Kazan jeudi dernier, les hommes de TJ Parker se retrouvent à l'heure actuelle à la lutte pour le podium, à une petite victoire de l'intouchable leader Milanais. Si, avec ce début de saison en fanfare, les playoffs sont le minimum envisageable, les Villeurbannais peuvent-ils ambitionner mieux? Au vu du début de saison, la réponse est clairement oui. Aux Rhodaniens de continuer sur ce qui, jusqu'à présent, fait leur force. 

photo: Euroleague

L'expérience fait la différence

Car si l'ASVEL en est là à l'heure actuelle, c'est en partie grâce à un groupe enfin arrivé à maturité, après 2 saisons au plus haut niveau Européen. La saison dernière, après un début de campagne d'Euroleague compliqué, la fin de saison avait été féérique, et l'ASVEL était passé tout proche de se qualifier pour la post-season. Désormais, les matchs couperets basculent du bon coté. Il n'y a qu'à voir le succès obtenu dans la douleur contre le CSKA, après une folle remontée des Russes. Scénario identique jeudi dernier, après avoir compté plus de dix points d'avance, Villeurbanne s'est fait peur en voyant Kazan revenir à une petite possession. Mais avec l'appui de la Green Army, l'ASVEL l'a emporté. Comme contre l'Efes, après avoir été largué (-19), mais avec une énorme force de caractère pour renverser la vapeur, le champion de France en titre s'en est sorti. Tout n'est évidemment pas parfait, comme ce match à Milan, où après avoir compté jusqu'à 16pts d'avance, Villeurbanne n'a pas été capable de gagner. Malgré tout, globalement, l'ASVEL a su faire tomber la pièce du bon coté dans les moments chauds. La chance? Certainement pas.

Une forme de continuité

Sur l'effectif actuel dont dispose TJ Parker, 6 joueurs, soit près de la moitié de l'effectif, étaient déjà présents la saison dernière, et non des moindres. Si Norris Cole n'a malheureusement pas pu être retenu, tout comme Moustapha Fall qui a cédé aux sirènes Grecs, la majorité des cadres sont restés. Le capitaine, Charles Kahudi, l'homme à tout faire David Lighty, les expérimentés Antoine Diot et Paul Lacombe, mais aussi le sniper William Howard et la pépite Matthew Strazel ont décidé de prolonger l'aventure. Le vrai coup a été de prolonger D Light', celui qui a clairement fait basculer la saison de l'ASVEL dans le délire l'an passé, avec Norris Cole. Pourtant tout proche d'accompagner Fall à l'Olympiakos, le chouchou de l'Astroballe a décidé de rester, pour “marquer l'histoire du club”. De ce fait, Parker peut s'appuyer sur un noyau dur n'ayant que très peu été chamboulé. Noyau auquel se sont greffés des joueurs de classe.

Un recrutement de qualité 

Car oui, la saison de l'ASVEL a commencé il y a quelques mois déjà. Au cœur de l'été, quand Tony Parker himself est allé chercher de sacrés joueurs pour embellir son effectif. Un champion NBA pour commencer : vainqueur du trophée Larry O'Brien en 2020 avec les Lakers, Kostas Antetokounmpo, frère de Giannis, a  rejoint les bords du Rhône. Un vrai plus dans la raquette, avec un apport athlétique non négligeable.

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En parlant d'apport athlétique, un Fall de parti, un Fall de retrouvé, puisque si Moustapha est parti, Youssoupha, l'ancien Manceau, est arrivé. Si Elie Okobo est l'un des grands artisans du début de saison exceptionnel de l'ASVEL (nous y reviendrons), Chris Jones, débarqué du Maccabi, n'est pas en reste. Avec 15.9pts, 3.3rbds et 2.6asts de moyenne en Euroleague, Villeurbanne peut lui dire un grand merci.

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En plus de tous ces joueurs d'expérience, la fratrie Parker a eu la bonne idée de chiper à bon nombre de clubs, LA future star du basket Européen (et mondial?), Victor Wembayama. S'il est pour l'instant protégé, avec un temps de jeu réduit en Euroleague notamment, nul doute que celui que la planète basket voit en tête de la draft 2023 va monter en puissance.. quand il reviendra de sa blessure au doigt.

Attention aux blessures.. 

En parlant de blessure, une cascade de pépins s'abat sur l'effectif Villeurbannais. Si Wembayama ne devrait manqué que 3 semaines de compétition, Lighty sera lui out pour au moins 2 mois après sa blessure au métatarse. Malheureusement, Raymar Morgan est lui aussi toujours indisponible, tout comme Antoine Diot, de nouveau touché au mollet et out un mois. Il va falloir faire preuve d'inventivité pour TJ Parker, pour éviter d'enchaîner les contre-performances.

Elie Okobo, MVP ? 

Pour cela, le coach Villeurbannais peut compter sur un homme : Elie Okobo, tout simplement stratosphérique depuis l'entame de la saison. Très juste en Betclic Elite, il est encore plus monstrueux en Euroleague : 19.6pts de moyenne (meilleur scoreur), 4.1rbds, 3.5asts avec en point d'orgue un match XXL à Athènes, contre le Panathinaikos. 35 pts, 4rbds, 2asts, 2stls et la win au bout. Plus globalement, mis à part un match raté face au Efes, l'ancien Suns de Phoenix a toujours inscrit au moins 13pts, dépassant même 4 fois en 8 rencontres la barre des 20 pts. Et plus important encore, il fait gagner l'ASVEL !

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Peut-il tenir la cadence? Clairement oui, mais il faudra aussi pour cela un collectif. Lui est capable de sublimer les autres, espérons qu'ils sauront lui rendre la pareille.

Le début de saison de l'ASVEL est pour l'instant presque parfait. Maintenant, le plus dur reste à faire: fini l'effet de surprise, les adversaires savent à quoi s'attendre. Et la cascade de blessés ne va pas faciliter cette tâche. Reste maintenant à Villeurbanne à prouver, quoi qu'il arrive, que ce démarrage n'est pas dû au hasard.  

Crédit photo: Euroleague