Michael Carrick se livre sur ses années de joueur de Manchester United

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Crédit photo : The Telegraph
Ligue 1

Dans une interview qu’il a donné au Guardian à l’occasion de la sortie de son livre « Between the Lines », Michael Carrick revient sur sa carrière. Surtout, il parle de l’approche mentale de son métier de footballeur et brise des tabous.

Il n’a pas peur de l’avouer désormais, mais à l’époque il l’avait soigneusement caché. « Ma femme, Lisa, le savait. Ma mère et mon père le savait. Mon frère, Graham, le savait, probablement juste en m’ayant observé. Mais personne d’autre ». Après la finale de C1 de 2009 perdue, à Rome, contre le FC Barcelone, Michael Carrick a connu un épisode dépressif.



Dépression au dessus du “Théâtre des Rêves”

Il écrit : « Une dépression à cause d’un match de football, ça semble extrême, non ? Mais je me suis vraiment trouvé dans un moment très sombre. Ça peut paraitre une exagération folle quand on rapporte ça au football, mais, après Rome, je me suis vraiment senti en deuil ».

Cet état ne l’a pas quitté durant la saison 2009/2010. « Je me disais qu’il fallait que je m’en sorte par moi-même », raconte-t-il alors qu’il était incapable de dire quoique ce soit à son coach d’alors, Sir Alex Ferguson. Pourtant, Michael Carrick reconnait que l’Ecossais a pu être une figure paternelle pour beaucoup dans le vestiaire mancunien. Et, en premier lieu, pour Cristiano Ronaldo quand il a perdu son père.

“Je ne me serais pas sélectionné”

Cela ira même jusqu’à souffrir de sa sélection pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique-du-Sud avec la sélection anglaise. « Je disais à ma femme ‘Je ne veux pas être là. Je veux rentrer à la maison.’ […] Je ne me serais pas sélectionné moi-même, je jouais vraiment mal. Je ne pouvais pas croire que [Fabio Capello] qu’il m’avait sélectionné. C’était vraiment très bizarre parce que je me disais ‘Pourquoi il m’a pris ?’ ».

Michael Carrick brise ainsi un non-dit quant au mental des champions sportifs. Alors que cette partie de la préparation commence à infuser dans une partie des clubs professionnels, la question de la défaillance mentale chez le sportif professionnel reste une question qu’ils n’aiment pas aborder. Probablement parce qu’elle reste plus douloureuse, plus ancrée, que la blessure physique, de laquelle on peut se remettre sans séquelle.


Dodge Viper et Zinédine Zidane

Extrêmement lucide sur son parcours et sur lui-même, il raconte comment il s’est senti ridicule alors qu’il avait 19 ans, qu’il jouait pour West Ham, et qu’il est arrivé au volant d’une Dodge Viper à 45000£ au centre d’entrainement du club londonien. « J’arrive avec cette nouvelle voiture, elle avait une énorme bande orange sur le capot. A ce moment-là, Tony Carr [le responsable du centre de formation de West Ham] se gare juste à côté de moi. Il n’a rien dit, il avait juste cette expression de déception qui se lisait sur son visage. Je ne m’étais jamais senti aussi petit et aussi gêné. Tout ce que j’arrivais à me dire, c’était ‘Mais qu’est-ce que je fous ?’ »

Désormais adjoint de José Mourinho sur le banc d’Old Trafford, Michael Carrick espère pouvoir déceler les signes d’une dépression chez ses joueurs. Assigné au rôle du « bon flic », quand le technicien portugais assume celui du « mauvais flic », l’ancien milieu défensif apparait très proche de ses joueurs, la relation qu’il noue avec eux est d’un nouveau genre. Presqu’en copain.  A l’image d’un Zinédine Zidane, qui paraissait très proche de ses joueurs lorsqu’il entrainait le Real Madrid.

Le futur des relations manager/joueurs ? Les raisons de l’usure de José Mourinho en tant que coach ?



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